MichelEscatafal

Tous plus amateurs les uns que les autres...

Par escatafal in politique étrangère - 4 jui, 2008

Décidément la diplomatie française ne va pas fort en ce moment.  Oh certes, je ne vais pas polémiquer sur ce qu’a dit Ségolène Royal  au Québec à propos de la libération d’Ingrid Betancourt et des autres otages, même si effectivement cette libération est totalement colombienne et ne doit rien à l’action de Nicolas Sarkozy. Non,  je  vais plutôt parler une nouvelle fois de l’amateurisme français en matière de diplomatie. On peut faire des erreurs, cela arrive à tout le monde, mais quand on les fait dans le cadre d’un discours officiel c’est beaucoup plus grave.

C’est ce qui s’est passé avec François Fillon cette semaine dans le cadre du 400è anniversaire de la fondation de Québec par l’explorateur français Samuel Champlain. Le Premier ministre français a commencé par rappeler aux Québécois qu’il y a « quarante ans une voix historique l’a tiré de son hivernement ». Les deux références n’ont guère plu aux Québécois présents à ce discours, parce que le fameux « Vive le Québec libre ! » du général de Gaulle reste assez douloureux pour  nombre de Canadiens, y compris Québécois, et d’autre part pour les Canadiens le mot hivernement rappelle à ceux-ci que le Québec n’a pas toujours connu la prospérité qui est la sienne en ce moment.

Ensuite pour faire bonne mesure, le Premier ministre a ajouté : « Il n’y a qu’une France,  et c’est elle qui depuis quatre siècles est présente en Amérique ». Voilà le type même de déclaration à caractère colonialiste qui généralement déplaît fortement à ceux qui les reçoivent. Elle déplaît d’autant plus que le Québec n’est plus français depuis la fin de la Guerre de Sept Ans en 1763, ce que François Fillon semblait ignorer, et qu’il devint en 1867 l’une des quatre premières provinces de la Confédération Canadienne. Et aujourd’hui encore, malgré plusieurs référendums liés à la souveraineté (1980, 1995), le Québec  reste une province canadienne à part entière même si elle a gardé son caractère francophone. Cela François Fillon aurait dû y penser, car  pour une fois qu’il pouvait s’exprimer  à la place de Nicolas Sarkozy, il s’est comporté avec la même approximation de l’histoire que lui.

A propos de Nicolas Sarkozy, le monde retient son souffle si l’on en croit ses laudateurs, en France, pour savoir si oui ou non il sera présent à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin. Il doit donner sa réponse définitive, nous dit-on, la semaine prochaine à l’occasion du sommet du G8, mais personne ne doute que ce sera  OUI. Cela étant, en lisant la presse étrangère je viens de découvrir que le président français ne sera pas le bienvenu à Pékin, contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire les médias français. En effet, s’il faut en croire un sondage d’opinion sur internet, relayé par la presse officielle chinoise, 80% des chinois sont hostiles à la venue du président français. Comme quoi, il n’était pas nécessaire de faire du zèle au moment du passage chaotique de la flamme olympique à Paris, ni d’envoyer Messieurs Poncelet ou Raffarin en mission de réconciliation.

En fait le président français,  comme je l’ai écrit ici même plusieurs fois à propos de ce sujet, est victime de son inconséquence  et  pour tout dire de son manque de professionnalisme en politique étrangère… comme ailleurs. Après avoir feint de nombreux atermoiements, il avait fini par se résoudre à aller à Pékin le 8 août, à la condition que le dialogue soit restauré entre le pouvoir central chinois et le Dalaï Lama. Formellement, cela  a été le cas et a paru suffisant à nombre de chefs d’Etat ou de gouvernement, par exemple le Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, d’où l’incompréhension et la fureur des dirigeants chinois devant les hésitations officielles de Nicolas Sarkozy.

Loin de moi l’idée de ne pas soutenir une démarche allant vers la recherche d’une solution durable à la question du Tibet, mais Nicolas Sarkozy n’est guère crédible aux yeux du monde sur la question des droits de l’homme, notamment depuis  l’épisode de la venue de Mouammar Kadhafi à Paris. Par ailleurs, en tant que président du Conseil de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy ne peut pas ne pas tenir compte du fait que les 27 n’ont pas voulu adopter une position commune sur la présence ou non des Européens à Pékin le 8 août. Dans ce contexte, il était simple pour lui de dire qu’il se rendra à Pékin malgré les réserves qu’il pouvait formuler à titre personnel. C’est ce qu’auraient fait tous ses prédécesseurs.  Résultat, c’est encore une fois en position de faiblesse, que la France et l’Union Européenne seront représentées par Nicolas Sarkozy à Pékin le 8 août même si, n’en doutons pas,  les dirigeants chinois, comme les autres, sauront faire la différence entre la France et l’UE.

Que dire de plus ? Hélas rien, parce que nous sommes en démocratie et que Nicolas Sarkozy et sa majorité sont élus pour cinq longues années. Il reste à s’armer de patience, à préparer l’avenir aussi car les dégâts pour notre pays et ce, à tous les niveaux,  vont être considérables. La France va sortir de ce quinquennat  exsangue financièrement, mais aussi socialement et politiquement et, face à une situation aussi cauchemardesque, on a l’impression que les partis politiques français se sentent impuissants à mettre en place à la fois leur organisation et leurs idées. L’ennui c’est que l’histoire n’attend pas,  et les citoyens ont besoin de savoir ce que les opposants à Nicolas Sarkozy proposent.

 Apparemment, le Parti Socialiste n’est pas dans cette logique, engoncé qu’il est dans ses querelles de personnes, au point d’avoir abandonné la gauche et l’extrême-gauche à l’hyper médiatique Olivier Besancenot. Ensuite, il reste le Mouvement Démocrate de François Bayrou avec un leader incontestable, mais un parti qui n’en finit pas de se mettre en place. J’espère en tant que militant que tout cela sera réglé à l’automne, et qu’à partir de ce moment on pourra de nouveau penser aux choses sérieuses, à savoir dessiner le type de société que nous voulons, affiner notre projet économique et social, et tracer les lignes pour gouverner le pays autrement. Ces sujets sont autrement plus sérieux que les questions de personnes ou de règlement intérieur.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)


Libres, enfin libres !

Par escatafal in Général - 3 jui, 2008

Libres, enfin libres ! La bonne nouvelle est tombée hier soir, et elle était d’autant plus bienvenue qu’apparemment personne ne s’y attendait, y compris dans les plus hautes sphères diplomatiques. En fait seuls les responsables colombiens savaient qu’ils allaient tenter un assaut,  pour libérer enfin quelques uns des otages retenus par les FARC, à commencer par la plus célèbre d’entre eux, Ingrid Betancourt. Cette dernière, ne l’oublions pas, était candidate à l’élection présidentielle en Colombie avant d’être enlevée,  il y a six ans et demi,  par un groupe révolutionnaire marxiste en guerre avec le pouvoir central depuis plusieurs décennies. C’est un beau succès pour le gouvernement colombien que l’on avait beaucoup critiqué, certains se demandant s’il avait réellement envie que les otages soient libérés. D’autres lui reprochaient de vouloir absolument une victoire par KO, ce qui signifiait pour lui la fin des FARC.

En tout cas, on ne peut que se réjouir que les efforts faits par les autorités colombiennes pour infiltrer les guérilleros aient réussi,  parce que d’une part certaines personnes captives depuis des années ont recouvré la liberté et d’autre part,  parce qu’il est permis d’espérer que les révolutionnaires des FARC finiront par se rendre compte que la révolution qu’ils prônent  appartient définitivement au passé. En tout cas, le président Uribe sort très renforcé de ce scenario à la James Bond,  où les otages se retrouvaient  libres  dans le même hélicoptère que celui qui était chargé jusque là de les surveiller. Un vrai coup de maître qui, à coup sûr, va lui valoir pour longtemps la reconnaissance des Colombiens, tout en lui conférant une autorité sur le plan international dont il manquait cruellement jusque là.

Quant aux otages ils vont rentrer chacun dans leur pays ou région, pour savourer ces instants de bonheur après une si longue captivité. Ingrid Betancourt,  pour ne citer qu’elle,  va venir s’installer en France pour quelque temps. Elle va enfin pouvoir vivre avec ses enfants, ce dont elle a été privée trop longtemps par la folie de gens qui s’imaginaient se maintenir dans leur pouvoir par la barbarie et la terreur. A ce propos, je comprends que certains aient pu s’émouvoir quand, il y a quelques semaines et hier soir encore,  le président de la République  avait offert une porte de sortie à ces révolutionnaires colombiens en échange de la libération des otages. Cela démontre que dans ces affaires, les choses sont beaucoup plus compliquées qu’elles n’y paraissent et qu’il ne sert à rien de vouloir jouer les apprentis-sorciers.

Et cela nous amène à évoquer le rôle joué par les différents gouvernements français depuis 2002. J’ai entendu Ingrid Betancourt remercier  Nicolas Sarkozy, mais aussi Jacques Chirac et  son ami Dominique de Villepin. Cela signifie que la France depuis février 2002, je dis bien 2002, a déployé beaucoup d’efforts pour la libération d’Ingrid Betancourt. Ces efforts n’ont pas été couronnés de succès, notamment quand l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin avait envoyé (en 2005) une mission secrète sans avertir personne pour tenter de la faire libérer discrètement. La mission avait échoué, ce fut même un véritable fisaco qui aurait pu tourner au désastre. Comme quoi les meilleures intentions...

En tout cas hier soir le bonheur était évident dans notre pays, et profitons de ce moment dans la période très difficile que nous vivons. On a même vu la classe politique unanime saluer cette libération sans montrer de signes évidents de récupération. Il n’aurait plus manqué que cela ! C’est la Colombie qui a libéré les otages qui vivaient sur son sol, un point c’est tout. De toute manière tout le monde était bien conscient  que la solution ne pouvait  venir que des Colombiens eux-mêmes. Dans ce cas le mieux était de les laisser faire, même si les solutions imaginées comportaient une part de risque, inhérente à ce genre d’affaires. Les Colombiens ont réussi, et c’est tant mieux pour les otages et sans doute aussi pour le peuple colombien. Quand à nous Français, il ne nous reste plus qu’à accueillir comme il se doit Ingrid Betancourt, notre compatriote, et à lui souhaiter longue vie. Nous aurons besoin d’elle dans les combats qu’elle mènera, notamment sur les questions liées à l’environnement où elle a toujours figuré en première ligne.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)


Nicolas Sarkozy explique l'Europe à sa façon

Par escatafal in Europe - 1 jui, 2008

Hier soir à la télévision Nicolas Sarkozy a donné un nouvel aperçu de sa personnalité à travers un sujet ô combien important,  puisqu’il s’agit de l’Europe. La France en effet va prendre la présidence de l’Union Européenne pour six mois,  et cela va faire une occupation supplémentaire à un président de la République française déjà passablement débordé. Est-ce une bonne chose ? Pour ma part j’eusse préféré que le calendrier fût différent et que cette présidence eût lieu avant l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Mais, il ne sert à rien de pleurer parce que les faits sont là, et il faut les accepter tels qu’ils sont.

Pourquoi je regrette que la présidence française intervienne à partir d’aujourd’hui ? Tout simplement parce que cela va être encore une occasion de déployer des écrans de fumée sur ce qui se passe réellement dans l’hexagone. On en a eu une nouvelle preuve hier soir puisque pour marquer le début de la présidence française, le président de la République s’était invité sur une chaîne du service public afin, semble-t-il,  d’expliquer les priorités de la présidence française, en réalité ses propres priorités.  Et de fait, si l’essentiel de son  temps était consacré à parler Europe, il n’en a pas moins continué à délivrer quelques messages à l’intention des Français en leur montrant que…si l’Europe offrait quelques avantages pour les Français, parfois les contraintes étaient telles qu’il comprenait leurs réactions parfois hostiles vis-à-vis  de Bruxelles. Bref, du Sarkozy dans le texte avec un mélange de soi-disant pragmatisme et de démagogie bien sentie, ce qui ne surprendra personne.

Cependant certains observateurs ne le connaissent manifestement pas encore. J’ai entendu ce matin un commentateur expliquant que Nicolas Sarkozy avait surtout cherché hier soir à rapprocher l’homme de la rue et les technocrates de Bruxelles. Mais ce n’est pas avec une phrase comme celle-ci qu’il y arrivera : « L’Europe inquiète et pire, je trouve, nos concitoyens se demandent si l’échelon national n’est pas mieux à même de les protéger que l’échelon européen ». On ne peut mieux faire pour nourrir l’inquiétude des gens, mais cela lui a permis d’en profiter pour dire une fois de plus qu’il voulait créer une Europe qui protège, et que c'était même sa véritable priorité pendant ses six mois de présidence.

Cela lui a permis aussi de rappeler quelques uns de ses thèmes favoris, par exemple sur la Banque Centrale Européenne qui devrait davantage s’occuper de la croissance, oubliant de préciser qu’avec des taux directeurs deux fois moins élevés les Etats-Unis font moins bien que la Zone euro sur ce plan. Il a aussi réclamé plus de liberté pour les Etats dans la fixation de leurs impôts, rappelant au passage que depuis des années la France demandait une TVA de 5,5% sur la restauration. Là aussi, le président de la République s’est bien gardé de dire que cette mesure, si elle était acceptée, creuserait encore un peu plus des déficits qui deviennent insupportables.

Dans le même ordre d’idées, il a renouvelé sa demande de limitation des taxes sur les carburants que Bruxelles et ses partenaires ont rejeté il y a quelques jours à peine. Bref, tout est bon pour montrer aux Français que si les affaires ne vont pas bien c’est…la faute des autres et notamment de l’Europe. Cette Europe qui d’ailleurs ne sait pas protéger ses frontières, notamment vis à vis de ceux qui veulent s'y installer, pas plus que de ses concurrents, en acceptant que trop de produits pénètrent dans l’Union sans contrepartie. Mais s’il a dit cela, c’est aussitôt pour rajouter que l’Europe c’est 500 millions d’habitants, ce qui implique « qu’on est beaucoup plus forts » et que « c’est bien pour cela qu’on a besoin de l’Europe ».  Si quelqu’un peut se retrouver dans ce malstrom, il a bien de la chance.

A ce propos, je serais curieux de savoir comment Nicolas Sarkozy « vendrait » aujourd’hui un référendum sur l’Europe, lui qui sait si bien donner la leçon aux Irlandais. On avait d’ailleurs pu observer son relatif manque d’engagement sur la consultation à propos de la Constitution Européenne, misant apparemment sur un NON qui affaiblirait un peu plus Jacques Chirac (rien que de l'idéologie!). En fait, sur l’Europe, comme sur la politique intérieure, avec Nicolas Sarkozy il y a le fond et la forme. Et chacun sait bien que chez lui le fond ne compte pas,  et c’est ce qui excède le plus ses partenaires européens ou ses adversaires politiques.

Notre président de la République est un partenaire égoïste et un adversaire fuyant parce que tout débat  est impossible avec lui. Sa personnalité, son peu d’attrait pour la culture du compromis font craindre une présidence française à la fois arrogante et peu ambitieuse pour l’Europe elle-même. Les chefs d’Etat et de gouvernement européens savent au fond d’eux-mêmes que la France ne respectera pas ses engagements budgétaires, que son président  accentuera ses critiques contre la BCE et plus généralement contre les institutions européennes, tout cela pour se dédouaner sur sa politique intérieure.

Décidément notre pays, comme l’Europe, n’ont pas fini de regretter le choix fait l’an passé au moment de l’élection présidentielle. Et le pire est qu’en France la voix de l’opposition est  tellement peu audible, avec les querelles de personnes au Parti socialiste, ou étouffée afin que François Bayrou ne puisse s’exprimer, que c’est aujourd’hui Olivier Besancenot qui incarne l’image de la résistance au sarkozysme. Combien de temps un pays comme le nôtre pourra-t-il accepter de telles impostures ?

Michel Escatafal


Le président de la République s’empare de tous les leviers de commande

Par escatafal in politique française - 28 jui, 2008

 Une fois encore Nicolas Sarkozy fait  la une des journaux de son pays et de l’étranger. Et  cette fois parce qu’il est en train de mettre la main sur ce qui pouvait lui échapper encore un tout petit peu, l’audiovisuel public. Sur ce plan il va finir par surpasser Silvio Berlusconi lui-même, pourtant propriétaire de plusieurs médias importants, mais qui n’aura jamais semble-t-il la même mainmise sur l’ensemble des médias de la péninsule, faute d’avoir pu  s’emparer totalement de la RAI, ce qui au demeurant apparaît quasiment impossible.

Bien entendu pour ce qui concerne Nicolas Sarkozy et la France, on ne nous empêchera pas de parler de dérive autoritaire dans un contexte d’extrême concentration des pouvoirs. D’autres plus indulgents ou amis avec lui,  affirment qu’en fait le président de la République ne fait qu’assouvir son désir de se mêler de la gestion du personnel, y compris dans des secteurs qui théoriquement  devraient être indépendants de la politique. Comme si les difficultés que rencontre en ce moment notre pays n’étaient pas suffisantes sans déclencher, inutilement et dérisoirement, des querelles franco-françaises. A moins que ces querelles ne cherchent précisément à masquer l’essentiel. Pourquoi pas, avec Nicolas Sarkozy on peut s’attendre à tout.

A propos de gestion du personnel, il paraît qu’il aurait dit un jour devant un parterre de patrons « qu’il se verrait bien directeur des ressources humaines ». Je ne suis pas sûr que ces patrons l’aient bien pris au sérieux car si tel était le cas, je souhaite bien du plaisir à celui qui l’embaucherait à ce poste. S’il y a bien un homme qui n’est pas fait pour cette fonction c’est bien Nicolas Sarkozy, et les exemples fourmillent dans ses fonctions de tous les jours pour montrer qu’il fait rarement les bons choix. Il y a surtout une chose qu’oublie le président de la République, c’est qu’une entreprise ne doit pas être gérée comme l’UMP. Sur ce plan, soyons honnêtes, il a quand même beaucoup à apprendre de Silvio Berlusconi. Et en plus, comme je l’ai rappelé il y a encore quelque jours, il n’a pas la baraka contrairement au président du Conseil italien.

Tout ce qu’il touche en ce moment est voué à l’échec, jusques et y compris dans les domaines les plus futiles. En disant cela je pense au fait qu’on lui a prêté un rôle décisif dans la décision de recruter…Lilian Thuram au Paris-Saint-Germain, dont il est paraît-il un fervent supporter. Et qu’arrive-t-il ? Et bien pour la première fois de sa carrière, on découvre chez l’ancien capitaine des Bleus une malformation cardiaque qui entraîne de facto l’annulation de ce transfert. Reconnaissons qu’après une succession sans précédent d’échecs diplomatiques, sans parler des multiples problèmes engendrés par des décisions prises seul et à l’emporte-pièce, tout cela donne de Nicolas Sarkozy l’image « d’un parfait looser » dont il savait si bien moquer les autres il y a quelques mois encore.

Plus grave encore, faute sans doute d’une vision approfondie des dossiers, on ne compte plus les interventions intempestives du président de la République  sur des sujets aussi divers que la pêche, l’agriculture, la justice, l’enseignement  ou les relations sociales. Combien de fois Nicolas Sarkozy a-t-il été pris en flagrant délit d’ignorance d’une loi qu’il avait parfois lui-même faite voter à l’époque où il était ministre ? Combien de fois a-t-il déclenché l’ire de la Commission Européenne en demandant des dispositifs d’aide contraire à ceux qu’il avait approuvé peu de temps auparavant ?  

Cela dit les thuriféraires du pouvoir nous disent que cet interventionnisme débridé est la marque de sa volonté d’agir toujours et partout. "Il se trompe peut-être", nous disent-ils,  "mais c’est parce qu’il travaille". Désolé Messieurs, mais on a connu dans le passé des gens qui travaillaient beaucoup et qui connaissaient à fond leurs dossiers. Il est vrai qu’on ne les voyait pas partout à la fois. Les mêmes affirment aussi, sans rire,  que son obsession c’est d’avoir tous les meilleurs autour de lui. Là aussi, sans être cruel, on se contentera de rappeler les multiples dysfonctionnements d’un gouvernement qui, à en entendre certains, était considéré il y a moins d’un an comme une véritable « dream team », le mot ayant été employé çà et là. En tout cas, la dream team (la vraie) a obtenu des résultats sans aucune comparaison avec les multiples échecs d’une équipe ministérielle qui accumule gaffes et impairs.

Espérons simplement, sans trop y croire, que la télévision publique ne subira pas le sort qui l’attend avant que Nicolas Sarkozy ne quitte le pouvoir. Oh certes, ce dernier a promis qu’il n’y aura pas de privatisation dans l’ensemble qui compose France Télévision, mais qui peut accorder foi aux propos d’un homme qui n’a cessé de faire des promesses intenables avant son arrivée au pouvoir, et qui ne cesse de prendre des décisions dont il n’avait jamais parlé auparavant.

Espérons aussi que l’opposition dans son ensemble se comporte comme une vraie opposition, que les partis qui la composent ne passent pas leur  temps à se déchirer en vaines querelles de personnes, et ne se contentent  pas de laisser à l’opinion le monopole de la contestation, comme on a pu le voir encore ces jours-ci à propos du non remboursement des produits des médicaments pour maladies de longue durée.  En tout cas j’espère et je veux que l’on puisse compter sur le MoDem pour jouer ce rôle.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)


Il faut garder l'espoir...

Par escatafal in sport - 27 jui, 2008

En ce moment se déroule le tournoi de Wimbledon, et je voudrais en profiter pour dire que j’apprécie de voir en clair quelques parties avec Canal+ Sport. Cela fait du bien d’autant qu’on y voit des Français, mais pas seulement puisqu’avant-hier soir c’était Roger Federer lui-même qui était sur le court. Cela signifie que l’on peut sans problème faire plaisir aux téléspectateurs en dehors de Roland-Garros et de la Coupe Davis…si la France est encore en course. N’est-ce pas France Télévision ?

 Après cette énième mise au point, essayons de voir quels sont les espoirs français dans le plus prestigieux des tournois du Grand Chelem. En fait, ils se résument à Richard Gasquet, tellement le joueur est doué et capable de battre n’importe qui…s’il est en confiance. Pour autant peut-il battre à la fois Federer et Nadal, parce qu’une victoire dans le tournoi britannique en passera  par là. Difficile a priori, mais sait-on jamais ? En tout cas si cela devait se réaliser, je pense que la France tiendrait enfin son numéro 1 mondial, ce qui ne lui est jamais arrivé chez les hommes.

Il faut en effet séparer dans notre pays les hommes et les femmes, car ces dernières ont obtenu depuis les débuts de l’ére Open (1968) des résultats que les hommes n’ont jamais eus. En y incluant Françoise Durr qui a gagné Roland-Garros en 1967, les Françaises ont quand même obtenu 5 titres dans des tournois du Grand-Chelem grâce à Mary Pierce (France et Australie) et Amélie Mauresmo (Australie et Grande-Bretagne). En comparaison les statistiques chez les hommes sont faméliques. Depuis 1968, un seul titre : Noah en 1983 à Roland-Garros. En remontant jusqu’en 1946, outre Noah, une victoire cette année-là avec Marcel Bernard à Roland-Garros et une autre à Wimbledon avec Yvon Petra…et c’est tout. C’est maigre en comparaison de pays comme les Etats-Unis, l’Australie, la Suède, l’Allemagne, l’Espagne ou la Suisse.

Ces pays il est vrai ont eu la chance d’avoir pendant des années un numéro un mondial qui, évidemment, a tiré les autres joueurs de niveau international vers le haut. En enlevant les Etats-Unis et l’Australie, qui ne comptent plus leurs très grands champions (Sedgmann, Hoad, Rosewall, Cooper, Laver, Emerson, Newcombe pour l’Australie, et Seixas, Trabert, Olmedo, Smith, Connors, Mac Enroe, Sampras, Agassi pour les Etats-Unis), on observe que l’ère Borg en Suède a été suivie de l’ère Wilander puis Edberg. Derrière Becker en Allemagne, il y a eu Stich. Quant à l’Espagne, elle avait déjà dans les années 60 un numéro 1 mondial chez les amateurs, Manuel Santana qui a gagné 2 fois Roland-Garros,  plus Wimbledon et Forest-Hills (Internationaux des Etats-Unis avant Flushing Meadow). Ensuite il y eut notamment Orantes, Gimeno, Bruguera, Ferrero et Nadal. La France hélas n’a jamais eu chez les hommes un numéro 1.

Pourtant Henri  Leconte, pour ne citer que lui, aurait dû être celui-là, mais faute sans doute d’une motivation inversement proportionnelle à ses extraordinaires dons naturels,  il n’a pas réalisé la carrière à laquelle il pouvait aspirer. Certains ont dit que Si Leconte avait été américain ou australien, il aurait pu faire une carrière à la Mac Enroe, gaucher comme lui. On ne le saura jamais, mais personne n’a oublié qu’il a toujours réalisé ses plus grands exploits contre des joueurs qui ont dominé leur époque. N’oublions pas qu’il a été longtemps la bête noire de Lendl (8 victoires dans les tournois du Grand-Chelem) et qu’il a écrasé Sampras lui-même en finale de la Coupe Davis en 1991, alors qu’il relevait d’une opération pour hernie discale.

Alors il nous reste à espérer qu’un jour,  un joueur  français confirmera sur le plan international ses performances en junior. Les Français accumulent les vainqueurs de grands tournois… en juniors, mais ceux-ci calent toujours ou presque une fois arrivés chez les grands. Question de culture ? Peut-être, mais cette malédiction qui frappe les espoirs français finira bien par s’arrêter un jour, comme cela a été le cas chez les filles. Alors plus que jamais il faut croire en Gasquet, le plus doué de tous et de très loin, car j’en ai assez d’entendre parler de ce  Roland-Garros 1983, même si le jour de la finale j’étais très heureux. En plus, on n’a vraiment pas eu de chance, car le seul Français qui ait participé à deux finales de tournois du Grand-Chelem depuis l’époque des Mousquetaires dans les années 20, Cédric Pioline en 1993 à Flushing-Meadow et en 1997 à Wimbledon, est tombé chaque fois sur un des  plus grands joueurs du siècle (Sampras).

Michel Escatafal  (michel.escatafal@orange.fr)


La crise des institutions européennes arrange beaucoup de monde

Par escatafal in Europe - 26 jui, 2008

Finalement ce NON irlandais au Traité de Lisbonne ne dérange pas autant qu’on aurait pu le croire. En fait ce NON n’a fait que confirmer la crise institutionnelle dans laquelle vit l’Union Européenne depuis des années. Et cette crise ne pouvait que s’amplifier à partir du moment où on enrôlait presque de force les pays autrefois sous domination communiste. Ces derniers dans leur ensemble n’étaient pas prêts à entrer dans l’Union dans la mesure où ils ne voyaient que les avantages que pouvaient leur offrir une adhésion, sans toutefois en mesurer les conséquences en ce qui concerne le respect des règles communautaires.

Cela étant, il ne faut surtout pas faire à propos du Traité de Lisbonne ce que certains suggèrent, à savoir imposer aux Irlandais, et peut-être ensuite aux Tchèques, un ultimatum en leur disant « c’est à prendre ou à laisser ». D’ailleurs pourquoi le ferions-nous, alors que deux membres fondateurs de l’Union (France et Pays-Bas) n’ont pas ratifié le projet de Constitution européenne en 2005. En fait, il faut surtout complètement repenser le fonctionnement de cette Union Européenne qui est en train de devenir une énorme machine, que plus personne ne peut faire avancer tellement sont nombreux les pays…qui ne veulent pas qu’elle avance.

En disant cela je pense évidemment aux multiples dérogations concédées aux Britanniques, aux Polonais, aux Danois, pour montrer que l’Europe continue sa route malgré toutes les difficultés. Et bien non ce n’est pas la bonne méthode, car on ne peut pas être dans l’Union Européenne pour les avantages que l’on peut en tirer et ne pas y être quand il y a un sujet qui fâche. C’est pourtant ce que l’on ne cesse de faire,  et je pense que c’est cela qui est le plus paralysant pour les institutions. A ce propos, n’est-il pas curieux de constater que c’est dans le seul domaine où il n’y a pas de dérogations, l’union économique et monétaire, que l’Europe est une entité vraie. Et pourtant les obstacles ne manquaient pas pour arriver à la nécessaire convergence entre Etats ayant des politiques fiscales très différentes.

Seulement, en ce qui concerne l’union économique et monétaire, il y a un organisme centralisateur qui gère la politique monétaire en toute indépendance, à savoir la Banque Centrale Européenne. Oh certes, celle-ci ne se fait pas que des amis au sein de la Zone euro, mais ses dirigeants maintiennent le cap contre vents et marées. La France, pour ne citer qu’elle,  est payée pour le savoir à cause de ses finances publiques, mais ce ne sont pas les rodomontades de Nicolas Sarkozy qui vont faire fléchir le Conseil des gouverneurs. Preuve, si besoin en était, que ce n’est pas parce que ce Conseil est formé de gens non élus qu’il ne travaille pas au mieux des intérêts de la Zone. Au contraire dirions-nous, c’est  parce qu’ils sont indépendants du pouvoir politique, et irrévocables  par ces mêmes politiques pendant la durée de leur mandat, qu'ils travaillent en toute sérénité.

Ils peuvent d’autant plus le faire que l’adhésion d’un pays à la Zone euro n'est possible que sur des critères extrêmement précis. On ne peut pas être à la fois dans la Zone euro et ne pas y être. Les Britanniques, les Suédois, les Danois, n’ayant  pas voulu accepter toutes les règles relatives à l’union monétaire s’en sont exclues automatiquement. L’adhésion à l’Union Européenne devrait relever des mêmes contraintes. A ce propos, le seul fait que l’on ait accepté que la Pologne dispose d’un délai pour se soumettre aux dispositions du Traité de Lisbonne, indiquait déjà que ce dernier était mort-né.

Mais revenons à ce qui s’est passé lors du dernier sommet et des mesures qui y ont été décidées ou pas. On a finalement décidé d’attendre pour voir les suites à donner au NON irlandais, ce qui est une sage décision. En revanche on a essayé de parler beaucoup plus concrètement en ce qui concerne le porte-monnaie des Européens, même si de ce coté là il ne fallait pas attendre de miracles, car ce n’est pas la Commission Européenne ou le Conseil Européen qui fixe  les prix du marché mondial. Et de miracle il n’y a pas eu, car chacun a essayé vainement d’imposer ses solutions. France, Royaume-Uni et Bulgarie par exemple, souhaitent plutôt privilégier l’option nucléaire plutôt que les énergies renouvelables à l’instar de ce que souhaitent les Allemands, il est vrai très en avance dans ce domaine.

En revanche la Commission Européenne va proposer diverses solutions pour venir en aide aux 16 millions d’Européens vivant sous le seuil de pauvreté. Elle va aussi proposer des solutions pour les secteurs les plus en difficulté comme la pêche. Mais elle a aussi souligné qu’il s’agit d’abord d’économiser l’énergie et d’en diversifier les sources d’approvisionnement pour être moins dépendants de l’extérieur, ce qui avait manifestement échappé à Nicolas Sarkozy qui voulait plafonner le montant de la facture pétrolière sur lequel est perçue la TVA.  Bref on compte sur l’imagination de la Commission pour…masquer l’ampleur des désaccords y compris pour l’aide aux populations les plus pauvres, chacun défendant comme d’habitude son pré-carré national  et électoral.

En résumé, je redis une fois encore que l’Union Européenne ne pèsera de tout son poids dans la vie de ses habitants que si les Etats qui la composent parlent  d’une même voix. Cela nous a permis d’avoir une monnaie forte avec tous les avantages que cela procure. En revanche, l’Europe que l’on veut nous imposer ne répond nullement aux besoins de ses citoyens, et ils le font savoir chaque fois qu’ils en ont l’occasion. Mais s’ils en sont réduits à cette extrémité, sans répondre à la question qui leur est posée, n’est-ce pas parce que les politiques ont failli dans leur tâche,  aveuglés qu’ils sont par la vision purement électoraliste de leur réflexion personnelle ? Là est tout le problème.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)


Vous êtes impatients ? Nous aussi de vous voir quitter le pouvoir

Par escatafal in économie - 24 jui, 2008

Pendant que Nicolas Sarkozy fait son show en Israël, avec Carla qu’il ne faut pas surtout pas oublier nous dit-on, pendant que le gouvernement Fillon consacre 4,3 millions d’euros à expliquer sa politique,  ce qui démontre à l’évidence qu’elle n’est pas lisible, on nous prévient à l’OCDE que le ralentissement économique observé ces derniers mois devrait « se généraliser » à presque toutes les grandes zones,  en raison notamment du marasme sur l’immobilier et de la flambée des prix des matières premières. L’OCDE nous explique aussi dans son dernier rapport que si la crise financière commence à appartenir au passé, ses conséquences n’ont pas fini de s’en faire ressentir « et que de nouvelles perturbations ne peuvent être exclues ». Dit autrement, cela signifie que si pour les banques on peut passer à autre chose, il n’en est rien en ce qui concerne les autres entreprises et les particuliers.

Raison de plus pour se demander  pourquoi  le gouvernement essaie à tout prix de nous « vendre » son action en ce qui concerne le pouvoir d’achat, sachant bien entendu que personne n’en croira un mot. C’est d’ailleurs une nouvelle forme  d’exception française que cette manie qu’a le pouvoir de vouloir nous faire passer pour des imbéciles. Partout dans le monde, les responsables politiques indiquent que les indicateurs conjoncturels sont dans le rouge… sauf en France où l’on essaie de nous convaincre que nous habitons un îlot de prospérité avec des frontières bien étanches. Cela nous fait penser au nuage de Tchernobyl, en 1986, qui s’était arrêté le long du Rhin et qui par conséquent n’avait pas pénétré dans notre territoire.

En attendant, quoiqu’en disent nos gouvernants, le prix élevé du pétrole pèse de plus en plus sur le moral des entrepreneurs. En Allemagne, malgré un niveau d’exportations record, les patrons sont extrêmement inquiets sur l’activité dans les six mois à venir. Le Japon est dans une situation similaire puisque l’indice de confiance des patrons a atteint son plus bas niveau depuis 2004. La France pour sa part n’est pas en reste  si l’on en croit l’indice composite PMI, qui synthétise l’activité des secteurs des services et manufacturiers, celui-ci  ressortant  à son plus bas niveau depuis cinq ans. Mais chut, il ne faut pas le dire ! L’important c’est d’entendre le slogan « Pouvoir d’achat : vous êtes impatients ? Nous aussi ». Mais pour qui nous prend-on ?

Une chose est sûre : l’OCDE abaisse ses prévisions de croissance à peu près partout dans le monde développé, et notamment aux Etats-Unis qui devraient enregistrer une « croissance négative », si j’ose employer l’expression, au 2è trimestre de cette année. Les Etats-Unis subissent en ce moment tous les tourments liés à une récession avec une crise du marché immobilier, une forte inflation avec notamment une augmentation sans fin du prix des carburants, ce qui  pèse  sur la consommation,  et une baisse des dépenses d’investissement. La zone euro est affectée également par ces difficultés, à un degré moindre toutfois, au point que la croissance prévue pour 2008 est abaissée à 1, 7% contre 1,9% précédemment et surtout à  1,4% en 2009 contre 2% prévus  dans  la précédente estimation en mars.

Dans ces conditions on se demande encore une fois pourquoi le président de la République ou le Premier ministre ne nous disent pas la vérité. D’autres l’ont fait avant eux et en sont sortis grandis, comme par exemple Raymond Barre à la fin des années 70. Quand on dit la vérité aux gens, c’est à coup sûr le meilleur moyen de leur faire admettre que des efforts (partagés) doivent être faits,  et que cela nous permettra de sortir plus fort de la crise que nous subissons. Mais peut-on attendre cela de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement ? Hélas non, car on a décidé une fois pour toutes de cacher la vérité aux Français qui, pourtant, sont loin d’être les premiers fautifs dans ce qui leur arrive.

Ils le sont quand même, mais c’est pour avoir fait confiance à un homme  qui n’avait pour seul but que conquérir le pouvoir pour lui et ses amis. Ce n’était pas une erreur, mais une faute d’autant que le personnage en question, Nicolas Sarkozy, avait été numéro deux du gouvernement pendant quatre des cinq dernières années, sans succès notable.  Maintenant, nous en subissons les conséquences, qui plus est dans une conjoncture mondiale très difficile. J’espère me tromper, mais j’ai l’impression que nous allons avoir une fin de quinquennat très difficile d’autant que rien n’aura été fait pour préparer l’avenir. La succession sera à coup sûr très difficile,  et c’est une raison supplémentaire de s’y préparer avec  la dernière énergie, hors de toutes les bisbilles politiciennes. Mes amis politiques savent ce que je veux dire. Mais ne suis-je pas trop raisonnable ?

Michel  Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)


Libération sous le charme...

Par escatafal in Général - 21 jui, 2008

En lisant la couverture de Libé ce matin sur laquelle figure en grand Carla Bruni-Sarkozy, j’avoue que je suis de plus en plus perplexe à propos de ce journal qui, comme tant d’autres,  semble être tombé sous le charme de cette dame…parce qu’elle est à la fois l’épouse du président de la République et « épidermiquement » de gauche. Voilà une nouvelle qui va rassurer les milieux populaires !

En effet, si Madame Sarkozy est tellement de gauche, comment peut-elle approuver l’action de son président de mari qui, pour sa part, est tellement de droite ? Comment par exemple  exonérer aussi facilement l’ami de son mari, Brice Hortefeux,  des mauvais coups qu’il distribue chaque jour aux immigrés sans papiers donc à des gens qui, théoriquement, devraient retenir prioritairement l’intérêt des gens de gauche ? Comment peut-on être de gauche et vivre sans se soucier réellement du sort réservé à des milliers de gens qui voient leur usine fermer ou délocaliser ? Certes elle dit bien qu’elle ne sent pas militante (qui en aurait douté ?) et qu’elle n’a jamais beaucoup voté, mais tout cela ressemble à une pantomime soigneusement mise en scène par Libération.

A propos, on pourra noter qu’ils étaient cinq journalistes, pas un de mois, pour recueillir les confidences de la dame. A croire que la presse d’opinion est tombée bien bas pour assurer à la fois la promotion du dernier disque d’une chanteuse jusque là assez inconnue, et aussi la justification de la politique du mari de cette chanteuse,  le président de la République. Désolé, mais je me refuse à tomber dans le panneau, et si la gauche est dans l’état où elle est,  c’est parce que ceux qui sont censés la défendre en sont réduits à se glorifier de compter dans leurs rangs une fille de la grande bourgeoisie qui vit comme une grande bourgeoise, ce que d’ailleurs je ne lui reproche pas. C’est sans doute cela être « épidermiquement » de gauche, mais avec de tels défenseurs la droite libérale et populiste a de beaux jours devant elle.

Un dernier mot enfin, que faire devant tant d’arrogance futile ? Là est toute la question. Certes on peut toujours s’indigner ici ou là, mais la grande écoute se fait à la télévision et dans quelques journaux, dont Libération. Alors, il faut souhaiter que le peuple,  de droite, de gauche, ou d’ailleurs, en arrive à se poser la question de savoir où tout cela le mène. Il a tous les  jours  les réponses du pouvoir chaque fois que surgit un nouveau problème : on supprime, on casse, on libéralise.

Combien de temps faudra-t-il aux gens pour qu’ils réalisent que la droite sarkozienne, comme la gauche dite socialiste (type Libération) n’ont rien d’autre à proposer que cette société où règnent les inégalités les plus criantes, où l’ascenseur social ne fonctionne plus, où la solidarité n’est plus de mise. Une société enfin où Carla Bruni-Sarkozy est considérée par un journal de gauche comme authentiquement de gauche. A pleurer !

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)


Ils ne parlent pas, mais ils agissent

Par escatafal in économie - 20 jui, 2008

Pendant que notre président de la République s’agite comme d’habitude à chaque sommet européen, les nouvelles économiques en provenance de certains pays, notamment le nôtre, ne sont pas bonnes. Certes, Madame Lagarde affirme la main sur le cœur que l’INSEE est beaucoup trop pessimiste en prévoyant une croissance de 1,6%, mais en fait elle ne dément pas vraiment les prévisions de notre institut de statistiques. Par ailleurs, ce dernier n’est pas le seul à prévoir une croissance de cet ordre. Il va donc falloir que Nicolas Sarkozy aille de nouveau chercher cette croissance. Comment ? Pas avec les dents puisque manifestement ce n’est pas suffisant. Alors avec quoi ?

Trêve de plaisanterie car cela n’est pas drôle, d’autant qu’avec une croissance nettement inférieure à 2% nos déficits et donc la dette ne peuvent qu’augmenter. Mais de cela personne ne parle en ce moment. Le sujet pour notre président c’est d’abord la présidence européenne que va la France va exercer jusqu’au 31 décembre, et bien entendu Nicolas Sarkozy comme toujours va essayer de se montrer  le plus possible pendant cette période, ne serait-ce que pour faire oublier le non-respect de nos engagements européens. Et de fait, même s’il n’est pas encore en poste, certains de ses collègues européens commencent à le trouver quelque peu encombrant, notamment à propos du vote négatif des Irlandais au Traité de Lisbonne. J’ai même entendu sur France 24, pourtant peu suspect d’antisarkozysme primaire, que les chefs de gouvernement européens trouvaient que Nicolas Sarkozy faisait preuve d'un excès d'empressement pour régler la crise européenne.

Nicolas Sarkozy se comporte à Bruxelles comme à Paris, et pour lui l’agitation sert de cadre à la politique. Hélas, ce n’est pas comme cela qu’on arrive à régler les problèmes. L’exemple allemand est là pour le prouver et notre président ferait bien de s’en inspirer. Angela Merkel parle peu, ne s’agite pas davantage, mais cela n’empêche pas l’influence de l’Allemagne de s’accroître au contraire…de la France. Prenons le cas de l’énergie, par exemple, et nous verrons que l’Allemagne sans Grenelle de l’Environnement a pris beaucoup d’avance sur tous les autres pays de l’Union.

Ainsi la part de l’énergie renouvelable a doublé entre l’année 2000 et 2008, passant de 3% à près de 7% de toute l’énergie, et la part de l’énergie verte (solaire et éolien) atteint 15% de toute l’électricité. Ces efforts auxquels Gerhard Schroeder, prédecesseur d'Angela Merkel, doit être associé ont permis d’occuper 250.000 personnes dans le secteur des nouvelles énergies. Voilà du concret et non des effets d’annonce !  Mieux même,  le moment venu c’est-à-dire quand l’Union Européenne va se pencher sur la mise en œuvre de ses résolutions, l’Allemagne va servir une nouvelle fois de modèle avec l’avance technologique que lui confèrent ses réalisations. Parions que les énergies vertes seront le prochain moteur de la croissance de notre grand voisin rhénan.

Sur un plan plus général, l’économie allemande est la seule à presque se réjouir de l’augmentation des coûts de l’énergie, un peu comme lors du premier choc pétrolier en 1974. A cette époque en effet, la machine économique ouest-allemande avait pleinement bénéficié des énormes  efforts d’investissement de ses entreprises, effort rendus nécessaires par la réévaluation du Mark en 1969. Et c’est elle qui profita le mieux des pétrodollars des pays du Golfe. Aujourd’hui, il semble que ce soit de nouveau le cas, d’autant que les pays exportateurs de pétrole dépensent presque intégralement l’argent qu’ils ont obtenu de la vente de l’or noir, ce qui n’était pas le cas en 1974. En tout cas en avril, les exportations allemandes ont progressé de 14% par rapport à la même période de l’année passée.

Les produits « made in Germany » s’arrachent sur les marchés en forte croissance chinois, russes ou arabes et tout cela, n’en déplaise à Nicolas Sarkozy, malgré l’euro fort. Tous les secteurs sont concernés par cette croissance des exportations, fruit du gros effort fait dans la recherche et le développement ces dernières années.  Même dans la zone euro, la progression des ventes en provenance des entreprises allemandes s’est accrue de 10%. Sur un plan plus général l’Allemagne reste le seul pays de l’OCDE dont la part dans les exportations mondiales n’a pas reculé, contrairement aux Etats-Unis, au Japon…et à la France. Tout cela ayant pour corollaire une nouvelle nécessité d’investir dans des investissements de croissance. Bref, les responsables allemands ne passent pas leur temps à annoncer des Grenelle de toutes sortes, mais ils agissent et les entreprises leur emboîtent le pas.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)


"Ensemble tout est possible"...oui mais pour quelques uns seulement

Par escatafal in politique française - 18 jui, 2008

Il y a un mot que Nicolas Sarkozy aimait bien employer pendant sa campagne électorale présidentielle, la baraka. Et bien apparemment il l’a perdue,  comme le peuple français a perdu ses illusions en confiant les rênes de son pays à un personnage qui n’est pas, et ne sera jamais un homme d’Etat. Pourquoi dis-je cela en introduction ? Tout simplement parce que tout ce que le chef de l’Etat touche de près ou de loin fait fiasco. Prenons le domaine du sport si cher aux habitants de notre pays : rien ne marche pour nos équipes nationales depuis un an. La Coupe du Monde de rugby est loin d’avoir eu l’apothéose attendue, en raison notamment d’un premier match contre l’Argentine qui avait vu les Français jouer à l’envers. Certains avaient attribué cette faillite à la lecture de la lettre de Guy Moquet imposée juste avant le match par le sélectionneur, futur ministre, Bernard Laporte.

Il y a quelques jours, à Clairefontaine, Nicolas Sarkozy est allé rendre visite aux footballeurs qui préparaient leur Championnat d’Europe des Nations. Le fiasco est encore plus retentissant, puisque hier soir les Français ont été éliminés au premier tour de la compétition. Il reste à espérer qu’il ne rendra pas visite aux participants aux Jeux Olympiques, les cyclistes, les nageurs, les athlètes, les handballeurs, les kayakistes etc. sous peine de leur attirer la poisse, et de briser les espoirs de médailles dont ils sont porteurs. Nous pourrions continuer jusque dans la politique étrangère où il suffit que Nicolas Sarkozy soit parmi les principaux protagonistes d’une idée, par exemple le traité de Lisbonne, pour que celle-ci ne soit pas validée.

Arrêtons-là, car cela finirait par ne pas faire très sérieux, mais en disant cela est-ce que je ne me comporte pas comme le président de la République ? Avec lui, nous disait-il, tout était possible qu’il s’agisse du pouvoir d’achat dont il devait être le champion, de la croissance qu’il devait aller chercher avec les dents, des relations sociales dont il se voulait le chantre comme héritier de Jaurès etc. Bref, comme avait dit Jack Lang en 1981, on devait passer de « l’ombre à la lumière ». Hélas, pas plus qu’en 1981-1982, la lumière n’a guère jailli au cours des 12 ou 13 premiers mois d’un quinquennat qui s’annonce déjà désastreux sur bien des points.

Cela étant, si l’on avait pu reprocher à François Mitterrand et son gouvernement une démagogie extrêmement coûteuse, après une période où l’on avait fait beaucoup d’efforts pour rétablir les équilibres fondamentaux de notre pays, cette démagogie avait pour but d’essayer de donner un peu plus à ceux qui avaient le moins. C’était en tout cas le fil conducteur affiché par nos gouvernants de l’époque. Aujourd’hui, en revanche, tout est fait pour que ceux qui ont le moins, qu’il s’agisse des chômeurs, des retraités, des handicapées, des malades…aient encore moins. Toutes les décisions qui sont prises vont dans le même sens : toujours moins pour ceux-là, et toujours plus pour les riches amis du président.

Le pire est que toutes ces décisions, prises à la va-vite et à l’emporte-pièce, ne règleront en aucun cas le problème de nos finances publiques. La preuve, on taille dans les budgets et chacun sait que nos déficits vont perdurer, au moins jusqu’en 2012 nous dit-on, et donc notre endettement va continuer à s’accroître, ce qui veut dire que le poids de la dette sera plus lourd. Point n’est besoin de faire une grande démonstration. Cela n’empêche pas le président de la République de faire des tas de promesses à …échéance 2020. Comme personne ne s’en souviendra à cette époque, cela ne coûte rien d’annoncer des milliards de dépenses comme Nicolas Sarkozy l’a fait hier dans le cadre de la réorganisation de l’armée.

Personne ne sait où nous trouverons tous ces milliards d’euros pour moderniser notre armée, mais ce dont on est sûr c’est que celle-ci va subir une sévère cure d’amaigrissement. Pourquoi pas après tout, mais dans ce cas reconnaissons une fois pour toutes que nous ne sommes plus une grande puissance, contrairement à ce qu’a dit Nicolas Sarkozy. Et dans ce cas aussi, mettons toute notre énergie à faire cette Europe de la défense sans laquelle nous resterons dépendants des Etats-Unis, dont on peut se demander par ailleurs s’ils pourront continuer à faire les efforts nécessaires pour assurer la sécurité du monde occidental.

Nous n’allons pas rentrer dans les détails de ce plan, sinon pour en souligner les contradictions dans la droite ligne de ce qu’a toujours fait Nicolas Sarkozy, qu’il s’agisse du ministre ou du président de la République. On affirme, on promet, mais on commence à agir en cassant ce qui existe. Loin de moi l’idée de dire que l’aménagement du territoire doit se faire par l’intermédiaire de l’armée. Mais avant de rayer d’un trait de plume casernes ou bases, comme on l’a fait pour la carte judiciaire, peut-être pourrait-on envisager des solutions (industrielles ou autres)  pour assurer la transition dans ces villes,  pour ne pas dire parfois dans ces villages, qui ne vivent que par, pour et avec l’armée.

Evidemment, pour cela il aurait fallu étudier le problème pendant quelques mois, voire quelques années, mais l’aménagement du territoire ne peut se faire qu’avec les populations concernées et non contre elles. Le pire est que ce qui a été fait pour la carte judiciaire, ce qui est fait pour l’armée, le sera aussi pour nombre de services publics. Pour quel résultat ? Pour assurer son rang à la France, comme l’a dit hier Nicolas Sarkozy. Mais le rang de la France passe-t-il nécessairement par la casse de ses services publics ?

En réalité, chacun sait que notre pays est confronté à un problème insoluble, à savoir des dépenses excessives pour avoir un budget en équilibre, comme nous le demande Bruxelles. Alors on choisit la facilité comme hélas tous nos gouvernants l’ont fait depuis le début des années 80. C’est tellement plus commode de radier des chômeurs ou de fermer des écoles ou des tribunaux que de faire une réforme fiscale plus juste. « Ensemble tout est possible » disait Nicolas Sarkozy, mais ce slogan racoleur s’adressait à une infime minorité de la population, même si nombre de Français ont cru le contraire.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)