MichelEscatafal

La France et la colonisation

Par escatafal in histoire politique - 31 jui, 2007

Carte des empires coloniaux en 1945

carte des empires coloniaux en 1945

On a beaucoup parlé de l’Afrique à l’occasion du récent voyage de Nicolas Sarkozy en Lybie, au Sénégal et au Gabon. Ce fut également l’occasion, pour notre président et les commentateurs qui l’accompagnaient,  d’aborder un thème récurrent dans notre pays, la colonisation. Celle-ci est depuis bien longtemps un sujet de discussions sans fin, où s’affrontent ceux qui sont adeptes d’une perpétuelle repentance,  et ceux qui considèrent que la colonisation appartient certes à un passé douloureux qu’il n’est pas question de renier,  mais qu’il faut aujourd’hui parler d’avenir entre l’ancienne métropole et des états  indépendants depuis bientôt cinquante ans. Cela n’empêche pas que les liens tissés depuis des décennies, voire des siècles, restent bien présents de nos jours, plus particulièrement en Afrique, mais aussi ailleurs. L’histoire ne ment pas.

Il faut savoir en effet que l’expansion coloniale française la plus connue, celle de la fin du 19è siècle, n’a pas été un accident de l’histoire de notre pays. En fait, elle a été l’aboutissement de toute une série d’aventures et de conquêtes que les Français ont réalisées depuis que notre pays existe, jusqu’au début du siècle précédent. Les motifs de ce désir continuel d’expansion sont aussi très différents allant du prosélytisme religieux aux intérêts économiques, tantôt partant d’initiatives privées ou résultant de l’intervention des pouvoirs publics.

Par exemple Charlemagne, tout puissant empereur de l’Occident chrétien, se vit accorder par le calife de Bagdad un droit de protection des lieux saints qui équivalait en fait à un protectorat sur la Syrie et la Palestine, où se mêlaient à la fois des intérêts matériels et religieux.  L’hôpital de Jérusalem, fondé par les Francs, était à la fois un grand centre hospitalier et un très important marché où se rencontraient des marchands de tous les pays méditerranéens.

 Puis ce fut l’époque des grands voyages et des pèlerinages du temps de la France féodale qui permirent notamment la création de deux Etats qui font partie aujourd’hui de l’Union Européenne : le Portugal et l’Angleterre. Vers la fin du 11è siècle, un fils du duc de Bourgogne  épouse une fille du roi de Castille (Alphonse VI), et conquiert un pays qui deviendra le royaume du Portugal. Dans le même siècle, un duc de Normandie, Guillaume le Bâtard ou le Conquérant, débarque avec une petite troupe de l’autre côté de la Manche, vainc le roi des Saxons (Harald) et se fait sacrer roi à Westminster : c’est l’origine de l’Angleterre et du Royaume Uni.

Ensuite vint l’époque des croisades, où le rôle de la France fut tout à fait essentiel. C’est d’ailleurs en France, au Concile de Clermont que fut conçue la première croisade avec un motif bien particulier : trouver de l’espace pour une population, fort nombreuse pour l’époque, qui en manquait ce qui amenait les chevaliers en armes à se quereller sans cesse. Pour apaiser leur haine, le pape leur recommanda de prendre la route du Saint-Sépulcre. Cela aboutit à la prise de Jérusalem  en 1099 par Godefroi de Bouillon et à la création d’un royaume dont il fut le roi. Bien entendu, très vite les motivations commerciales vinrent se mêler aux motifs religieux, au point que les croisades eurent avant tout d’importantes conséquences économiques (ouverture de grandes routes, création de nouvelles industries, introduction en France de nouveaux fruits et légumes…).

La Guerre de Cent Ans (1337-1453) mit quelque peu entre parenthèses les expéditions lointaines, ce qui n’empêcha pas les Français de créer ce que l’on appelait les comptoirs commerciaux en Afrique et au Moyen-Orient. Puis vint l’ère des explorations avec François 1er , notamment Jacques Cartier au Canada. Un peu plus tard, les guerres de religion sous l’impulsion de l’Amiral Coligny amenèrent les protestants à émigrer, pour se protéger vers des terres qu’ils coloniseraient et qui deviendraient françaises. Pour la première fois, nous parlons de peuplement et de colonisation.

Colbert poursuivra dans cette voie et décidera de consolider les colonies, en favorisant leur peuplement : « il ne faut pas qu’un intendant croit avoir jamais bien fait son devoir qu’il ne voit au moins 200 familles d’augmentation tous les ans ».

Sous l’impulsion des philosophes du 18è siècle, l’expansion s’arrêta et la Révolution posa en outre le problème de l’esclavage qui fut aboli une première fois le 16 pluviôse an II (4 février 1794). La France perdit même à cette époque la plus grande partie de son empire colonial (Inde, Amérique du Nord, Haïti).

Cela dit, très vite l’expansion coloniale retrouva  les faveurs des dirigeants politiques et des marchands. Il y eut d’abord le début de la conquête de l’Algérie par Charles X, poursuivie par Louis-Philippe. Napoléon III et surtout la 3è République donnèrent ensuite à la France l’expansion la plus étendue qu’elle n’ait jamais connue,  au point qu’au début du 20è siècle les Français pouvaient dire « que le soleil ne se couchait jamais sur leurs terres ».

En dehors des polémiques qui aujourd’hui encore pimentent les débats politiques, nous rappellerons simplement que les débats à propos de la colonisation ont plus ou moins toujours existé, mais qu’ils ont atteint leur paroxysme lors du second ministère Jules Ferry.  Celui-ci que rien a priori ne prédisposait à s’intéresser aux terres "exotiques", en était arrivé à la conclusion que l’expansion coloniale était fondamentale pour notre pays. Il y voyait trois grandes raisons :

-           politiques d’abord, parce que c’était le meilleur moyen pour la France de se relever de sa défaite

-          humanitaires ensuite, avec des mots lourds de sens de nos jours tels que « les nations européennes ont envers les peuples indigènes un devoir supérieur de civilisation … la race supérieure ne conquiert pas pour le plaisir, dans le dessin d’exploiter le faible, mais bien pour le civiliser et l’élever jusqu’à elle »

-          économiques enfin, car pour un pays comme la France se posait la question des débouchés. Et Jules Ferry d’ajouter « Là où est la prédominance politique, là est également la prédominance des produits ».

Au-delà de l’horreur des mots, le jugement que porte l’histoire sur  Jules Ferry, authentique homme de gauche, est plutôt favorable. Il l’est d’abord en raison de ses lois scolaires. Il l’est ensuite parce que quelque part il a contribué dans l’imaginaire public à restaurer la grandeur de la France, à une époque où elle était encore traumatisée par la défaite de 1870-71, et cela sans beaucoup d’effusion de sang et sans dépenses trop lourdes.

Cependant la ferveur coloniale dans notre pays ne s’est peut-être jamais manifestée comme au lendemain de la guerre en 1945. Elle est résumée dans cette phrase de Gaston Monnerville, homme politique né à Cayenne, futur Président du Sénat : « Sans l’Empire, la France ne serait aujourd’hui qu’un pays libéré. Grâce à son Empire, la France est un pays vainqueur ».

Quelques années plus tard, la France perdra la quasi-totalité de son Empire, ce qui ne l’empêchera pas de rester  présente sur tous les continents  grâce  à ses départements et territoires d’Outre-Mer, et  à la volonté commune de nombreux pays, tous africains, de maintenir des relations privilégiées avec l’ancien colonisateur. Mieux même,  grâce à la Zone Franc, la France a pu garder avec 15 pays africains* un cadre institutionnel régissant, notamment, les mécanismes de coopération monétaire.

En conclusion, nous sommes de ceux qui disent que nous n’avons pas le droit de tirer un trait sur le passé. Quand l’Afrique a été colonisée par les pays de l’Europe de l’Ouest, ces derniers l’ont considérée comme une source de minerais et de main d’œuvre bon marché. Ensuite, une fois l’indépendance acquise, les Occidentaux ont laissé faire des dirigeants peu préparés à leurs nouvelles fonctions  avec des structures quasi inexistantes. Ils ont continué à acheter à bas prix des matières premières aux pays africains, pour les transformer et leur revendre, ce qui fait dire à beaucoup que finalement rien n’a changé depuis l’indépendance.

 Raison de plus pour mettre en œuvre une nouvelle politique du développement dans les pays émergents.  François Bayrou a d’ailleurs parfaitement résumé la situation pendant sa campagne présidentielle en affirmant « qu’il faut  assurer ensemble  l’équilibre de la planète, qui est à la fois l’équilibre des pays riches et celui des pays pauvres ». Si nous y arrivons dit-il, « nous garantirons aux Africains qu’ils peuvent vivre convenablement en Afrique, avec aide et protection internationale, comme les Européens l’ont fait, après la guerre, en recevant l’aide du plan Marshall et la protection du marché commun ». 

M.E.

* Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, Bénin, Burkina Fasso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo et Comores.

 


Il siège tout en haut ...

Par escatafal in politique française - 28 jui, 2007

 Bayrou mesure l'ampleur de sa solitudeRetour aux sources

  

  

« Il siège tout en haut à droite de l'hémicycle. Parmi les non-inscrits. Presqu'au poulailler. Au Palais Bourbon, son bureau a été réattribué au sarkozyste Frédéric Lefebvre, suppléant d'André Santini, l'ancien complice, devenu ministre du gouvernement Fillon. Malgré les 18 % recueillis au premier tour de la présidentielle, un record pour un candidat centriste, François Bayrou est aujourd'hui très isolé. »

Voilà comment le Figaro voit la situation de François Bayrou avec il faut bien le dire une pointe de plaisir, le quotidien de Mr Dassault étant le plus fidèle soutien de Nicolas Sarkozy. Or tout ce qui touche au leader du MoDem est motif d’interrogation, de méfiance, voire d’inquiétude de la part du Président de la République qui sait très bien qu’à l’avenir ce sera lui le rival.

Presque personne ne parle de François Bayrou, sauf à évoquer ses malheurs. On passe très vite sur ses discours ou ses interventions à l’Assemblée, mais quand on évoque son nom on essaie par tous les moyens de le dévaloriser en utilisant le misérabilisme à son encontre. C’est à peine si l’on dit qu’il existe et d’ailleurs le Figaro ne cesse de dire que « l’ancien candidat à l’Elysée est inaudible ».

Mais au fait comment serait-il audible puisqu’on n’en parle pas ou si peu? Quand on fait une allusion au MoDem c’est pour ressasser qu’il y a 80 000 préadhésions, mais seulement 45 000 concrétisées, ce qui est faux puisqu’on a dépassé les 50 000. Cette précision n’a que peu d’importance pour les commentateurs, qui omettent généralement de préciser qu’à ce chiffre de 50 000, il faut ajouter les anciens membres de l’UDF (environ 30 000) qui, contrairement aux parlementaires, sont restés quasiment tous fidèles à François Bayrou.

Cela étant, le leader de notre mouvement parle et se fait entendre à l’Assemblée. Depuis le début de la législature, il est donc intervenu pour critiquer le « paquet fiscal », le « report à 2012 » de l'objectif de retour à l'équilibre des finances publiques et la réforme des universités. Il a même beaucoup insisté à plusieurs reprises sur un sujet devenu tabou dans les médias, la dette publique, rappelant au passage que « l’accroissement de la dette était une épée de Damoclès au dessus de la tête des Français ». On ne saurait être plus clair.

En revanche, on parle beaucoup des états d’âme de Thierry Benoit, l'un des quatre députés élus sous l'étiquette UDF-MoDem, qui a souhaité le rassemblement de la famille centriste sur une ligne permettant de faire revenir les députés partis au Nouveau Centre, ou de Didier Bariani, sénateur, qui refuse de voir l'UDF se fondre dans le MoDem. Voilà effectivement deux nouvelles importantes aux yeux de la presse bien pensante. Mais qui connaît Thierry Benoît et Didier Bariani, à part quelques initiés ? Personne. Alors s’ils ont des états d’âme…

A ce propos, on entend souvent parler de choc des cultures à propos du MoDem, mais la vérité pour ceux qui vivent cela de l’intérieur est que le vrai choc, si choc il y a, se situe entre les élus et les militants. Il n’est qu’à voir ce qui se passe dans les réunions organisées dans toute la France, pour s’apercevoir que l’immense majorité des adhérents et militants UDF et MoDem travaillent ensemble. Certes, comme dans toute organisation, il y a bien quelques irréductibles ayatollas ne voulant travailler que sur les bases qu’ils ont eux-mêmes définies, mais il s’agit d’une infime minorité. Globalement tout le monde tire dans le même sens, et nous sommes très nombreux à penser qu’il ne sera pas difficile de « faire vivre ensemble d'anciens adhérents de l'UDF et des nouveaux adhérents MoDem, car nos valeurs sont communes » pour parler comme François Bayrou.

Tous ces commentaires de la presse aux ordres sont quand même plutôt cocasses, dans la mesure où il n’est jamais évoqué nulle part le désarroi des UMP anciennement chiraquiens ou villepinistes. Certes, comme les anciens parlementaires UDF l’ont fait, beaucoup n’ont pas hésité à renier leurs anciens « maîtres » pour faire allégeance à Nicolas Sarkozy, mais ça et là quelques voix discordantes se font entendre sur ce qui se passe actuellement dans notre pays. 

Nous ne reviendrons pas sur la remise au pas effectuée par J.F. Coppée vis-à-vis des députés du Nouveau Centre sur le bouclier fiscal, ni sur les états d’âme des anciens UDF qui, comme  Pierre Méhaignerie, regrettent de n’être pas assez écoutés. En revanche nous sentons qu’avec la mise en examen de Dominique de Villepin, certains commencent à s’interroger sur le pourquoi de cet acharnement sur un homme qui, à coup sûr, ne représente plus un danger pour le Président de la République. Ils se souviennent notamment des paroles de l’ex ministre de l'Intérieur et futur président, partie civile dans le dossier Clearstream, affirmant en petit comité : "Moi quand je tire, c'est pour tuer, pas pour blesser". C’est effectivement bien dans le style du personnage.

Tout cela pour dire que l’état de grâce savamment entretenu par la plupart des médias français pourrait très vite s’envoler, au gré des difficultés que ne manquera pas de rencontrer un pouvoir à la fois dominateur et autoritaire, et profondément injuste sur le plan social. De plus, les premiers pas diplomatiques de notre vibrionnant président n’ont pas tous été marqués du sceau de la réussite, même si le Figaro ou le Monde  pour ne citer qu’eux, estiment que chaque déplacement de Nicolas Sarkozy est « un nouveau Valmy ».

La presse étrangère, en revanche, est beaucoup plus sceptique sur les initiatives françaises quand elle ne brocarde pas tout simplement notre Président de la République.  A ce propos, l’étape dakaroise de son premier voyage en Afrique en tant que Président  aura été le révélateur d’une forme de condescendance mêlée presque d’amateurisme de la part de Nicolas Sarkozy, plus à l’aise visiblement pour haranguer des militants UMP que sur la scène internationale. La suite au Gabon le lendemain n’aura guère été plus glorieuse, le Président français s’attirant les sarcasmes de l'hebdomadaire privé Le Temps. Celui-ci en effet  ironisait ainsi sur M. Sarkozy, « le champion de la rupture  venu défendre la continuité du dialogue  politique », soulignant que le Gabon est « considéré à tort ou à raison comme le symbole de la Françafrique ».

 En conclusion nous redisons une nouvelle fois,  sans nous en réjouir,  que la France va au devant de sérieux problèmes dans les mois et les années à venir. Ces problèmes ne pourront pas être occultés continuellement par les médias et pas davantage par « les moulinets » du Président de la République. Raison de plus pour que nous proposions une alternative crédible aux électeurs pour les prochaines consultations électorales,  et raison de plus aussi pour que nous restions unis et solidaires derrière François Bayrou à l’intérieur du Mouvement démocrate.

Michel Escatafal


C'est l'été, parlons un peu sport et politique

Par escatafal in Général - 27 jui, 2007

Des gélules

  « Il est difficile d'en sortir, surtout psychologiquement, car le coureur croit, dur comme fer, que tel ou tel produit lui sera indispensable et il replonge, malgré les avertissements. Personnellement, je m'en suis sorti mais notre cas ressemble à celui d'un drogué en cure de désintoxication. C'est dommage, car ici, on parle de sport de haut niveau. Le cyclisme est le sport le plus beau et le plus dur. Mais je l'aime. J'ai tout sacrifié pour lui, au point de tricher. Je ne le fais plus, mais qu'est-ce que je suis heureux ! Sauf quand je vois Vino. J'en ai pleuré. Je l'admirais pour son talent, son panache, voire sa malchance. Je suis consterné. »

Voilà ce que dit un repenti du cyclisme, David Millar, qui a avoué son dopage voici plusieurs années et qui tient des conférences régulières sur ce thème. Rappelons aussi que ce coureur n’est pas n’importe qui dans le vélo, car il a été notamment Champion du Monde du contre-le-montre.

Ce qui est curieux dans le comportement des coureurs qui ont recours au dopage c’est qu’ils n’arrivent pas à croire que les produits qu’ils prennent sont décelables. Ils s’imaginent toujours que les produits « masquants » sont assez efficaces pour les protéger, ou tout simplement que les contrôles ne sont pas sûrs à 100% et qu’ils pourront toujours se défendre si, par malheur, ils se font prendre.  Problème pour ceux-là, les contrôles sont de plus en plus efficaces. Rappelons au passage, et c’est ce qui désole les amoureux du cyclisme (j’en fais partie), que si ce sport est confronté à tant de problèmes en ce moment, c’est parce que le cyclisme est le sport en pointe dans la lutte antidopage. Son combat n’a pas d’égal dans le sport moderne, et cela il faut le dire et le répéter, parce que personne ou presque ne le souligne.

 En effet, si les contrôles sanguins n’existaient pas, le Tour de France ne serait pas soumis à cette pression car on n’aurait pas plus d’affaires de dopage qu’ailleurs, juste un cas isolé par-ci, par-là, touchant généralement des seconds couteaux. Cela étant, la question qui se pose est de savoir pourquoi il y a toujours quelqu’un qui en arrive à tricher dans le sport, même avec le risque (de plus en plus grand dans le vélo) de se faire prendre? Tout simplement parce que le sport en général se situe dans la mouvance de l'argent à n'importe quel prix, et cette tendance a explosé depuis quelques années. Certains sponsors, de moins en moins nombreux toutefois dans le cyclisme, se moquent éperdument de savoir comment les coureurs gagnent, s'ils se dopent ou non. Ils ne connaissent d'ailleurs même pas les athlètes concernés. Ils veulent un retour sur investissement et c’est tout.

En fait, le sport est le reflet de toute notre société, et la voie choisie par Monsieur Sarkozy ne déroge pas à la règle. François Bayrou a bien raison de refuser une société où la seule valeur qui compte est l’argent. Certes dans le contexte actuel les propos tenus par le leader du MoDem paraissent un peu surréalistes en nous ramenant à l'éthique politique et aux valeurs fondamentales de la démocratie. Cela étant c’est ce courage politique qui permettra à François Bayrou d’être, d’ici peu, le seul recours dans un pays qui semble perdre tous ses repères, à l’image de nombreux responsables politiques de droite comme de gauche, et même hélas du Centre, qui n’ont d’autre but que la conquête de portefeuilles de fonctions, de titres etc…Au fait à quoi tout cela nous fait-il penser ? Est-ce très différent du dopage dans le sport ? La réponse à ces deux questions est qu’il faut continuer à se battre pour que notre pays retrouve les vraies valeurs qui ont fait sa gloire et sa grandeur, et il n’y a qu’un parti qui offre des perspectives dans ce sens : le Mouvement Démocrate.


L'ours des pyrénées, le loup des Alpes...

Par escatafal in Général - 26 jui, 2007

 La chasse puis la disparition de ses habitats ont été les premières causes de disparition des ours européen d'une grande partie de leur aire de répartition. Les conflits de cohabitation avec certains bergers dans certains pays comme la France constituent un problème persistant, comme pour le loup.

 Une brebis a été mangée dans la nuit de vendredi à samedi après une attaque de loup, alors que jeudi plus de 500 bêtes du même cheptel, paniquées, étaient mortes après avoir sauté une barre rocheuse, a-t-on appris samedi auprès du président du syndicat ovin de Savoie.

Cette  nouvelle est aujourd’hui devenue tout à fait banale, mais il est difficile d’imaginer le désarroi qui frappe les éleveurs de moutons, malgré tous les efforts faits par ces derniers pour s’adapter à un environnement qu’ils ne maîtrisent plus. En effet, et c’est bien là tout le problème, il semble que les pouvoirs publics refusent d’en prendre conscience.

Les éleveurs ont beau regrouper les bêtes dans des parcs électrifiés, placer celles-ci sous la protection des chiens Patou, rien ne semble y faire, les loups trouvant toujours le moyen de contourner les obstacles placés devant eux.

Cependant, il n’y a pas qu’en Savoie ou dans les Alpes que l’introduction d’un prédateur pose problème. Les Pyrénées ont reçu en 2006 cinq ours en provenance de Slovénie avec pour finalité le repeuplement des Pyrénées en ours bruns. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les paysans subissent eux aussi les méfaits de l’introduction de ces plantigrades. Nous passerons bien sûr sur l’information révélée par « le Canard Enchaîné » à propos d’une ourse qui aurait 17 ans au lieu des 7 ans annoncés par les vendeurs Slovènes, et qui au lieu de se reproduire ne cesse de faire des dégâts dans la plaine. En revanche ce qui est bien réel, c’est que plus d’une centaine de brebis sont mortes depuis que ces animaux sont arrivés en France.

Alors une question se pose à propos de cette introduction d’animaux sauvages dans nos montagnes : est-ce bien utile?  Je ne suis sans doute pas au courant de tous les tenants et aboutissants de ces affaires, mais j’ai beau chercher, je n’arrive pas à comprendre en quoi la réintroduction de loups ou d’ours dans les Pyrénées ou les Alpes va sauver la planète.

Je suis de ceux qui pensent qu’il faudrait d’abord que notre pays s’impose de respecter à la lettre toutes les directives environnementales définies par la Commission Européenne. Nous sommes même sur certains points parmi les mauvais élèves de la classe, ce qui est tout simplement scandaleux, et qui nous impose de mettre en œuvre le plus rapidement possible une action résolue.

Parmi ces actions nous citerons une augmentation substantielle de l’effort de recherche (économie d’énergies, nouveaux matériaux…), le développement des énergies renouvelables (solaire, géothermie, éoliennes) pour lesquelles nous accusons un retard considérable par rapport à nos voisins, sans oublier la mise en place « d’un plan agriculture écologique ». A cela s’ajoute bien évidemment une plus grande transparence sur le nucléaire, notamment sur les risques immédiats (sûreté des installations) et lointains (stockage des déchets). Nous rappellerons pour mémoire que toutes ces propositions figuraient dans le projet présidentiel de François Bayrou.

En résumé, l’Etat doit assurer dans le domaine du développement durable toutes ses responsabilités. Il ne l’a pas fait malgré des efforts non négligeables réalisés depuis quelques années. Cela représente à la fois des investissements considérables sur le plan financier, et une réelle volonté politique. Nous craignons, malheureusement, qu’il nous manque et l’un et l’autre pour répondre au grand défi que représente un autre modèle plus respectueux de l’environnement. Dans ces conditions, il est aisé de comprendre que je ne sois pas le seul à penser qu’il y ait plus urgent à réaliser que la réintroduction d’espèces animales, aussi nobles soient-elles, dans nos belles montagnes.

Michel Escatafal

 


Traité simplifié? Pas sûr

Par escatafal in Europe - 24 jui, 2007

      

    

Une pièce italienne commémorative

                         

                              

Décidément nous n’avons pas fini de parler du NON français au référendum sur la Constitution européenne du 29 mai 2005, et ce ne sont pas les gesticulations de notre Président de la République qui vont atténuer les méfaits de ce vote. Cela étant, il est quand même difficile de ne pas en vouloir à Jacques Chirac et à certains dirigeants socialistes, car c’est bien eux qui ont provoqué ce vote NON.

Jacques Chirac tout d’abord parce qu’il a choisi le référendum pour un motif qui n’avait rien à voir avec l’Europe, mais uniquement pour diviser le Parti Socialiste. Sur ce dernier point il a réussi au-delà de toute espérance, car c’est réellement à partir de cette question que le PS a montré une division qui par la suite n’a fait que s’accentuer. 

Jacques Chirac a également montré à cette occasion qu’il avait perdu tout sens politique, car il devait savoir mieux que quiconque, qu’un référendum n’est jamais gagné d’avance quand on atteint de hauts niveaux d’impopularité, ce qui était son cas. N’oublions pas que depuis son élection miraculeuse en 2002, il a perdu toutes les élections ou référendums qui ont été organisés dans la période. Raison de plus sur un sujet aussi sérieux que l’Europe de ne pas jouer avec le feu, d’autant qu’à la notable exception de l’UDF de François Bayrou tous les partis politiques de l’époque étaient loin de tirer dans le même sens à propos de ce référendum, y compris l’UMP.

Aujourd’hui, plus que jamais peut-être, l’Europe est en panne et nous craignons que cela soit durable. Il est vrai que l’on mesure à présent les résultats désastreux d’un élargissement très mal préparé. Sans revenir sur l’erreur capitale de 1973 avec l'adhésion de la Grande Bretagne, il est regrettable que l'on ait fait entrer dans l’Union Européene des pays dont les dirigeants politiques et l’opinion publique étaient déjà très méfiants vis à vis de l'Union. Parmi ces pays, la Pologne en est le symbole.

Il n’y a jamais de décision facile avec cette nation dirigée, de surcroît, par des dirigeants profondément nationalistes et atlantistes. Tout fait problème avec les dirigeants polonais, quelle que soit leur couleur politique, et on vient de nouveau d’en avoir la preuve avec l’ouverture de la conférence intergouvernementale pour doter l’UE d’un nouveau traité. A cet égard la Pologne qui a déjà obtenu le report jusqu’en 2017 des nouvelles règles de vote à la double majorité, envisage de rejeter la charte des droits fondamentaux à l’instar des Britanniques. Cette demande devrait évidemment aboutir puisque cela a déjà été accordé au Royaume Uni.

Autant dire que le projet de Constitution tel que Valéry Giscard d’Estaing et sa convention l’avait imaginé est bel et bien enterré, et malgré les cris de victoire de Nicolas Sarkozy et de ses zélés laudateurs le nouveau traité, dit simplifié, consacre un vrai recul dans la construction européenne telle que nous la concevons.

A propos de simplification, tout indique au contraire qu’il n’y en aura aucune, puisqu’il y aura trois traités au lieu d’un seul : le premier dit modificatif qui introduira des modifications dans les 2 traités existants (Traité de Rome et de Maastricht).

 Bref, tout est beaucoup plus compliqué qu’avant et on voudrait éloigner encore un peu plus l’Europe des citoyens qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Les eurodéputés eux-mêmes déplorent le retrait des symboles de l'UE du futur traité (drapeau et hymne).

Il reste simplement à espérer que cet élargissement sera le dernier avant un laps de temps que l’on espère très long. L’Europe mérite beaucoup mieux que cette dilution dans laquelle elle s’enlise de plus en plus. Mais au fond, est-ce que nos gouvernants  font tout ce qu’il faut pour faire aimer l’Europe ?

 Certainement pas, sinon les responsables européens auraient depuis longtemps réglé le problème comme ils l’ont fait pour la création de la monnaie unique. Monsieur Sarkozy est payé pour savoir qu’on ne peut pas toucher à ce qui est pour le moment la seule vraie réussite de l’Europe, celle qui suscite l’adhésion du plus grand nombre. 

 M.E.


La réforme des institutions

Par escatafal in institutions - 22 jui, 2007

 

Henri Alexandre WALLON

"Père de la Constitution"

(1812-1904)

Décidément la réforme des institutions est un sujet à la mode. Cependant l’actuel Président de la République  n’est pas le premier à aborder le sujet. A chaque campagne présidentielle les candidats ne peuvent s’empêcher de remettre en question tel ou tel aspect de la Constitution de 1958. Généralement, une fois la campagne passée, il n’y a pas de suite. Cette fois, en revanche, il pourrait y en avoir une même si dans un domaine comme celui-là il vaut mieux ne pas trop s’avancer.

 Certes, nous n’allons pas ironiser sur un sujet très sérieux, mais il faut être réaliste : ce n’est quand même pas le sujet le plus important du temps, la dette par exemple mériterait davantage d’attention dans un contexte de hausse des taux d’intérêts qui va rendre son coût encore plus élevé. Cela étant, puisque notre Président de la République veut réformer nos institutions, essayons de voir à quel niveau il y a véritablement urgence.

 En fait il y a une réforme qui devrait être adoptée immédiatement afin qu’elle puisse s’appliquer aux prochaines élections législatives : l’introduction de la proportionnelle pour la moitié des députés, ce qui donnerait une image beaucoup plus juste de la représentation nationale à l’Assemblée. Ce changement de scrutin qui, par parenthèse, ne nécessite nullement la mise en place d’une commission spéciale de 13 membres a, par ailleurs, l’assentiment de la plupart des partis politiques (sauf l’UMP).

Toutes les conditions apparaissent donc réunies pour mettre fin à un système totalement injuste dans lequel un parti qui obtient à peine 1% des voix a 21 députés, tandis qu’un autre qui a obtenu 7,5% des suffrages en a 4.

 Bien entendu, le débat aujourd’hui ne porte pas essentiellement sur ce sujet. Non, ce qui paraît important aux yeux de nos gouvernants et des membres de la Commission présidée par Edouard Balladur, c’est de savoir si on conserve le poste de Premier Ministre qui, il faut bien le dire, a été vidé de sa substance avec Monsieur Sarkozy comme chef de l’Etat. Cependant, la question qui se pose ne serait-elle pas celle-ci : et si Monsieur Sarkozy était en train tout bonnement de changer l’esprit de nos institutions ? Quel autre président depuis 1958 a gouverné de manière aussi personnelle, y compris le Général de Gaulle ? 

En fait la réponse est claire, aujourd’hui le Président de la République a tous les pouvoirs parce que son parti a obtenu la majorité à l’Assemblée Nationale  aux élections législatives, et il va exercer ce pouvoir comme un monarque absolu pendant 5 ans. C’est là d’ailleurs toute la différence entre la république telle que nous la vivons et la monarchie de droit divin. Si dans 5 ans, François Bayrou est élu Président de la république, Monsieur Sarkozy sera obligé de quitter le pouvoir.

 Puisque nous parlons de république, un petit rappel historique qui démontre à quel point il est difficile de rédiger une constitution dans un pays comme la France. En 1874, deux évènements inattendus allaient contribuer à accélérer le travail de la commission (30 membres), en majorité royaliste, chargée de préparer la voie de la République.

Le 24 mai, contre toute attente, un candidat bonapartiste se fait élire dans la Nièvre à l’occasion d’un scrutin partiel. Le régime impérial étant honni tant des républicains que des royalistes, les deux camps décident d’accélérer  les débats par crainte de voir se propager de nouveau les idées bonapartistes. Dans le même temps, le Comte de Chambord prétendant au trône de France affirme qu’il n’acceptera jamais d’être « un roi qui règne et ne gouverne pas », et manifeste son intransigeance en refusant le drapeau tricolore, exigeant que celui-ci soit remplacé par le drapeau blanc.

Ces revendications inacceptables par les républicains ruinent les espoirs des monarchistes. Elles amènent la commission à proposer un texte très modéré où le mot de République était absent ce que la Gauche jugeait inacceptable. Un amendement est donc déposé où il est dit « le gouvernement de la République se compose de deux chambres et d’un président ». L’amendement est rejeté par 359 voix contre 336.

 Finalement ce conflit parlementaire sera résolu par Henri Wallon, député modéré, grand historien et membre de l’Institut, qui rédigea un amendement où était affirmé l’essentiel des principes républicains «  Le Président de la république est élu à la majorité des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible ». Cet amendement est voté par 351 voix contre 350.

La suite sera plus simple à adopter avec le droit de dissolution ne pouvant être exercé par le Président de la république que sur avis conforme du Sénat, puis la responsabilité des ministres et celle du Président de la république (responsable qu’en cas de haute trahison), l’élection du président par les deux chambres réunies, la révision des lois constitutionnelles, et le siège des pouvoirs publics à…Versailles (souvenirs de la Commune et craintes d’insurrection à Paris).

 Cependant, il restait encore une difficulté pour que la Constitution de la république soit achevée : cette bataille va concerner le Sénat. La gauche souhaitant que celui-ci soit élu au suffrage universel, la droite prévoyant des membres de droit et d’autres désignés par le Chef de l’Etat. Cette proposition avait l’aval du Président de la République du moment (Mac Mahon). Il fallait donc trouver un nouveau compromis et c’est encore Wallon qui y réussit. Le Sénat compterait, sur 300 membres âgés d’au moins 40 ans, 225 sénateurs élus pour 9 ans par les députés, conseillers généraux, conseillers d’arrondissement et délégués des conseils municipaux (environ 42000 personnes), les 75 autres étant désignés à vie. Ce texte fut adopté par 435 voix contre 234. La Constitution de la République était achevée. 

Cette évocation paraît à la fois bien lointaine et très présente pour qui s’intéresse à « la chose publique ». Les débats sur ces sujets restent vifs, chacun voyant d’abord son intérêt avant de penser à celui de la nation. Le plus cocasse dans cette affaire est qu’il aura fallu toute l’habileté d’un politicien non professionnel, qui fut en 1848 secrétaire de la Commission pour l’abolition de l’esclavage, pour mettre en œuvre une constitution qui assurait à la France le maintien de ses libertés et la pérennité de la République.

 Un dernier mot enfin, voici comment L’Illustration de l’époque rendit hommage à Henri WALLON « L’honorable Monsieur WALLON, député du Nord, est l’un des hommes les plus sympathiques que possède l’Assemblée. Il touchait au centre droit, il avoisinait le centre gauche ; aux deux groupes il inspirait confiance, et personne mieux que lui ne pouvait servir de trait d’union. » Si c’était aujourd’hui, je suis certain qu’il serait adhérent du MoDem. 

M.E.


L'ouverture, un slogan

Par escatafal in politique française - 20 jui, 2007

L’ouverture c’est devenu aujourd’hui le maître-mot du Président de la République. Mais l’ouverture vers qui et avec qui ? Jusqu’à présent cette ouverture a certes déstabilisé le Parti Socialiste avec le départ de quelques uns de ses membres, mais elle ne semble pas avoir encore désorienté l’électorat autant que Nicolas Sarkozy l’espérait. Certes, comme il le dit avec jubilation, « il a réussi quelques jolis coups » et il en réussira encore quelques uns, mais cette stratégie s’avèrera-t-elle payante à terme ? Cette question, beaucoup d’observateurs se la posent d’autant, qu’apparemment, la grogne commence à s’installer dans les rangs de l’UMP.

La proposition du nom de Dominique Strauss-Kahn comme Directeur Général du FMI faite par Nicolas Sarkozy semble la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Jusque là, en effet, les ralliés en provenance de la Gauche étaient des personnalités « m’as-tu-vu » comme Bernard Kouchner ou de peu de poids politique comme Besson ou encore des gens qui venaient de la société civile, donc peu connus de l’immense majorité des Français. Avec DSK, il en va très différemment : c’est une personnalité de premier plan qui a toutes les faveurs du Président de la République, et qui « prend la place » d’un libéral sur un poste prestigieux, même si Dominique Strauss-Kahn n’a jamais été socialiste au vrai sens du terme. Cela étant c’est un dirigeant historique du PS, ancien ministre des finances de Lionel Jospin et élu de longue date.

Dans ces nominations ou propositions de nomination, il y a quand même quelque chose qui interpelle, et qui pose problème sur la personnalité de Nicolas Sarkozy. Pourquoi fait-il tout cela et pourquoi s’amuse-t-il à privilégier ses adversaires au détriment de ses amis ? Sa démarche est quand même très différente de ce que voulait faire François Bayrou, à savoir rassembler des personnalités compétentes, unies sur l’essentiel, pour gouverner le pays. Le Président de la République en revanche n’a pas ce souci d’union des valeurs pour la bonne raison que c’est lui qui gouverne,  et qui gouverne seul. Il en apporte la preuve tous les jours.

Pour ma part je pense que Nicolas Sarkozy s’amuse beaucoup de ce qui lui arrive. Il voulait devenir Président de la République et il l’est. Il profite au maximum du pouvoir qui est le sien, il en jouit même, et je pense qu’il se délecte à l’idée de montrer chaque jour et chaque minute que le patron c’est lui. Il fait semblant de « faire peuple » au mépris des conventions habituelles, mais à côté de cela il a respect et admiration pour les grands chefs d’entreprises à qui il ne refuse jamais rien. Il dit aux députés UMP qu’ils sont sa famille, mais il a le même mépris pour eux qu’un certain Dominique de Villepin quand il les affublait d’un adjectif pour le moins trivial. Enfin l’ouverture dans le discours avec  l’évocation de Jaurès ou Blum,  s’accompagne d’un durcissement des positions de la droite sur tous les sujets, le service minimum, l’ISF, les universités ou la justice.  Bref, dans la personnalité de Nicolas Sarkozy nous retrouvons tous les ingrédients du pouvoir personnel et du conservatisme.

Quoiqu’il en dise, Nicolas Sarkozy n’est pas un rassembleur. Il est au contraire l’homme d’un monde où règne la loi du plus fort, du chacun pour soi, où l’argent est roi. Voilà pourquoi après avoir fait voter une vague d’allègements fiscaux (14 milliards d'euros) pour quelques milliers de favorisés, il instaure le Revenu de solidarité active (RSA), destiné à assurer une augmentation des revenus des allocataires du RMI et de l’Allocation de parent isolé en cas de retour à l’emploi, avec une dotation de … 25 millions d’euros, alors que ce dispositif concerne 50 000 personnes. Ceci n’est qu’un exemple et nous pourrions en citer beaucoup d’autres.

Tout ceci nous prouve qu’un pays ne peut pas durablement être dirigé par un seul homme. La France a déjà connu cette situation au cours de sa longue histoire. Jamais elle n’en est sortie indemne : raison de plus pour faire en sorte que nos compatriotes manifestent leur opposition dans les consultations électorales à venir. C’est aujourd’hui le seul moyen dont nous disposons pour corriger des dérives qui pourraient s’accentuer,  si nous n’y prenons garde.

M.E.


A l'assemblée Nationale le 16 juillet 2007

Par escatafal in politique française - 18 jui, 2007

 Assemblée nationale - Le palais Bourbon de jour

 Quelques extraits de la séance du lundi 16 juillet 2007 avec notamment l'intervention de François Bayrou dont, bien évidemment, la presse a très peu parlé

M. François Bayrou – S’il existe, en matière sociale, un droit d’alerte, je crois qu’en matière politique, il y a un devoir d’alerte.M. Bouvard (UMP) disait à l’instant que la raison pour laquelle les députés de son groupe étaient satisfaits des propositions faites ici, c’est qu’elles se placent dans le droit fil de ce qu’avait annoncé le Président de la République durant la campagne. Or, précisément, le choix le plus fondamental ne figurait pas dans les engagements de M. Sarkozy. Dès que vous avez été nommé, Monsieur le ministre, vous avez annoncé une pause dans la lutte contre le déficit, ce qui entraîne le report à 2012, au lieu de 2010, du retour à l’équilibre budgétaire promis à nos partenaires.

M. François de Rugy  (Vert) - Eh, oui!

M. François Bayrou – Cette décision n’avait pas été annoncée ; c’est même le contraire qui l’avait été. Les Français avaient retenu des débats électoraux que le déficit et la dette feraient l’objet de la plus grande vigilance ; les principaux candidats avaient tous professé une politique sérieuse et volontariste de réduction des déficits.Chacun se rend compte que cette dette est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des Français, menacés par une explosion des prélèvements et la remise en cause de la compétitivité économique nationale et du niveau de vie de chacun. En outre, les experts savent bien qu’une circonstance aggravante est à l’oeuvre : après avoir connu pendant des années des taux d’intérêt très bas, nous entrons, inéluctablement, dans une période de taux élevés, qui alourdira le service des intérêts de la dette.Or, le sujet est d’autant plus brûlant que, derrière la dette financière, se profile une autre dette, moins apparente mais tout aussi inéluctable, si ce n’est plus : l’augmentation du nombre des personnes âgées. L’arrivée prochaine des générations du baby boom à l’âge de la retraite menace de déséquilibrer très profondément la société française. M. Sarkozy a affirmé, entre les deux tours de l’élection, que les retraites étaient financées jusqu’en 2020 ; or, chacun sait qu’il n’en est rien !Regardons les chiffres. Le rapporteur général insiste, dans son rapport, sur les marges de manœuvre, les « surplus durables », comme il les appelle, qui représenteraient 10 à 12 milliards.

M. le Rapporteur général – Pour 2 % de croissance !

M. François Bayrou – Soit. Le déficit actuel est d’environ 40 milliards. Le rythme de réduction des déficits pour respecter l’horizon de retour à l’équilibre serait de 15 milliards de réduction par an pour l’horizon 2010, de 10 milliards pour l’horizon 2012. Or, un institut de conjoncture a indiqué ce matin que le paquet fiscal représentait une dépense de 14 milliards en 2008, et de 17 milliards en année pleine. Et ce n’est pas tout. Le Président de la République a annoncé une augmentation de 50 % du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche : sachant que celui-ci s’élève à 21 milliards, je vous laisse faire le calcul. M. Fillon, dans son discours de politique générale, a annoncé en outre un vaste plan de désenclavement des cités, notamment en matière de transport : vous voyez les investissements que cela représente. Il ne faut pas oublier non plus l’engagement, autant financier que moral, concernant l’état des prisons, une exigence véritablement humanitaire.

M. Gérard Charasse (RadG)– Très bien.

M. François Bayrou – Au total, ces engagements représentent plus de vingt milliards. Comment va-t-on les financer ? La réponse habituelle, que M. Bouvard vient de nous répéter, consiste à dire que la réforme de l’État, et tout particulièrement la diminution du nombre de fonctionnaires, dégagerait les ressources nécessaires.Alors, faisons un peu d’arithmétique. Quelque 35 000 départs en retraite non remplacés représentent environ 500 millions d’économies. Mais comme le Gouvernement s’est engagé à rendre aux fonctionnaires la moitié des économies réalisées par ce moyen, il reste 250 millions : Le non-remplacement des départs à la retraite ne couvrira donc même pas 2 % des besoins de financement.

Ce choix n’a pas été annoncé. Il est contraire à vos engagements. Il soumet des pans entiers de notre action publique à une tension intolérable. Vous pourriez tout juste vous permettre de prendre un tel risque si le paquet fiscal allait dans le bon sens, mais les économistes le savent : il ne permettra pas de relancer la croissance, au point que l’inquiétude s’est installée jusque dans votre majorité. En somme, ce choix met en péril l’équilibre financier et économique de notre pays (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche).

Nous avons relevé également quelques citations du rapporteur général qui sont intéressantes pour nos lecteurs

Rapporteur Général : Par ailleurs, en 2008, les contraintes seront sans doute plus forte que cette année : la hausse des taux d’intérêt pèsera un milliard, et la progression mécanique des dépenses de pension 2 milliards. Il faut donc, pour les autres dépenses, parvenir à la stabilité en valeur. Pourtant, il faudra honorer nos priorités comme la dernière tranche de la loi de programmation militaire, le soutien à la recherche pour atteindre 3 % du PIB à la fin de la législature,…L’État doit montrer l’exemple en amplifiant la maîtrise de la dépense, en évitant d’accorder de nouveaux allègements fiscaux non compensés par des économies ou par des recettes supplémentaires et en appliquant la règle de l’affectation des surplus au désendettement

Comme l’a dit le Président de la République à nos partenaires européens, si nous parvenons à arracher à la torpeur économique du pays le point de croissance qui nous fait défaut, nous parviendrons à rétablir l’équilibre des finances publiques – l’horizon 2010 est possible – et à fermer la longue parenthèse de l’endettement ouverte en 1981 (Vives exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche ; applaudissements sur les bancs du groupe UMP). En 1981, la dette était de 20 % du PIB, 25 ans plus tard, elle est de 65 % !

Commentaires sur ce qu'a dit le Rapporteur Général :

 La hausse des taux d'intérêt est effectivement un élément très important quand la dette atteint 1200 Milliards d'euros et que, grosso modo, le montant des intérêts absorbe la totalité de l'impôt sur le revenu. Par ailleurs il est quand même cocasse de lire "en évitant d'accorder de nouveaux allègements fiscaux non compensés". Enfin... 

Le point de croissance en plus n'est pas acquis d'avance. N'oublions pas que si l'on peut aider à faire de la croissance avec une politique adéquate, la croissance ne dépend pas que de nous. 

Le rappel de la dette en 1981 démontre que contrairement à ce qui est souvent dit, il est possible de gouverner ce pays sans démagogie et avec le souci de la justice sociale. Raymond Barre l'a démontré entre 1976 et 1981 dans des conditions extrêmement difficiles.

M.E.


information ou désinformation ?

Par escatafal in Général - 17 jui, 2007

Presse écrite

Avec Nicolas Sarkozy  il se passe toujours quelque chose, et les chroniqueurs de notre pays ont toujours beaucoup à dire avec un Président  de la République dont le souci majeur est  de se faire voir, toujours et partout. Il faut qu’il se montre : c’est une obsession de sa part. En plus, il a de la chance dans la mesure où les médias sont prêts à tout pour lui faire plaisir. Il est vrai que la presse écrite ou audiovisuelle, dirigée par ses amis, est presque totalement à sa dévotion. Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, nous nous moquions des Italiens sous l’ère Berlusconi !

Il y a quand même une grande différence entre l’époque Berlusconi en Italie et l’actuelle époque Sarkozy en France : en Italie la RAI (radio et télévision d’Etat)  avec ses chaînes diverses a toujours conservé un minimum d’indépendance. Mieux même, il n’était pas  rare de voir les animateurs de télévision dans des émissions de variété ou de sport, brocarder ouvertement le gouvernement de l’époque, voire même à l’occasion le critiquer sévèrement. J’ai d’ailleurs le souvenir d’une intervention, en pleine émission sur le Calcio un dimanche après-midi, du Ministre de la Communication de l’époque (Gasparri) pour fustiger les commentaires et plaisanteries des animateurs à l’antenne. Cela a  valu à Monsieur Gasparri d’être bien involontairement la vedette de cette émission, au demeurant très regardée par les Italiens qui, comme chacun sait, sont fous de football.

Une telle attitude est évidemment impensable en France. Personne en effet n’imaginerait Michel Drucker ou Gérard Holtz oser faire le dixième de ce que n’hésitent pas à faire les animateurs de la RAI. Ils ne sont là que pour passer la brosse à reluire dans ce style inimitable qui confine au ridicule, mais qui leur a permis de « durer » à travers les alternances. Pour autant, jamais sans doute ils ne sont allés aussi loin qu’aujourd’hui dans la flagornerie.

Aujourd’hui, par exemple, quels sont les sujets évoqués par les différentes radios? Les tribulations de Ségolène Royal qui n’en finit plus d’expliquer le pourquoi de son échec à l’élection présidentielle. L’acceptation de Jack Lang pour faire partie de la commission de modernisation des institutions mise en place par Nicolas Sarkozy, comme si c’était une surprise. Plus sérieux, l’accord sur la gouvernance d’EADS et AIRBUS qui, semble-il, est loin de faire l’unanimité. A ce propos  plus personne, y compris le Président Sarkozy, ne doute de l’application du plan de rationalisation de l’outil industriel connu sous l’appellation Power 8, avec ses 10 000 suppressions d’emplois. Et pourtant au mois de mars, le candidat Sarkozy n’avait pas hésité à dire que ce plan serait remis en question s’il était élu. Promesses, promesses…

Cependant, certaines  sont tenues : la semaine passée, la majorité a voté 13 à 14 milliards d’euros de cadeaux fiscaux à destination des contribuables les plus aisés, ce qui a fait dire à François Bayrou hier à l’Assemblée «Nicolas Sarkozy a proposé d’augmenter de 50% le budget de l’enseignement supérieur. François Fillon a promis un plan de désenclavement des cités, tout en faisant 14 milliards de cadeaux fiscaux, comment allez-vous financer cela ? » Pour toute réponse, il a été dit « qu’il faut faire preuve de discipline avant d’engager une dépense ». Quant au rapporteur du budget UMP, il estime « qu’à 2,5% de croissance, on passe ». Vu de cette manière, faire de la politique apparaît comme un exercice facile, mais beaucoup de Français commencent à réaliser que les mauvaises surprises ne vont pas tarder.

Enfin, j’allais oublier une information qu’il était absolument impossible de passer sous silence : le Président de la République va suivre une partie de l’étape du Tour de France aujourd’hui. Il a bien de la chance car cette étape devrait être belle avec les cols de l’Iseran et du Galibier. Espérons simplement que nos commentateurs parleront davantage de Moreau, Valverde ou Vinokourov que de Nicolas Sarkozy. Rien n’est moins sûr, et c’est pour cela que je suivrai le reportage sur la RAI.

M.E.

 


Une ministre de la justice sous surveillance

Par escatafal in Général - 16 jui, 2007

Rachida Dati.

Je lis ça et là nombre de commentaires sur Madame Rachida Dati, Ministre de la Justice,  et j’en suis bien triste. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on ne parle que d’elle dans le gouvernement auquel elle appartient. Certes, avec un Président de la République aussi omniprésent, il est difficile de parler des ministres, le Premier Ministre lui-même paraissant totalement en retrait. Alors pourquoi évoquer sans cesse le nom de Rachida Dati. Aurait-elle un rôle plus important que les autres ? Sans doute pas, même si avec la justice on touche un domaine sensible que le candidat Nicolas Sarkozy avait lui-même contribué à mettre en exergue, avec certaines déclarations ambigües sur l’indépendance de la justice.

En fait cette dame souffre plus que tout autre membre du gouvernement d’être issue de l’immigration. Du coup tout le monde y va, qui de son compliment, qui de ses supposées faiblesses. C’est lamentable et je pèse mes mots. Dominique Sopo, président de SOS Racisme et militant socialiste, juge que Rachida Dati est la cible « d’une élite blanche » qui n’accepterait pas sa nomination à un poste important du gouvernement.  D’autres au contraire ne cessent de souligner son ardeur au travail, mais affirment qu’elle « craint de n’être pas à la hauteur de sa tâche ».Certains enfin disent que c’est un gadget du Président de la République. Rien que ça !

Mais pourquoi  se croit-on obligé de la défendre par de tels arguments quand elle est attaquée, et pourquoi la presse s’imagine qu’elle doit stigmatiser chacune de ses difficultés ? En fait, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a participé à cette surexposition médiatique, et qui continue de le faire. Il suffit de lire ce qu’il a déclaré le 12 juillet à Epinal : « il faut qu’elle réussisse parce que c’est un message à la France diverse ». Le lendemain, la veille du 14 juillet, il enfonce le clou en disant : « Rachida, c’est un hommage à tous les enfants de France ». Même Cécilia Sarkozy y va de sa complainte en affirmant dans un hebdomadaire « qu’elle a beaucoup de souffrances en elle". Comme si c’était la seule !

Certes, nous n’allons pas reprocher au Président de la République de défendre une de ses ministres, mais il n’y a qu’elle  qu’il défend avec autant de forces, et surtout avec de tels arguments qui, quoi qu’on puisse en dire, sont dévalorisants pour la personne défendue. Pourtant, Rachida Dati ,elle-même, souhaite qu’on la juge sur son action et non sur son parcours, mais rien n’y fait.

Alors ou est la solution ? C’est tout simplement de la laisser travailler en paix. Elle a la responsabilité d’un ministère difficile. Elle défend des textes que beaucoup jugent « dangereux » pour parler comme Monsieur Badinter. Elle a aussi la charge d’assurer l’indépendance de la justice, ce qui n’est pas un mince programme de nos jours. Bref, nous la jugerons sur les résultats obtenus, un point c’est tout.

En fait, contrairement à ce qu’affirme le Président de la République, l’égalité des chances s’accorde mal avec la discrimination, « fut-elle positive » pour reprendre l’expression de François Bayrou pendant la campagne présidentielle. Notre candidat ajoutait  ensuite « que ce type de discrimination, même fondée sur des objectifs louables, développe une politique de catégories et de quotas, funeste à la cohésion nationale. Il ne peut y avoir plusieurs types de citoyen ». Nous ne pouvons que souscrire à ces propos frappés du bon sens. L’égalité des chances doit être rétablie partout et pour tous : c’est le message que nous devons faire passer au MoDem.

En résumé, il faut laisser travailler Rachida Dati en espérant  qu’elle obtienne des résultats tangibles dans l’action qu’elle a entreprise, même si nous pensons que les mesures prises, ou qui vont l’être, ne vont pas dans la bonne direction. Nous voulons enfin que cesse ce misérabilisme, feint ou affirmé, envers une personne qui dispose a priori des compétences pour occuper la fonction dont elle a la charge.

ME