Ou va la Belgique?
Devise nationale "l'union fait la force
S’il est bien un pays qui est proche du nôtre, c’est la Belgique. Nous avons en commun une longue histoire, et pour une partie du pays la même langue. La Belgique a été rattachée à la France à certaines époques, à d’autres pays aussi, puis elle a été indépendante, mais sa souveraineté n’a été parfois que de façade. Elle a souvent été l’enjeu de discussions ou de négociations entre les grandes puissances. Aujourd’hui ce pays, membre fondateur de l’Union Européenne, dont la capitale est aussi celle de l’Europe ne tient plus qu’à un fil, tellement la distance apparaît grande entre ses deux communautés linguistiques. Pourtant, il suffirait sans doute d’un peu de bonne volonté entre les Flamands et les Wallons, pour que ce pays riche reste uni derrière ses trois couleurs, noir, jaune, rouge.
Faisons un peu d’histoire tout d’abord, pour constater que le « Plat Pays » a finalement beaucoup souffert de sa géographie, ne serait-ce que par son absence quasi-totale de frontières naturelles. Pendant l’Antiquité, la Belgique actuelle était habitée essentiellement par des tribus celtes. En 57 avant JC, Jules Caesar soumet les peuples de Belgique, et installe la domination romaine pour plusieurs siècles. La région va connaître comme le reste de la Gaule plus tard, un développement important avec la création de quelques grandes cités, mais aussi les débuts d’une division qui va se pérenniser pendant les siècles qui suivront. Au Nord les Francs germaniques, futurs Flamands, au Sud les Francs latinisés, futurs Wallons. Déjà !
Ensuite vint le traité de Verdun en 843, avec le partage de l’Empire de Charlemagne, qui divisa le territoire belge entre la Francie à l’Ouest et la Lotharingie à l’Est. Curieusement, Charles le Chauve qui reçoit ce qui sera plus tard la France, aura parmi ses possessions l’actuelle Flandre, alors que la Wallonie aujourd’hui francophone sera intégrée aux territoires de Lothaire, et plus tard au Saint Empire Romain Germanique. En 1302, les Flamands se révolteront contre l’occupant français et, malgré les efforts de Philippe le Bel, l’armée française sera vaincue. Un peu plus tard, après la guerre de Cent Ans, la Flandre deviendra bourguignonne sous l’appellation Pays-Bas bourguignons, puis passera sous la domination de l’Espagne de Philippe II. Les Pays-Bas espagnols, comme ils ont été surnommés, étaient délimités quasiment avec les mêmes frontières que nous connaissons aujourd’hui. Ils passeront à l’Autriche en 1713 (traité d’Utrecht).
Suite à un soulèvement contre les Autrichiens, la Belgique va proclamer enfin son indépendance en 1789, mais pour peu de temps puisqu’elle va être intégrée à la France en 1792, et y restera jusqu’en 1815, où elle est unie à la Hollande, sous domination hollandaise. Elle deviendra (définitivement?) indépendante en 1830 avec Léopold Ier proclamé roi des Belges, même si pendant le Second Empire elle se comporte comme un protectorat de la France. Enfin, pendant les deux guerres mondiales la Belgique sera envahie par l’Allemagne, mais retrouvera son unité et sa souveraineté après la fin des conflits, bien que les Allemands aient essayé pendant leur occupation, de séparer administrativement la Flandre et la Wallonie.
Mais ce court résumé ne serait pas suffisant pour comprendre la situation de notre voisin, si nous n’évoquions pas ce que les chroniqueurs appellent « le poison linguistique ». La question des langues tient une place absolument démesurée dans la vie de la Belgique depuis le 19è siècle, surtout en comparaison d’un pays comme la Suisse, où cela ne semble poser aucun problème. Comme explication, les Belges évoquent la géographie dont ils ont hérité avant leur indépendance, avec la région sud-est partant du Luxembourg belge jusqu’au Sud de la région de Bruxelles, parlant français et le les plaines du Nord et de l’Ouest où l’on parle le néerlandais. Ils pourraient aussi évoquer la politique, elle-même liée en partie à la religion, avec des tendances constantes depuis le 19è siècle : les libéraux favorables à la langue française et la droite à la langue flamande, parlé surtout par les catholiques. Cela n’a pas tellement changé depuis cette époque, la Flandre se situant très à droite sur l’échiquier politique.
Le français a été langue officielle après 1850, mais l’usage du flamand s’est peu à peu imposé dans certaines administrations comme la justice et l’enseignement. L’université de Gand (Gent en flamand), par exemple, enseigne en flamand depuis 1923 après une longue lutte avec les autorités royales. Aujourd’hui les deux langues coexistent à Bruxelles, bien que cette dernière soit francophone à 85%, et théoriquement ailleurs même si la réalité est très différente. Ainsi à 10 km de Bruxelles, une école située à la « frontière » si l’on ose dire de la Flandre et de la région bruxelloise, n’enseigne plus qu’en flamand, cette langue étant aussi la seule parlée dans l’administration avec, en outre, cette suprême ânerie de ne pas répondre en français aux francophones.
Cela étant, ceux-ci admettent qu’ils se sont le plus souvent comportés en conquérants dans une région qui, de surcroît, est beaucoup plus riche de nos jours que la Wallonie. Cette dernière, en effet, a accumulé au cours des dernières décennies les avatars économiques, notamment avec son industrie. Le Nord est beaucoup plus riche que le Sud ce qui, entre parenthèses, explique bien des choses. En effet, avec ses 6 millions d’habitants, et son économie largement tournée vers l’extérieur, la Flandre pourrait être assimilée à des pays comme le Danemark, la Suède, la Finlande ou l’Autriche. Les partis de droite flamands, largement majoritaires, ne cessent par ailleurs de dire que la séparation de la Tchécoslovaquie en 1993, par exemple, montre qu’une fédération peut se dissoudre démocratiquement et pacifiquement, tout en restant dans l’Union Européenne.
Et alors que deviennent les Wallons dans l’hypothèse d’une scission? La question est ouverte, même si apparemment on s’orienterait vers un Etat wallon qui continuerait à s’appeler la Belgique, avec un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie. D’autres pensent que la Wallonie pourrait tout simplement être rattachée à la France, avec un statut spécial pour Bruxelles, les Wallons favorables à cette solution estimant que la France aurait tout à gagner à voir le rattachement d’un territoire de 4 millions d’habitants avec une administration, des infrastructures et un système éducatif dignes des états les plus avancés. Si cela devait arriver, cette intégration serait infiniment plus facile que celle de l’Allemagne de l’Est au moment de la réunification de l’Allemagne. Sur ce plan les dirigeants politiques sont très discrets.
En tout cas, le processus relatif à la scission semble bien ancré dans l’esprit des Flamands. Il l’est moins dans celui des francophones qui, aux dires de certains, semblent vivre dans l’illusion parce que refusant de voir les réalités en face. Une chose est certaine : jamais personne (sondages, médias…) ne se hasarde à demander aux citoyens du Nord et du Sud : qu’est-ce que vous entendez par être belge ? Il paraît que l’on aurait des résultats très différents selon la région où vivent ces citoyens. Cela dit, ceux-ci sont au moins d’accord sur un point : le problème du maintien ou pas de la monarchie ne se pose pas, les habitants ne sentant pas ou très peu concernés par le devenir de la famille royale.
M.E.
L'environnement et nous : l'un est l'autre
Centrale de Golfech (Tarn et Garonne)
Parmi les propositions que Monsieur Sarkozy a faites à la Tribune des Nations Unies, il y en a une dont la presse a peu parlé, et qui a pourtant provoqué la colère des organisations écologistes et des Verts : « la France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l’énergie nucléaire civile ». Pour certains c’est une provocation, pour d’autres au contraire c’est peut-être le seul moyen de contrôler une bonne application de l’énergie nucléaire. A ce propos, puisque nous devons débattre des problèmes de l’environnement, nous sommes obligés de rappeler que cette énergie est propre au niveau de ses émissions de gaz à effet de serre, au contraire de l’énergie d’origine fossile. Nous rappellerons aussi que sans le nucléaire, la France ne pourrait pas remplir les engagements qu’elle a pris en la matière.
Cependant, en disant cela, nous ne mésestimons pas pour autant les dangers que comporte ce type d’énergie. Il y a d’une part la sûreté des installations, même si pour avoir visité la centrale EDF de Cattenom, je puis témoigner des précautions extrêmes qui sont prises, ce qui n’empêche pas d’envisager toutes les hypothèses possibles. Plus encore, il y a des aspects à plus long terme qui, certainement, sont ceux qui peuvent poser le plus de problèmes, à savoir le stockage des déchets. C’est la raison pour laquelle nous pensons que l’Etat doit absolument garder le contrôle d’EDF qui, tout le monde en conviendra, n’est pas une société comme les autres.
Cela nous amène à parler un peu plus de ce que François Bayrou appelait « une nouvelle écologie politique ». Nous n’allons pas répéter ce qui est devenu presque un poncif, à savoir que le défi climatique est la grande menace du 21è siècle, avec les conséquences dramatiques que cela peut engendrer pour certains pays, plus particulièrement en Afrique. Nous avons, en effet, vécu pendant presque deux siècles avec de l’énergie en abondance, ce qui a beaucoup contribué à polluer notre planète. Il va donc falloir que les habitants de la planète Terre arrivent à consommer moins d’énergie, fut-ce au détriment d’un peu de bien être.
Pour cela, il faut d’abord des dirigeants convaincus de cette nécessité. Le président des Etats-Unis, par exemple, premier dirigeant du pays qui pollue le plus dans le monde, n’a que faire de ces considérations. Le Parti Communiste chinois a sensiblement la même opinion. Or, à eux deux, Etats-Unis et Chine émettent plus de gaz à effet de serre que toute l’Afrique et l’Amérique latine réunies. Dans ces deux continents le problème est différent, car s’ils consomment beaucoup moins d’énergie, en revanche la déforestation est en train de lourdement hypothéquer l’avenir, d’autant que l’on ne replante plus là où on pourrait le faire.
Bref, le monde vit de plus en plus dangereusement, « la maison brûle » comme disait Jacques Chirac, et même si la prise de conscience de ces problèmes est de mieux en mieux appréhendée, on est loin de faire ce qu’il faudrait, pour aller sur la voie de ce que l’on appelle « le développement durable ». Il est vrai que celui-ci suppose des choix, parfois difficiles, mais sans cesse retardés dans les pays démocratiques parce qu’ils sont impopulaires, mais aussi dans les pays en voie de développement, faute de moyens. Cela étant dans ces pays, la responsabilité des Occidentaux et des Chinois est très grande, dans la mesure où ce sont eux qui exploitent les matières premières, dans des conditions le plus souvent dramatiques pour l’éco-système. La France y a sa part : il suffit de voir comment est exploité l’uranium au Niger ou en Centrafrique pour s’en convaincre.
Et en France que faisons-nous ? En ce moment, on entend beaucoup parler de ce que l’on se plaît à appeler « le Grenelle de l’environnement ». Curieusement, tout le monde a l’air satisfait de cette idée qui permet aux écologistes de tous bords de faire parler d’eux, mais qui permet aussi au gouvernement de montrer qu’il est extrêmement sensibilisé à ces problèmes, ce qui peut s’avérer très productif avant les élections municipales. Certes, on va peut-être me reprocher ces conclusions très personnelles, mais hélas j’ai bien peur que tout cela ne débouche que sur quelques « mesurettes », ne faisant pas nécessairement avancer les causes défendues.
Ce pessimisme ne se retrouve pas partout, mais quand on découvre les deux ou trois premières idées sur lesquelles on est arrivé à un accord, il y a de quoi être inquiet. On nous parle de diminuer la vitesse de 10 kmh sur les routes et les autoroutes. Pourquoi pas, mais est-on-certain qu’une telle mesure va avoir une grande portée environnementale ? Ensuite on veut imposer une taxe supplémentaire sur les ordures ménagères, pour ceux qui ne respectent pas les normes de tri. On évoque aussi un bonus-malus sur les véhicules les moins polluants. Enfin, espérons que nous sommes « mauvaise langue », et que des décisions importantes sortiront de ces travaux. Une chose est certaine, toutefois : avec le coup de la clé USB autour du cou, le ministre de l’Environnement a fait fort et ce n’est sans doute qu’un début, car avec Monsieur Borloo la démagogie n’a pas de limite.
De plus, nous serions tentés de reprocher au président de la République et au gouvernement qui ont initié ces débats, de n’avoir rien dit de concret et de précis quant au financement. Qui va payer in fine les quelques mesures qui vont être arrêtées ? La vraie question est là, et si le coût de ces mesures implique de nouvelles taxes, il y a grand risque que ces problèmes deviennent rapidement un sujet de mécontentement. Il ne faut quand même pas oublier que si l’on veut réellement changer de cap en matière d’environnement, à l’instar de ce qu’ont fait les Scandinaves très en avance sur nous, il faudra dégager des sommes considérables … que nous n’avons pas.
Pourtant les solutions existent, et François Bayrou les a longuement évoquées pendant la campagne présidentielle. Nous devons préciser tout d’abord que sur un sujet aussi sérieux, il ne fallait pas nommer un joyeux dilettante comme Monsieur Borloo au ministère de l’Environnement. Ensuite, il faut augmenter dans des proportions considérables l’effort de recherche (nouvelles énergies, nouveaux matériaux etc.).Monsieur Sarkozy a préféré diminuer les impôts des plus riches. Pourtant ces 15 milliards auraient été bien utiles pour pouvoir dégager des crédits budgétaires destinés à la préparation de l’après-pétrole, et à la mise en œuvre d’un plan sur les biocarburants, l’énergie solaire thermique, le développement de la filière bois, de la géothermie, et la valorisation de la biomasse.
François Bayrou avait aussi suggéré un « Plan agriculture écologique » avec une forte diminution des engrais azotés. Il voulait également accorder une place particulière et importante sur les nuisances sonores, et la récupération de ce que l’on appelle les « énergies fatales » (chaleur produite par incinération par exemple). Il souhaitait la mise en place d’une fiscalité écologique, en concertation avec les autres pays européens, estimant que c’était la seule façon d’inverser le processus destructeur qui sévit aujourd’hui. A cela s’ajoutait le volet éducation et prévention, surtout vis-à-vis des plus jeunes.
Tout cela était planifié et soigneusement évalué, ce qui donnait à ce programme d’action sur l’environnement et le développement durable, une crédibilité que n’a pas à ce jour le Grenelle de l’environnement. Il reste donc à espérer que tous ces travaux marqueront, au moins, le lancement d’une nouvelle approche de la politique environnementale. Pour cela il faudra déjà que la France commence à rattraper son retard, et applique les règlements européens, par exemple sur la teneur en nitrates dans les rivières. Et puis, pour terminer sur une note d’optimisme, toute déclaration d’intention sur des sujets aussi stratégiques pour l’avenir du monde, de même que toute décision aussi minime soit-elle, devront être perçues comme une évolution positive dans l’inconscient collectif.
M.E.
Tests ADN : félicitations aux Français
Pour une fois que l’étranger félicite la France, profitons-en. Cette fois c’est la Suisse et le compliment n’est pas mince, car il taille en pièces la manière dont les tests ADN ont été introduits dans la Confédération Helvétique. Dans ce pays, la directive de l’Office fédéral des migrations a été installée en catimini, le 30 septembre 2004, après avoir été évoquée lors de l’examen d’une loi sur les étrangers…qui n’a finalement pas été retenue. Cela signifie que cette directive sur les tests ADN n’aurait jamais dû voir le jour. Alors quand Brice Hortefeux cite la Suisse parmi les 12 nations disposant d’une telle législation, le moins que l’on puisse dire est que c’est un exemple à ne pas suivre.
L’article de la Tribune de Genève souligne également que la France est le seul pays, parmi ses voisins, à s’être doté d’une loi qui interdit les tests ADN, sauf bien sûr à des fins judiciaires ou médicales, ce qui nous donne une légitime fierté et fait honneur à notre démocratie . L’amendement Mariani devrait donc dans tous les cas de figure être rejeté, y compris s’il le faut par le Conseil Constitutionnel, ce qui réjouit les Suisses qui y voient l’occasion de revenir, pourquoi pas, sur ce qu’ils appellent « ce sulfureux sujet ». Une première victoire en tout cas a été remportée en France, avec le rejet de l’amendement par la Commission des lois du Sénat, qui a supprimé l’article polémique du projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l’immigration.
Bien entendu, le journal genevois en profite pour délivrer à la France un satisfecit pour son caractère « d’empêcheuse de penser en rond », citant au passage une longue tradition allant de Calvin à Sartre. Le quotidien en profite pour rappeler à ses compatriotes, et aux autres pays européens, que la vraie question morale des tests génétiques liés à l’immigration est celle-ci : « la famille est-elle réductible à des critères biologiques ? ». Il est vrai qu’il y a dans ce domaine des exemples peu glorieux remontant à la période nazie. En tout cas, la notion de famille ne saurait être réduite à travers les gênes. D’ailleurs, dans le cas d’adoption ou de recomposition de la famille, l’amour familial se situe généralement au niveau de celui relevant de l’appartenance génétique.
Pour terminer la Tribune de Genève note que « privilégier les gênes comme élément d’identification d’une famille, c’est reconnaître la prépondérance de la nature sur la culture, avec toutes les dérives plus ou moins racistes que cela comporte ». Et le journal d’ajouter, qu’à travers ce dossier, « la France redevient elle-même ». Puisse l’ensemble des sénateurs et des députés appelés à ratifier ou à rejeter définitivement ce texte honteux, confirmer au monde entier que la France reste encore, de temps en temps, le pays des droits de l’homme. Il serait vraiment dommage que JF Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée, et ses amis favorables à l’amendement, viennent mettre à bas une nouvelle fois la tradition humaniste de notre pays. Hélas c’est une hypothèse loin d’être farfelue, tellement cette majorité se meut avec délectation dans le populisme.
M.E.
Adhérer au Mouvement Démocrate : la seule voie possible
L’élection présidentielle du printemps est déjà loin. Certes, ce fut pour notre mouvement une très belle réussite avec un score de 18,6% pour François Bayrou, mais cela appartient désormais à l’histoire. Aujourd’hui, ce n’est pas vers le passé qu’il faut se retourner, mais au contraire avancer vers l’avenir. La première préoccupation du Mouvement Démocrate, c’est d’abord d’achever la construction du mouvement. Ensuite ce sera les élections municipales, où le MoDem aura une liste autonome au moins dans toutes les villes grandes ou moyennes. Puis nous entrerons dans un cycle d’élections, a priori plus favorables pour nous, avec les élections européennes et régionales (2009-2010). Enfin, viendra le temps de préparer la prochaine élection présidentielle et les élections législatives qui suivront. Cinq ans c’est long quand on est éloigné du pouvoir, mais c’est court si nous voulons être prêts à temps.
Aussi est-ce la raison pour laquelle tous les militants du MoDem doivent se mobiliser d’ores et déjà en vue de l’échéance de 2012. Rappelons-nous que si Nicolas Sarkozy a gagné en 2007, c’est parce que tout le monde savait à l’UMP depuis bien longtemps, sauf Jacques Chirac et Dominique de Villepin, qu’il serait candidat à l’élection présidentielle. En revanche, une grande part de la défaite de Ségolène Royal vient du mode de désignation du candidat socialiste, et du retard pris dans la préparation de l’élection. Enfin, pour ce qui concerne François Bayrou, s’il n’a pas été qualifié pour le second tour c’est précisément parce que personne, à part lui-même, ne pensait qu’il pouvait atteindre 18 ou 20% des voix au premier tour.
Donc nous sommes avertis, et il faut que nous donnions de notre mouvement l’image d’une union totale derrière François Bayrou. A ce propos, je suis frappé de voir les réactions courroucées suscitées par un post que j’ai mis en ligne sur notre site national, à propos du vote NON à la constitution européenne où je disais, sans trop de ménagement il est vrai, que ce vote négatif était « irresponsable ». En revanche, je suis très heureux de voir que depuis le Forum des Démocrates à Seignosse, tout le monde semble avoir admis une fois pour toutes qu’il n’y aura pas de courant dans le Mouvement Démocrate. Quand je dis tout le monde, je veux bien sûr parler des militants et des élus qui nous sont restés fidèles.
Notre principale mission sera donc d’amener vers nous le maximum de gens qui veulent changer de politique, de méthode de travail, qui veulent voir notre pays se rassembler autour de quelques idées fortes qu’on ne trouve pas ailleurs sur l’échiquier politique, ou de façon parcellaire. Il faut donc dans un premier temps que le nombre d’adhérents et de militants du MoDem dépasse largement les chiffres d’aujourd’hui. Nous ne pouvons pas nous contenter des 80 000 adhérents que nous comptons à ce jour. Donc, il faut convaincre les Français de nous rejoindre le plus rapidement possible, les autres partis ne proposant que des alternances stériles avec, à chaque élection, un simple changement de cap dans la conduite des affaires du pays.
A) Le redressement du paysFrançois Bayrou et le MoDem font des propositions sérieuses pour redresser notre pays et restaurer le lien entre l’Etat et la Nation, c’est-à-dire faire l’inverse de ce qui a été fait jusque là, l’UMP et le PS ayant appliqué les mêmes recettes quand ils étaient au pouvoir. Le MoDem veut un Etat impartial avec une limitation des prérogatives du pouvoir exécutif, par exemple pour les nominations aux plus haut postes de l’Etat. Cela veut dire qu’avec le MoDem au pouvoir, c’en sera fini de la politique des copains placés dans tel ministère ou telle administration en contrepartie de services rendus. Cela veut dire aussi qu’on ne mélangera pas les genres à la manière d’un J.F. Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée et en charge du budget dans le gouvernement précédent, qui vient de se faire embaucher comme avocat dans un grand cabinet d’affaires, uniquement pour son carnet d’adresses. Cela signifie également que le chef de l’exécutif ne désignera pas au gré de son humeur telle ou telle personnalité pour diriger une commission, parce que cela peut servir ses intérêts électoraux. Outre le coût engendré par ces opérations, il y a quelque chose de terriblement choquant pour la démocratie. Tout cela, il faut le dire et le répéter.
Puisque nous parlons de coûts, il faut aussi réformer l’Etat pour assurer la maîtrise des dépenses publiques, et se donner les moyens d’être efficaces dans les domaines de la sécurité, de la justice, de l’éducation, la protection sociale etc. Le gouvernement vient de boucler son projet de budget pour 2008, et l’on est déjà frappé de voir que l’on fait une pause dans la diminution des déficits, au moment où le Premier ministre, pour exister, fait une déclaration sur « l’Etat en faillite ». Quelle contradiction ! On se croirait revenu au temps où les socialistes distribuaient la cagnotte alors que le budget de l’Etat accusait encore un déficit élevé.
Nous devons aussi souligner notre différence sur l’écologie politique. Même si l’on peut se réjouir d’entendre parler de « Grenelle de l’environnement », nous savons bien qu’il s’agit surtout d’un affichage destiné à détourner l’attention, d’autant que les marges de manœuvre financières sont nulles. D’ailleurs, la manière dont chacun exploite ou essaie de récupérer les conclusions qui pourraient en sortir suffit à le démontrer. Le MoDem a un vrai projet sur ce sujet tellement important : il veut inscrire l’action publique et les choix fiscaux dans une perspective de développement durable. Il veut mettre en place un Plan national écologique avec économies d’énergies, énergies renouvelables où nous sommes très en retard, fiscalité écologique, agriculture écologique, avec des moyens pour financer le tout.
B) Instaurer une véritable démocratieC’est un sujet dont on parle beaucoup actuellement, en raison essentiellement du rôle qu’exerce le président de la République. Il est évident que les positions du Mouvement Démocrate sont assez éloignées de celles de l’UMP et même du PS, ce dernier ayant en son temps la possibilité de corriger les atteintes à la démocratie que représente, par exemple, l’absence de proportionnelle pour la désignation des représentants à l’Assemblée Nationale. Pour autant, et ne pouvons que nous en réjouir, grâce à la commission mise en place par Nicolas Sarkozy sur la réforme des institutions, nous espérons que cette correction démocratique puisse se faire, d’autant que sans les voix des parlementaires socialistes ou MoDem, aucun dépoussiérage sérieux de la Constitution n’est possible.
En tout cas, pour nous, la fonction de Premier ministre reste nécessaire, même avec des pouvoirs quelque peu réduits, alors que depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, on est en droit de s’interroger à quoi sert Monsieur Fillon, ce qui amène ce dernier à multiplier les bourdes pour exister. Il y a incontestablement un flou à corriger, et nous craignons hélas que ce ne soit pas fait avant la prochaine élection présidentielle. Par ailleurs, le MoDem souhaite une clarification dans les compétences des collectivités locales et une vraie simplification de l’organisation administrative. A quoi cela sert-il d’empiler les collectivités avec les communes, les communautés de communes et d’agglomération, les syndicats mixtes, les cantons, les départements, les régions etc. sinon à offrir à des professionnels de la politique, une quantité de fonctions électives exercées superficiellement, d’autant que ces élus sont aussi la plupart du temps parlementaires.
Enfin, comme François Bayrou l’avait longuement souligné dans son projet présidentiel, le MoDem souhaite une « justice sereine et égale pour tous ». Dans ce projet il y avait notamment la question de la désignation et du statut du Garde des Sceaux, avec une nomination qui devait recueillir une majorité des deux tiers des députés et des sénateurs. Un tel projet marquerait effectivement une profonde rupture avec la désignation de l’actuelle ministre de la Justice qui, sans préjuger de ses compétences, doit d’abord son poste au fait qu’elle est l’amie du couple présidentiel.
C) La croissance et la solidaritéLa France est en panne de croissance et elle ne se décrète pas, quelle que soit la volonté du président de la République. Nous sommes dans un monde ouvert et pour tirer son épingle du jeu dans la mondialisation, il faut disposer d’atouts que notre pays n’a pas, parce que depuis 1981, nous avons toujours cédé à la facilité vis-à-vis de tous les corporatismes. Cela ne veut pas dire pour autant que nous devons accepter sans sourciller le modèle anglo-saxon, avec des réformes dites libérales qui ne serviraient qu’à creuser les inégalités, et à démanteler ce qui reste de nos services publics. Sur ce plan aussi, nous sommes très différents des partis qui ont exercé tous les pouvoirs depuis 1981. Nous souhaitons allier réformes de structures, croissance et solidarité.
Nous voulons un débat social modernisé : comme le dit souvent François Bayrou, « la démocratie sociale renforce la démocratie politique ». Quelle est la ligne de conduite du PS sur le plan social ? Est-ce celle défendue par le PC, les Verts, le PRG ? Nul ne le sait, d’autant que Ségolène Royal a avoué qu’elle ne croyait pas au programme qu’elle défendait pendant la campagne présidentielle. Quant au parti majoritaire, l’UMP, nous la connaissons trop bien : c’est la ligne défendue par le MEDEF. Le MoDem, pour sa part, veut surtout que les efforts des Français soient convenablement répartis sur l’ensemble de la société, ce qui permettra de mieux faire passer les inévitables réformes que notre pays doit mettre en œuvre pour retrouver sa compétitivité.
Nous voulons enfin une société qui prenne en compte les difficultés de tous. Nous sommes les seuls à le formuler de cette manière, et à être intransigeants par exemple sur le financement de la retraite par répartition. Nous sommes les seuls également à promouvoir une régionalisation de l’architecture des questions liées à la santé. Cela permettrait d’éviter des fermetures d’établissements hospitaliers là où au contraire il faut les maintenir, et de maintenir des doublons dans certaines villes ou agglomérations. Par ailleurs, le MoDem reste très attaché au développement des zones rurales et au maintien des services publics dans ces territoires, pour lesquels il a fait des propositions concrètes. L’agriculture, enfin, mérite un traitement meilleur que celui qui lui est réservé. N’oublions pas que la France est le premier producteur agricole d’Europe, et nous devons nous battre sans relâche pour défendre nos paysans qui le méritent tellement.
D) Investir sur l’avenir à travers l’école, la formation et la cultureAu moment où le gouvernement supprime 23 000 postes de fonctionnaires, dont plus de la moitié dans l’éducation nationale, le président de la République réaffirme sa volonté de voir la France retrouver une administration travaillant plus et mieux, au service des Français. Autant dire que c’est mission impossible, plus particulièrement dans l’éducation nationale, où le manque de fonctionnaires est criant là où le besoin s’en fait le plus sentir. Rappelons, au passage, que tous les pays du monde jouent leur avenir dans l’éducation de leurs enfants et leur formation. Sur ce plan, le PS n’a jamais su faire évoluer les structures de l’Education Nationale vers le mieux-disant éducatif, et l’UMP veut faire une école à deux vitesses où l’égalité des chances n’existera plus.
Le MoDem, en revanche, a un vrai projet pour relever les défis de l’école et de l’enseignement. Il veut tout d’abord que soit défini un socle intangible de connaissances, et que tous les enfants sachent lire et écrire à l’entrée en 6è. Il veut une présence accrue de la médecine scolaire dans les établissements. Il veut un enseignement supérieur et une recherche à la hauteur des enjeux du monde dans lequel nous vivons, où notre croissance ne dépendra plus seulement de ce qui a été découvert ailleurs. Il veut enfin, assurer le développement de l’emploi culturel qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, est plus nombreux que celui du secteur automobile.
E) La France doit retrouver toute sa place en Europe et dans le mondeAu moment où l’administration Bush, et plus généralement la puissance américaine, se voit contester partout dans le monde, au moment où rarement notre planète n’a connu autant de dangers potentiels avec le terrorisme, la prolifération des armes thermos-nucléaires, jamais la politique de notre pays n’a semblé aussi floue que depuis l’arrivée aux affaires de Nicolas Sarkozy. Notre politique étrangère dépend en fait d’un seul homme : le président de la République. Le Parti socialiste s’accommode parfaitement de la situation. Pas le MoDem qui, comme François Bayrou ne cesse de l’affirmer, souhaite que la politique étrangère de la France ne soit plus interdite aux représentants du peuple.
Par ailleurs, même si nous avons du mal à l’admettre, la France n’est plus qu’une puissance moyenne, et elle ne peut peser réellement sur les affaires du monde qu’à travers son rôle dans l’Union Européenne. Le MoDem est partisan du développement d’une politique étrangère et de sécurité commune qui permette à l’Europe de parler d’une même voix. Cela est valable aussi pour régler au mieux, et le plus dignement, les problèmes liés à l’immigration. L’Europe existe et nous devons consolider ses fondations. Aucun autre parti ou mouvement dans notre pays n’est aussi clairement européen que le nôtre. En cela, nous sommes les véritables héritiers de Jean Monnet ou Robert Schuman, si proches de notre famille politique.
Voilà quelques bonnes raisons d’adhérer au Mouvement Démocrate, et il y en a évidemment beaucoup d’autres. Cela dit, notre mouvement se singularise des autres sur le plan de l’éthique, des valeurs et de la diversité. Toutes les catégories sociales sont représentées au MoDem, même si certaines le sont plus que d’autres. C’est un argument pour attirer vers nous des populations qui ne nous perçoivent pas comme nous le méritons. Pendant ma campagne électorale, aux élections législatives, nombre de gens hésitaient à nous rejoindre et à voter pour nous, parce qu’ils ne savaient pas nous situer entre la droite UMP et le PS et ses alliés. Cela prouve que nous avons des efforts à faire.
Il nous faut donc faire admettre aux électeurs que nous sommes un parti libre et indépendant, ce qui j’en conviens n’est pas facile avec des médias qui ne cherchent qu’à nous classifier à droite ou à gauche, ou encore ailleurs. Ils oublient simplement que le principe même de la fondation du Mouvement Démocrate, est le rassemblement de sensibilités venues de partout, destiné à faire travailler ensemble tous ceux qui portent les valeurs et les principes d’action d’une véritable démocratie. Comme le dit si bien François Bayrou, « on ne construit rien sur l’affrontement permanent ».Michel Escatafal
Pour adhérer : www.bayrou.fr
L'Iran, plaque tournante entre l'Orient et l'Occident
Depuis quelques mois, nous entendons beaucoup parler de l’Iran, que d’aucuns voient comme une nation voulant se doter de l’arme nucléaire. De fait, dans les coulisses de la diplomatie, on évoque vis-à-vis de ce pays les mots sanctions et même guerre, comme n’a pas hésité à le faire notre ministre des Affaires étrangères, Monsieur Kouchner. Depuis, le mot guerre a été retiré par la diplomatie française, le président de la République en personne ayant avoué qu’il ne l’aurait pas employé, suivant en cela la ligne officielle des Etats-Unis de Georges Bush, qui ne cessent d’affirmer que le problème iranien doit se résoudre par les voies de la négociation. Il est vrai que les Américains, embourbés en Afghanistan et en Irak, ne semblent pas en état de mener un conflit armé supplémentaire face à l’Iran.
L’Iran en effet est un grand pays de 70 M d’habitants, dont le territoire représente plus de trois fois celui de la France. Ce n’est donc pas l’Irak, ni l’Afghanistan, et la puissance des armes ne suffirait sans doute pas à en venir à bout, en cas de conflit armé. C’est d’ailleurs une constante de ce pays à l’histoire riche et mouvementée, qui puise ses racines plus de 2000 ans avant Jésus Christ, d’avoir offert de tout temps une résistance acharnée à tout envahisseur qui s’aventurait sur son territoire. Celui-ci n’a d’ailleurs pas été trop bouleversé au cours des siècles, malgré tous les changements que cette nation a connus, et que nous allons essayer de résumer à partir de l’Empire des Mèdes, qui s’étendait de la Turquie à l’Afghanistan actuels près de 600 ans avant JC (-625 à – 585). Les Mèdes comme les Perses dont nous allons reparler, étaient des tribus indo-européennes dites ariennes, venues du Nord de l’Europe et du Caucase, et emmenées par de redoutables cavaliers.
L’Empire Mède ne va pas durer très longtemps, car il tombe aux mains des Perses à partir de 549 avant JC, date à laquelle le très connu Cyrus II défait le dernier empereur des Mèdes, et assimile son royaume au sien. Cyrus II, devenu empereur d’un royaume couvrant l’ensemble de l’Asie Mineure actuelle, va ensuite prendre Babylone en 539 avant JC, puis la Syrie et la Phénicie. Son fils Cambyse annexera l’Egypte en 525 avant JC, et ses successeurs (Darius 1er et Xerxès 1er) étendront les frontières de leur territoire jusqu’à la Grèce, qu’ils perdront après les guerres médiques et les défaites de Marathon (490 avant JC) et Salamine (480 avant JC). L’empire s’effondrera définitivement sous les assauts des phalanges macédoniennes d’Alexandre le Grand qui, en quelques années, poussera sa conquête jusqu’à l’Indus.
A la mort d’Alexandre, l’empire est divisé en trois royaumes : l’Egypte, l’Europe et la partie orientale qui comprend l’Iran d’aujourd’hui, et qui deviendra plus tard (247 avant JC) la propriété des rois Parthes. Ceux-ci, notamment grâce à Mithridate I, vont former au cours du 2è siècle avant JC un nouvel empire qui s’étendra de l’Afghanistan actuel à l’Euphrate, et va occuper une place prépondérante dans les relations commerciales de l’époque. Les Parthes vont contrôler la Route de la soie, et l’Iran va devenir la plaque tournante des produits orientaux, à destination notamment de l’Empire Romain qui s’étend de plus en plus. Avec Trajan, empereur conquérant, Rome parvient à annexer l’Arménie et l’Arabie et croît pouvoir en finir avec les Parthes en soumettant la Mésopotamie et en atteignant le Golfe Persique (116). Mais peu après la mort de Trajan en 117, Hadrien son successeur abandonnera très vite les conquêtes de son père adoptif sur les Parthes.
Les rois parthes qui auront réussi, notamment, à se détacher de l’emprise culturelle hellénistique, vont être remplacés à la tête de l’empire par des Perses originaires du Fars, qui vont constituer le deuxième plus grand empire qu’ait connu la Perse dans l’Antiquité. Cet empire qui s’étend sur l’Asie Mineure, la Mésopotamie et une partie du Moyen-Orient va durer 400 ans, jusqu’à l’arrivée de l’Islam en 637. La Perse va s’arabiser, mais cette arabisation forcée sous l’impulsion d’une aristocratie arabe qui exclut du pouvoir les non-arabes et les non-musulmans, va largement contribuer à la naissance du chiisme, branche de l’Islam à laquelle les Perses de l’époque se rallieront en masse.
Après avoir renversé en 747 les Omeyades, arabes fidèles et descendant du prophète Mohammed, qui dirigeaient le pays depuis 651, les Perses vont être de nouveau maîtres de leur destin jusqu’en 1055, avant de tomber sous la domination des Turcs et des Mongols qui se disputaient la suprématie sur le Moyen-Orient et l’Asie Centrale. Cette domination durera jusqu’en 1502, où les Séfévides, instaurèrent définitivement la doctrine chiite. L’empire séfévide s’effondrera en 1779 et sera remplacé par la dynastie turque des Qadjars qui fera de Téhéran sa capitale. Les Qadjars étendront leur influence sur toute la Perse, mais l’Iran deviendra l’objet de convoitises de la part des puissances européennes, notamment l’Angleterre et la Russie, intéressées par les richesses naturelles du pays, tout particulièrement le pétrole. L’Iran sera même occupé en partie par la Grande-Bretagne, après la 1é guerre mondiale.
Ensuite, ce sera le règne des Pahlavi à partir de 1925, qui va bouleverser la vie des habitants de ce qui est devenu officiellement l’Iran, par décret royal en 1935. Le shah Reza, par exemple, va abolir le port du « tchador » pour les femmes et créer l’Université de Téhéran. Son fils prendra le relais en 1941 jusqu’en 1979 et l’avènement de la République Islamique d’Iran. Durant ces années, Muhammad Riza Pahlavi va connaître un règne agité avec un coup d’Etat en 1953 qui lui permettra de redevenir le seul maître du pays, après que son Premier ministre (Mossadegh) eut décidé la nationalisation de l’Anglo-Iranian Oil, ce qui avait mis en fureur les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les émeutes islamistes de la fin des années 1970 le chasseront du pouvoir. Nous connaissons la suite avec notamment la guerre contre l’Irak, déclenchée par Saddam Hussein, qui veut mettre un terme au régime de Khomeiny, avec l’aval et le soutien des Etats-Unis, de l’URSS, de la France et de la plupart des pays du Golfe Persique.
Cette guerre durera 8 ans et fera 1,2 millions de morts. Elle se terminera par un statu quo territorial, et elle aura sans doute conforté l’Iran dans son rang de puissance incontournable au Moyen- Orient, d’autant que le soutien de la communauté internationale était acquis à l’Irak. Depuis cette date (1988), il y a eu deux guerres en Irak, la première en 1991, à l’issue très rapide, avec l’aval de l’ONU, et une autre commencée en 2003, sans l’aval de l’ONU, dont on ne sait combien de temps elle durera. Les Etats-Unis, enlisés dans un conflit sans fin, sans légitimité où les arrière-pensées liées au pétrole n’étaient pas absentes, accusent régulièrement l'Iran de soutenir des éléments hostiles à l'occupation de l'Irak. Il reste à souhaiter que la nouvelle administration américaine, qui verra le jour début 2009, sache arrêter aux mieux des intérêts du peuple irakien ce que nous appellerons cette « sale guerre ».
Cela nous ramène à la diplomatie et à l’attitude que doit avoir notre pays vis-à-vis de l’Iran. Bien entendu, il ne faut pas parler de guerre comme l’a fait Monsieur Kouchner, mais nous approuvons ce qu’a dit Nicolas Sarkozy, affirmant que « l’Iran a droit à l’énergie nucléaire à des fins civiles » et que la crise ne peut être résolue que «si la fermeté et le dialogue vont de pair ». C’est exactement la position de François Bayrou sur le sujet. Puisse cette crise déboucher sur un règlement pacifique dans un monde où les foyers de guerre sont déjà très nombreux, et coûtent chaque jour un grand nombre de victimes, dans des pays qui manquent déjà de tout.
Michel Escatafal
L'Iran en chiffres : sources FMI et BC Iran (année 2006)
Population : 69 M d'habitants dont 60% de moins de 25 ans
Langue officielle : le persan ou farsi
Monnaie : le rial iranien (1 € = 13,16 IRR)
PIB en $ = environ 200 Mds soit 2915 $ par habitant
Taux de chômage = 10,4%
Taux d'inflation : 12,1%
Solde commerce extérieur : 19 Mds $
Solde paiements courants : 13, 5 Mds $
Dette extérieure : 24,2 Mds $
Quelques nouvelles d'Afrique ...
Et si pour changer nous parlions de l’Afrique qui, rappelons-le, est considérée comme le berceau de l’humanité. Hélas, si nous évoquons ce continent, c’est aussi et surtout pour parler de ses malheurs, dont nous sommes d’ailleurs en grande partie responsables. L’Afrique a la chance d’avoir un sous-sol extrêmement riche en minerais de toutes sortes, et ces richesses les Africains n’en profitent pas ou si peu. D’ailleurs, il suffit de regarder les données économiques des pays africains pour le constater : leur PIB par habitant est dérisoirement faible, à quelques très rares exceptions, leurs recettes budgétaires, hors dons, sont le plus souvent inférieures à 20% du PIB, leur solde de transactions courantes est généralement très déficitaire, et leur dette extérieure est très élevée. Tel est le tableau économique de l’Afrique aujourd’hui.
Dans ces conditions, quand on ouvre un journal africain, nous découvrons en titres tout un ensemble de catastrophes qui, compte tenu des difficultés qui assaillent ces pays, prennent des proportions démesurées par rapport à ce qui se passerait chez nous en pareil cas. Par exemple, en feuilletant Jeune Afrique le 24 septembre, nous apprenons que les inondations ont fait près de 300 morts et environ 1,5 millions de sinistrés dans une vingtaine de pays. De plus, les nouvelles pluies qui se sont abattues sur ces pays dimanche ont ralenti les secours, alors que les appels à l’aide commençaient à susciter des réponses. A noter que rien qu’en Ouganda, les pluies diluviennes ont causé la mort de 18 personnes et laissé 500 000 personnes sans abri ou totalement dépendantes de l’aide humanitaire, mais la situation est jugée très préoccupante dans les autres pays touchés par cette catastrophe.
Quelle a été la réponse apportée par les Etats à la détresse des habitants ? Des aides allant de 3 millions d’euros au Mali à 47 millions au Ghana. La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant- Rouge, nous dit Jeune Afrique, a appelé avec force à une mobilisation massive en faveur des sinistrés. De son côté, le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU demandait une aide d’urgence de 29 millions d’euros. Ces appels, nous dit-on, ont commencé à être entendus. Les Pays-Bas ont débloqué 11 millions d’euros, le même montant ayant été promis par l’Union Européenne. Le Canada pour sa part doit octroyer un peu plus de 2 millions d’euros. C’est peu, très peu même et indigne de la part de régions parmi les plus riches du monde. C’est tout simplement scandaleux, d’autant que ces catastrophes sont certainement dues au réchauffement climatique, auquel les Africains ont contribué beaucoup moins que d'autres.
Un peu plus loin, toujours dans ce même journal, nous lisons que l’Afrique s’inquiète de plus en plus de la démobilisation des bailleurs de fonds sur le dossier de la grippe aviaire, d’autant que deux des principaux foyers se trouvent au Nigéria et en Egypte. Pour Modibo Traoré, directeur du Bureau interafricain des ressources animales de l’Union Africaine, « il y a une tendance au relâchement dans la communauté internationale et au niveau des bailleurs de fonds, qui s’attendaient peut-être à ce que la maladie fasse plus de dégâts ». On ne saurait être plus clair. L’Afrique avait estimé à 360 millions d’euros ses besoins de financement pour lutter contre le virus de la grippe aviaire (H5N1), mais un responsable de la Banque mondiale affirme n’avoir débloqué jusque là que 46 millions d’euros, dont 35 pour le seul Nigéria. Par ailleurs, indique Monsieur Traoré, il faut savoir que sans indemnisation liée à l’abattage des volailles, « les éleveurs mentent et la maladie se propage ».
En arrivant sur les pages « économie », nous apprenons qu’une entreprise française, et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit d’AREVA, le géant français de l’énergie nucléaire convoité par Bouygues, l’ami de Nicolas Sarkozy, a racheté fin juillet 2007 le producteur canadien d’uranium UraMin, qui disposait de certificats d’exploitation de mines d’uranium en Afrique du Sud, en Namibie et en Centrafrique. Cette opération de rachat s'est faite dans des conditions irrégulières selon la loi centrafricaine, ce qui n’a pas empêché AREVA de reprendre l’exploitation de la mine de Bakouma, exploitée auparavant par UraMin, sans l’avis du gouvernement centrafricain. Cela suffit à démontrer que le groupe AREVA se sent parfaitement chez lui en Afrique, et qu'il se moque des protestations de plusieurs associations faisant état de contaminations radioactives sur les sites d’exploitation en Centrafrique, au Gabon ou au Niger.
Toujours dans la page économie, nous apprenons une très mauvaise nouvelle concernant le Mali : les réserves d’or tirées du sous-sol malien, estimées aujourd’hui à 800 tonnes, seront épuisées dans 7 ans. Le Mali est le troisième producteur d’or africain après l’Afrique du Sud et le Ghana. Or, les exportations d’or représentent 50% de la valeur totale des exportations du Mali. Que deviendra ce pays si l’exploitation aurifère ne lui procure plus ces revenus, d’autant que le Mali a un PIB par habitant qui représente moins de 410 dollars (Zone Euro et France = 33 000 dollars en 2005).
Dans un tout autre domaine, une information nous a interpellés concernant le Kenya, pays également très pauvre, malgré ses ressources touristiques (PIB par habitant = 555 dollars selon les chiffres OCDE de 2005). En effet Flavio Briatore, le richissime responsable de l’écurie Renault F1, et son ex-compagne le top modèle Naomi Campbell ont décidé d’ouvrir un casino haut de gamme avec hôtel pour milliardaires, à proximité du sanctuaire de tortues à Malindi, station balnéaire kenyane sur l’Océan Indien.
Cela a provoqué, évidemment, un tollé de la part des défenseurs de l’environnement qui estiment que si ce projet est accepté, il aura de graves répercussions sur la reproduction des tortues. Les résidents de Malindi, également, sont fermement opposés au projet d’autant que cette petite ville dispose déjà d’un casino. Bien entendu, les considérations environnementales et l’altération de la côte kenyane qui abrite de nombreuses espèces rares, sont bien loin des préoccupations des membres de la Jet-Set qui fréquentent ces endroits.
Nous pourrions continuer encore longtemps cette description apocalyptique et indécente de la vie en Afrique, avec pour constante sur tout le continent, une très grande misère des populations locales. A côté de cela, nous apprenons que la France continue à faire le forcing pour vendre ses Rafale à travers le monde et, notamment, à des pays en voie de développement. Par exemple, Dassault et ses partenaires, Snecma, Thalès comptent beaucoup sur la visite de Monsieur Sarkozy au Maroc, fin octobre, pour arracher à ce pays l'achat d’une vingtaine d’avions de ce type. Au moins nous savons que dans ce domaine il n’y a pas de rupture, la France voulant demeurer un des principaux vendeurs d’armes dans le monde.
En tout cas tout ceci nous laisse rêveurs. Voir s’étaler une telle misère dans un grand nombre de pays en Afrique, mais aussi en Asie, en Amérique du Sud et même en Europe, et constater en même temps que les quelques zones riches du monde (Etats-Unis, Canada, Union Européenne, Japon), mais aussi la Chine, pillent sans vergogne les richesses de continents entiers, vendent des armes, font la guerre, nous donne la nausée. Pire, voir certains Etats dont le nôtre, dresser en même temps des barrières humiliantes et insultantes, pour les candidats à l’immigration en provenance de ces pays qui manquent de tout, est une abjection. Ce n’est pas comme cela que nous règlerons les problèmes liés à l’immigration, comme le répète sans cesse François Bayrou avec cette formule : « il ne servirait à rien de s’enfermer dans une forteresse qui aurait vocation, comme toutes les forteresses, à être assiégée ».
Un dernier mot enfin : nous avons essayé de savoir combien coûtaient les conflits déclenchés par l’Administration Bush depuis 2001. Les chiffres varient dans des proportions considérables et ce, rien que pour la guerre en Irak. Toutefois, un rapport sérieux datant de février 2006 écrit par Linda Bilmes, prix Nobel d’économie 2006, et Joseph Stiglitz, économiste à l’Université de Columbia, estimait que ce conflit coûtait chaque mois aux Etats-Unis environ 4,5 milliards de dollars en frais d’exploitation de l’armée, sans compter la fourniture de nouvelles armes et d’équipement. D’autres sources, non moins sérieuses, évaluent déjà à 250 milliards de dollars le coût simplement militaire de cette guerre, qui a déjà fait perdre la vie à quelques milliers de soldats américains, et à plusieurs centaines de milliers de civils irakiens. Des sommes énormes, un véritable gouffre financier, à comparer aux quelques millions d’euros versés aux Etats victimes des inondations en Afrique.
Michel Escatafal
| Pays | Population | PIB | PIB/hab | Taux de | Inflation | Dette extér. |
| Zone Franc | en M d'hab. | en Mds $ | en $ | croissance en % | en % | en Mds $ |
| Cameroun | 16,3 | 16,6 | 1019 | 2,4 | 1,9 | 9,5 |
| Centrafrique | 4,04 | 1,4 | 353 | 2,8 | 2,9 | 1,1 |
| Congo | 4 | 6 | 1484 | 8,4 | 2,8 | 5,8 |
| Gabon | 1,4 | 8,6 | 6177 | 3 | -0,2 | 4,2 |
| Guinée Equ. | 0,65 | 7,1 | 10968 | 8,3 | 5 | 0,3 |
| Tchad | 9,7 | 5,8 | 601 | 8,4 | 7,9 | 1,7 |
| Bénin | 8,4 | 4,4 | 525 | 3,5 | 5,4 | 1,9 |
| Burkina Fasso | 13,2 | 5,7 | 428 | 7,1 | 6,4 | 1,9 |
| Côte d'Ivoire | 18,2 | 16 | 883 | 1,8 | 3,9 | 11,7 |
| Guinée-Bissau | 1,6 | 0,3 | 192 | 3,5 | 3,4 | 0,8 |
| Mali | 13,5 | 5,5 | 406 | 6,8 | 6,4 | 3,3 |
| Niger | 14 | 3,3 | 233 | 7,1 | 7,8 | 1,9 |
| Sénégal | 11,7 | 8,6 | 738 | 5,5 | 1,7 | 3,9 |
| Togo | 6,1 | 2 | 324 | -1,1 | 6,8 | 1,8 |
| Comores | 0,58 | 0,4 | 661 | 2,8 | 3,2 | 0,3 |
Zone Euro : PIB/habitant = 33.000 $
Sources : BEAC,BCEAO,FMI
Nous vendons les bijoux de famille, pourquoi faire?
Comment l’Etat va-t-il financer ses déficits ? Tout le monde se pose la question, peut-être même le Gouvernement lui-même. En tout cas, nous savons d’ores et déjà, comme nous ne cessons de le répéter que des mesures douloureuses seront prises dans les mois à venir, sans doute après les élections municipales. Jusque là, la majorité compte sur l’activisme du président de la République, sur ses « coups » répétés et sur je ne sais quoi encore, pour tenir jusqu’au mois de mars. Pour autant, il faut préparer le budget et ce n’est pas le plus facile. Il faut aussi montrer que l’endettement sera contenu dans les limites que l’on s’était fixées.
Alors on finit de vendre « les bijoux de famille ». Parmi ceux-ci il y a EDF et comme la loi laisse à l’Etat la possibilité de descendre jusqu’à 70%, on ne va pas s’en priver avant de faire une autre loi, un peu plus tard, où l’Etat pourra aller jusqu’à 51%, pour arriver à faire ce qui a été réalisé avec France Télécom. En attendant l’Etat va récupérer 6,5 Mds d’euros si l’on en croit la Tribune, avec la cession de 5% du capital d’EDF. Cela va s’ajouter aux 5% du capital de France Télécom vendus au mois de juin, sans oublier les opérations réalisées par le gouvernement de Monsieur de Villepin avec les privatisations partielles de GDF, la SNCM, EDF et ADP. Enfin, personne n’a oublié la vente des sociétés d’autoroutes en 2005, qui ont certes rapporté 28 Mds d’euros, mais qui vont priver l’Etat qui a financé tous les investissements, de très gros dividendes dans les années à venir. Nous nous arrêterons là dans la chronologie des ventes de nos entreprises publiques en précisant que, globalement, depuis 1986 l’Etat a encaissé au moins 120 Mds d’euros au titre de ces cessions.
Alors à quoi a servi tout cet argent ? A beaucoup de choses sans doute, y compris un peu au désendettement de l’Etat. Mais si nous n’avions pas eu un Etat aussi dispendieux, on aurait pu par exemple affecter une partie de ces milliards au Fonds de Retraite créé par Monsieur Jospin, ce qui n’était d’ailleurs pas une mauvaise idée, sauf que ce Fonds n’a jamais été réellement activé. Et pourtant à ce niveau là il y a urgence car en 2020, plus du quart de la population française aura plus de 60 ans, soit moins de deux actifs pour un retraité, ce qui représentera au moins 50 Mds d’euros à trouver chaque année pour maintenir en état les pensions actuelles.
On comprend dans ces conditions qu’une réforme des régimes de retraite soit nécessaire, et qu’il faille absolument mettre un terme au système qui prévaut jusque là, notamment le départ en retraite quasi systématique à 60 ans. C’est d’ailleurs à mettre au crédit de Nicolas Sarkozy de vouloir achever la réforme des retraites d’autant que, comme le rappelle souvent François Bayrou, « nous sommes au milieu du gué et que seul un tiers du besoin financement a disparu à l’horizon 2020 ». Cependant, si les Français sont sans doute prêts à faire des efforts pour rattraper les pays qui sont en avance sur le nôtre, par exemple sur l’âge de cessation d’activité, ils ne veulent pas de la solution libérale défendue autrefois par des gens comme Alain Madelin, ou aujourd’hui par Nicolas Sarkozy et la majorité UMP. Ceux-ci, en effet, veulent mettre en œuvre le plus rapidement possible, une législation favorable aux fonds de pension.
Certes, les tenants des fonds de pension ne cessent d’affirmer que loin de supprimer la retraite par répartition, ils apporteront le complément indispensable pour un maintien, voire pour une amélioration du niveau des retraites. Ils affirment en outre avec conviction, que les sommes versées par les salariés et les employeurs profiteront à nos entreprises, l’épargne investie créant de nouvelles activités, ce qui est loin d’être vrai, car en fait 3% seulement des capitaux placés sous forme d’actions dans les pays anglo-saxons servent à l’investissement. Mais tout le monde oublie ces restrictions, et on nous dit qu’avec ce système ce serait « du gagnant-gagnant », d’autant que l’on saurait mettre les garde-fous nécessaires, pour ne pas que se renouvellent les faillites retentissantes que l’on a connu il y a quelques années aux Etats-Unis, par exemple avec ENRON.
Cependant, la tradition et la mentalité française auront bien du mal à entrer dans cette stratégie à caractère boursier, préférant de loin investir sur la solidarité entre générations. En tout cas jusqu’à présent, notre pays a toujours résisté pour maintenir en vigueur notre système étatisé de retraite par répartition, malgré les protestations alarmistes de ceux qui s’élèvent contre les « bombes à retardement démographique», qui vont imposer un fardeau insupportable aux Etats qui restent fidèles à ce système. En réalité, sans vouloir entrer dans le détail des avantages et des inconvénients d’un système sur l’autre, les Français refusent globalement de voir leurs retraites garanties par des fonds privés de capitalisation. Ils ont dans leur mémoire collective la perte de leurs économies entre les deux guerres, et ils n’ont aucune confiance dans la capacité des marchés financiers à assurer leur sécurité à long terme.
Dans son projet présidentiel, François Bayrou avait expliqué qu’avec un système de répartition, applicable au public comme au privé, nous pouvions conserver un régime de base géré paritairement, ce qui n’empêche nullement, quand on en a les capacités, de se constituer individuellement un complément de retraite. Les Français continuent d’apporter leur préférence à la garantie de l’Etat, mais il faut que celui-ci soit bien géré, ce qui n’a pas été le cas depuis 1981. Il reste à espérer que la situation budgétaire que nous connaissons aujourd’hui, ne soit pas un prétexte pour nous imposer la théorie boursière de la protection sociale.
M.E.
La France n'est pas en faillite
Si Monsieur Fillon voulait enfin faire parler de lui, il a réussi au-delà de toute espérance avec sa phrase qui restera sans doute dans les annales de la bêtise, « je suis à la tête d’un Etat en faillite ». Cela m’amène à dire que si je devais rencontrer Monsieur Fillon, je lui dirais de cesser de « faire l’enfant », à l’image de ces écoliers qui veulent absolument se montrer pour qu’on s’intéresse à eux. A ce que je sache, il est jusqu’à preuve du contraire le Premier ministre de la France, et il n’a pas le droit de faire preuve d’une telle pusillanimité dans l’exercice de ses fonctions. Cela étant, cette attitude à la fois ombrageuse et pleine de couardise, ne nous surprend pas de la part d’un homme qui a rejoint Nicolas Sarkozy, en 2005, par dépit de n’avoir pu
