Un triste mois de juillet pour la France et les Français…
Le mois de juillet est bien connu pour faire passer « en douceur » des mesures qui peuvent être impopulaires. Tous les gouvernements l’ont fait, et sur ce plan celui qui est en charge des affaires de notre pays ne fait que confirmer la règle. En revanche, cette année on fait plus fort que d’habitude avec le projet de loi sur le temps de travail et la réforme de la carte militaire. Loin de moi d’ailleurs l’idée de dire que sur ces deux points précis les choses devaient rester figées, mais il est clair que sur des sujets de cette importance il ne fallait surtout pas se précipiter. Mais chacun sait qu’avec Nicolas Sarkozy la précipitation et l’impréparation sont une méthode de gouvernement.
En disant cela je pense notamment aux compensations que les villes ou villages concernés par les fermetures de caserne vont recevoir, sans parler aussi des investissements qui ont été faits ces dernières années pour moderniser les installations et les matériels. A Provins, petite ville de Seine-et-Marne, le maire UMP affirme que 20 millions d’euros ont été affectés en 2004 sur le site militaire, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Et que dire de Briançon, autre ville UMP, avec la fermeture du centre national d’aguerrissement en montagne à la fois très ancien et particulièrement bien équipé.
Tout cela signifie que, dans un premier temps, ces mutations de tous ordres vont coûter très cher…et le gouvernement aura beaucoup de mal à trouver les 320 millions d’euros promis par le Premier ministre pour soutenir le financement des communes concernées par les restructurations. A ce propos, ce qui est incroyable avec Nicolas Sarkozy et ses acolytes, c’est cette facilité à déverser des millions ou des milliards d’euros chaque fois qu’un sujet est sur la table. Il est vrai que si on écoute le Premier ministre, une fois la réforme aboutie, cela permettra d’économiser en année pleine 2 milliards d’euros. Mais d’où sort-il ce chiffre ? Personne ne le dit et en tout cas pas le gouvernement.
En tout cas, si cette réforme est décidée uniquement dans le seul but de faire des économies budgétaires, il faut le dire et l’assumer. L’armée de terre va quand même perdre 20 régiments et bataillons, la marine une base aéronavale, et l’armée de l’air 11 bases aériennes, dont Garons près de Nîmes ce qui démontre à l’évidence le peu d’influence qu’a le député Yvan Lachaud, pourtant grand ami d’Hervé Morin le ministre de la Défense (ils ont trahi ensemble François Bayrou). Et tout cela au moment où la France envoie des soldats un peu partout dans le monde et, notamment, en Afghanistan avec des équipements désuets et parfois peu opérationnels, pour parler comme les militaires. C’est ce qui s’appelle de l’incohérence dans le plus pur style de Nicolas Sarkozy.
« Le rôle de l’armée, ce n’est pas l’aménagement du territoire, c’est la sécurité des Français » ont dit sur un ton martial le Président de la République et le Premier ministre. Soit, mais n’aurait-il pas mieux valu commencer par éviter les dérapages budgétaires, avant de décider de faire des économies qui ne se feront sentir au plus tôt que dans deux ou trois ans. Etait-il utile de faire des cadeaux fiscaux à ceux qui n’en avaient pas besoin, alors que de l’aveu même du président de la République et du Premier ministre "l’Etat est en faillite" ?
Répondre à cette question que nous posons aussi souvent revient à dire que, par malheur pour les populations concernées, il paraît invraisemblable que toutes les aides promises dans le cadre du « plan social des restructurations liées à la nouvelle carte militaire» soient effectives dans les délais annoncés. D’ailleurs, le président UMP de la commission de la défense à l’Assemblée juge l’affaire « délicate ». C’est dire ! « Gouverner c’est prévoir » avait dit un jour Emile de Girardin, le promoteur du journal « La Presse » créé en 1836 à un prix modique pour que le plus grand nombre puisse lire les nouvelles. Et bien ce n’est pas un slogan que Nicolas Sarkozy a fait sien, puisque pour lui gouverner c’est faire selon son bon vouloir en décidant d’une action avant d’en avoir mesuré les conséquences. Les exemples ne manquent pas depuis un an, à commencer par la suppression de la publicité pour l’audiovisuel public.
L’autre sujet évoqué au début de mon propos concerne l’enterrement du régime des 35 heures. L’électorat de droite en rêvait nous dit-on, sans que l’on soit sûr que chacun connaisse les tenants et les aboutissants de la loi, et Nicolas Sarkozy l’a fait. C’est une manière de présenter les choses. Pour ma part, je pense qu’il eût fallu opérer autrement. On ne fait pas passer un projet de loi qui met au rancart ce que beaucoup considèrent comme un acquis, même si ce n’est pas vraiment le cas, dans ces conditions. Là aussi on prend son temps, on discute, et on étudie au mieux des intérêts de chacun les solutions les meilleures.
Comme le disait François Bayrou pendant sa campagne présidentielle, « la manière dont les 35 heures ont été imposées a été une faute, qui s’est payée en pouvoir d’achat, en dépenses publiques, sans apporter les créations d’emploi promises. Mais de nombreux salariés ont trouvé un nouvel équilibre de vie dans cette organisation du temps de travail ». Il fallait donc prévoir un dispositif de remplacement qui ne pénalise pas les entreprises en termes de coût, et soutenir les négociations entre partenaires sociaux à l’intérieur des branches, l’Etat garantissant les accords trouvés par les uns et les autres.
A ce propos, je rappellerais que toutes les mesures envisagées par le président du Mouvement Démocrate avant l’élection présidentielle de 2007 demeurent d’actualité, que ce soit sur le temps de travail, sur la manière de gérer les heures supplémentaires ou sur les charges pesant sur le travail. Elles pourront servir le moment venu, en espérant que d’ici là les dégâts n’auront pas été trop considérables pour les salariés et même pour les entreprises, notamment les plus petites d’entre elles.
Nous avons toujours affirmé au MoDem que la France devait être un pays « proentreprise ». C’est plus vrai que jamais, au moment où tout est fait pour satisfaire toutes les exigences du MEDEF et des amis intimes du président de la République, ce qui en gros est du pareil au même… avec les résultats que l’on connaît. Est-ce qu’en passant la semaine de travail jusqu’à 45h pour les employés 50h pour les cadres cela ira mieux ? Oui, mais seulement pour les gros actionnaires ! Quant aux autres…Ah s’ils avaient su !
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
La France est en train de perdre ce qui lui restait de grandeur
Je vais commencer aujourd’hui mon billet en citant le président du Mouvement Démocrate qui, je crois, a bien résumé la situation après les propos pour le moins déplacés de Nicolas Sarkozy sur les grèves en France, eux-mêmes survenant après des dérapages incontrôlés indignes d’un président de la République : « quand on a humilié dans la même semaine l’armée, la télévision publique et les organisations syndicales, ça fait beaucoup pour quelqu’un dont la mission est de rassembler son peuple ». Et le leader du MoDem d’ajouter : « Quand on ne rassemble pas les Français et qu’on est président de la République, on n’accomplit pas son travail ».
Le pire dans tout cela est que ces dérapages sont tellement devenus habituels qu’on ne les souligne pas avec la vigueur que cela mériterait. J’ai même entendu hier matin un journaliste de la station de radio RTL, J.M. Aphatie, presque reprocher à Julien Dray d’avoir répliqué « rira bien qui rira le dernier » aux propos de Nicolas Sarkozy, en faisant semblant de prendre cette phrase pour une menace. C’est vraiment n’importe quoi, et cela démontre une fois encore que s’il y a bien un homme politique dans notre pays qui n’a vraiment pas à se plaindre des médias, c’est bien le président de la République lui-même.
Pour revenir sur les propos ignominieux du chef de l’Etat relatifs aux grèves dans notre pays, je dirais pour ma part que cela ne devrait être une surprise pour personne venant d’un personnage capable de dire tout et son contraire sur n’importe quel sujet. Cependant il est quand même étonnant, pour ne pas dire désolant, que des parlementaires, fussent-ils UMP, aient pu rire bruyamment quand ils ont entendu la phrase de Nicolas Sarkozy sur les grèves « dont personne ne s’aperçoit ». Enfin passons, comme disait mon institutrice quand nous faisions ou disions des bêtises. En tout cas, cela fait beaucoup parler à l’étranger, les observateurs se demandant jusqu’où ira notre président pour se faire remarquer ou, plus perfidement, pour masquer les échecs de sa politique. Il est vrai que sur ce plan il y a effectivement de quoi dire et ce, dans tous les domaines.
Certaine presse étrangère n’hésite pas comparer Nicolas Sarkozy à un autre grand stratège tout aussi inopérant que lui, à savoir Donald Runsfeld, l’homme qui se moquait « de la vieille Europe » au moment du déclenchement de la guerre en Irak. On a vu ce que sa politique a pu obtenir comme succès, en Irak mais aussi en Afghanistan. D’autres n’hésitent pas à le comparer à Silvio Berlusconi. J’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce site, mais c’est vrai que sur bien des points les deux hommes se ressemblent y compris sur les soi-disant fines plaisanteries. En tout cas l’un comme l’autre ont en commun de n’avoir pas hésité à emprunter des idées à l’extrême- droite, notamment sur les questions liées à l’immigration.
Quelques uns enfin pensent que les Français, après avoir eu comme président le général de Gaulle, « qui se faisait une certaine idée de la France », avait besoin d’un chef plus proche d’eux quitte à gérer notre pays à la petite semaine. Ce n’est pas faux car le moins que l’on puisse dire est que Nicolas Sarkozy n’a aucune vision à long terme pour notre pays. D’ailleurs s’il en avait une, il aurait déjà essayé de maintenir voire de réduire la dette qui a déjà atteint des sommets, mais c’était trop demander à un homme qui, jusqu’à présent, a toujours démontré que son principal souci était de gouverner en s’attachant essentiellement à plaire à ses amis qui, en contre partie, ne lui ménagent pas leur appui.
La comparaison avec Georges Bush est quand même celle qui est la plus courante. En fait il y a deux raisons qui font que l’un est assimilé à l’autre : la première est l’américanophilie de Nicolas Sarkozy qui, comme chacun le sait, aime passionnément l’argent. La seconde est moins glorieuse parce que la comparaison se fait sur les bilans qui pourraient être aussi désastreux l’un que l’autre. Force est de constater, en effet, que ni Georges Bush, ni Nicolas Sarkozy, souvent avec les mêmes recettes et les mêmes mensonges, n’ont amélioré la vie de leurs concitoyens, bien au contraire. Le seul avantage qu’on trouve au président américain est qu’il quittera le pouvoir dans cinq mois, alors que Nicolas Sarkozy est encore là pour presque quatre ans. Pauvres Français !
Cela étant, pour être juste, il y en a qui trouvent « que si l’action de notre président de la République n’a pas apporté de réel progrès par rapport au passé, en revanche il veut une France travailleuse et non une France assistée ». Si c’est comme cela que l’on interprète les propos de notre président, ce n’est quand même pas une image très glorieuse qu’il fait donner de notre pays. De toute manière, la situation va changer avec les mesures votées en première lecture cette nuit par l’Assemblée, puisque de l’aveu même de la CFE-CGC (syndicat des cadres) désormais le 14 juillet ou le 11 novembre ne seront plus considérés comme jours fériés.
Et ce n’est qu’un début car le dispositif ne tardera pas à s’appliquer à tout le monde. Le MEDEF en rêvait, Nicolas Sarkozy le fait ! Certes, il n’avait jamais dit qu’il irait jusque là dans ce domaine comme dans bien d’autres, notamment le « casse » des services publics, mais le connaissant chacun savait bien que la rupture dont il parlait concernait essentiellement notre modèle social français. Celui-ci a peut-être des défauts, mais il se révèle infiniment moins nocif que celui en vigueur dans les pays que le président de la République nous cite en exemple. L’actualité, hélas, en témoigne avec ce qui se passe en ce moment en Grande-Bretagne où la criminalité explose d’année en année. Cela étant, pour Nicolas Sarkozy la Grande-Bretagne c’est la City !
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Le président de la République s’empare de tous les leviers de commande
Une fois encore Nicolas Sarkozy fait la une des journaux de son pays et de l’étranger. Et cette fois parce qu’il est en train de mettre la main sur ce qui pouvait lui échapper encore un tout petit peu, l’audiovisuel public. Sur ce plan il va finir par surpasser Silvio Berlusconi lui-même, pourtant propriétaire de plusieurs médias importants, mais qui n’aura jamais semble-t-il la même mainmise sur l’ensemble des médias de la péninsule, faute d’avoir pu s’emparer totalement de la RAI, ce qui au demeurant apparaît quasiment impossible.
Bien entendu pour ce qui concerne Nicolas Sarkozy et la France, on ne nous empêchera pas de parler de dérive autoritaire dans un contexte d’extrême concentration des pouvoirs. D’autres plus indulgents ou amis avec lui, affirment qu’en fait le président de la République ne fait qu’assouvir son désir de se mêler de la gestion du personnel, y compris dans des secteurs qui théoriquement devraient être indépendants de la politique. Comme si les difficultés que rencontre en ce moment notre pays n’étaient pas suffisantes sans déclencher, inutilement et dérisoirement, des querelles franco-françaises. A moins que ces querelles ne cherchent précisément à masquer l’essentiel. Pourquoi pas, avec Nicolas Sarkozy on peut s’attendre à tout.A propos de gestion du personnel, il paraît qu’il aurait dit un jour devant un parterre de patrons « qu’il se verrait bien directeur des ressources humaines ». Je ne suis pas sûr que ces patrons l’aient bien pris au sérieux car si tel était le cas, je souhaite bien du plaisir à celui qui l’embaucherait à ce poste. S’il y a bien un homme qui n’est pas fait pour cette fonction c’est bien Nicolas Sarkozy, et les exemples fourmillent dans ses fonctions de tous les jours pour montrer qu’il fait rarement les bons choix. Il y a surtout une chose qu’oublie le président de la République, c’est qu’une entreprise ne doit pas être gérée comme l’UMP. Sur ce plan, soyons honnêtes, il a quand même beaucoup à apprendre de Silvio Berlusconi. Et en plus, comme je l’ai rappelé il y a encore quelque jours, il n’a pas la baraka contrairement au président du Conseil italien.
Tout ce qu’il touche en ce moment est voué à l’échec, jusques et y compris dans les domaines les plus futiles. En disant cela je pense au fait qu’on lui a prêté un rôle décisif dans la décision de recruter…Lilian Thuram au Paris-Saint-Germain, dont il est paraît-il un fervent supporter. Et qu’arrive-t-il ? Et bien pour la première fois de sa carrière, on découvre chez l’ancien capitaine des Bleus une malformation cardiaque qui entraîne de facto l’annulation de ce transfert. Reconnaissons qu’après une succession sans précédent d’échecs diplomatiques, sans parler des multiples problèmes engendrés par des décisions prises seul et à l’emporte-pièce, tout cela donne de Nicolas Sarkozy l’image « d’un parfait looser » dont il savait si bien moquer les autres il y a quelques mois encore.
Plus grave encore, faute sans doute d’une vision approfondie des dossiers, on ne compte plus les interventions intempestives du président de la République sur des sujets aussi divers que la pêche, l’agriculture, la justice, l’enseignement ou les relations sociales. Combien de fois Nicolas Sarkozy a-t-il été pris en flagrant délit d’ignorance d’une loi qu’il avait parfois lui-même faite voter à l’époque où il était ministre ? Combien de fois a-t-il déclenché l’ire de la Commission Européenne en demandant des dispositifs d’aide contraire à ceux qu’il avait approuvé peu de temps auparavant ?
Cela dit les thuriféraires du pouvoir nous disent que cet interventionnisme débridé est la marque de sa volonté d’agir toujours et partout. "Il se trompe peut-être", nous disent-ils, "mais c’est parce qu’il travaille". Désolé Messieurs, mais on a connu dans le passé des gens qui travaillaient beaucoup et qui connaissaient à fond leurs dossiers. Il est vrai qu’on ne les voyait pas partout à la fois. Les mêmes affirment aussi, sans rire, que son obsession c’est d’avoir tous les meilleurs autour de lui. Là aussi, sans être cruel, on se contentera de rappeler les multiples dysfonctionnements d’un gouvernement qui, à en entendre certains, était considéré il y a moins d’un an comme une véritable « dream team », le mot ayant été employé çà et là. En tout cas, la dream team (la vraie) a obtenu des résultats sans aucune comparaison avec les multiples échecs d’une équipe ministérielle qui accumule gaffes et impairs.
Espérons simplement, sans trop y croire, que la télévision publique ne subira pas le sort qui l’attend avant que Nicolas Sarkozy ne quitte le pouvoir. Oh certes, ce dernier a promis qu’il n’y aura pas de privatisation dans l’ensemble qui compose France Télévision, mais qui peut accorder foi aux propos d’un homme qui n’a cessé de faire des promesses intenables avant son arrivée au pouvoir, et qui ne cesse de prendre des décisions dont il n’avait jamais parlé auparavant.
Espérons aussi que l’opposition dans son ensemble se comporte comme une vraie opposition, que les partis qui la composent ne passent pas leur temps à se déchirer en vaines querelles de personnes, et ne se contentent pas de laisser à l’opinion le monopole de la contestation, comme on a pu le voir encore ces jours-ci à propos du non remboursement des produits des médicaments pour maladies de longue durée. En tout cas j’espère et je veux que l’on puisse compter sur le MoDem pour jouer ce rôle.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
"Ensemble tout est possible"...oui mais pour quelques uns seulement
Il y a un mot que Nicolas Sarkozy aimait bien employer pendant sa campagne électorale présidentielle, la baraka. Et bien apparemment il l’a perdue, comme le peuple français a perdu ses illusions en confiant les rênes de son pays à un personnage qui n’est pas, et ne sera jamais un homme d’Etat. Pourquoi dis-je cela en introduction ? Tout simplement parce que tout ce que le chef de l’Etat touche de près ou de loin fait fiasco. Prenons le domaine du sport si cher aux habitants de notre pays : rien ne marche pour nos équipes nationales depuis un an. La Coupe du Monde de rugby est loin d’avoir eu l’apothéose attendue, en raison notamment d’un premier match contre l’Argentine qui avait vu les Français jouer à l’envers. Certains avaient attribué cette faillite à la lecture de la lettre de Guy Moquet imposée juste avant le match par le sélectionneur, futur ministre, Bernard Laporte.
Il y a quelques jours, à Clairefontaine, Nicolas Sarkozy est allé rendre visite aux footballeurs qui préparaient leur Championnat d’Europe des Nations. Le fiasco est encore plus retentissant, puisque hier soir les Français ont été éliminés au premier tour de la compétition. Il reste à espérer qu’il ne rendra pas visite aux participants aux Jeux Olympiques, les cyclistes, les nageurs, les athlètes, les handballeurs, les kayakistes etc. sous peine de leur attirer la poisse, et de briser les espoirs de médailles dont ils sont porteurs. Nous pourrions continuer jusque dans la politique étrangère où il suffit que Nicolas Sarkozy soit parmi les principaux protagonistes d’une idée, par exemple le traité de Lisbonne, pour que celle-ci ne soit pas validée.
Arrêtons-là, car cela finirait par ne pas faire très sérieux, mais en disant cela est-ce que je ne me comporte pas comme le président de la République ? Avec lui, nous disait-il, tout était possible qu’il s’agisse du pouvoir d’achat dont il devait être le champion, de la croissance qu’il devait aller chercher avec les dents, des relations sociales dont il se voulait le chantre comme héritier de Jaurès etc. Bref, comme avait dit Jack Lang en 1981, on devait passer de « l’ombre à la lumière ». Hélas, pas plus qu’en 1981-1982, la lumière n’a guère jailli au cours des 12 ou 13 premiers mois d’un quinquennat qui s’annonce déjà désastreux sur bien des points.
Cela étant, si l’on avait pu reprocher à François Mitterrand et son gouvernement une démagogie extrêmement coûteuse, après une période où l’on avait fait beaucoup d’efforts pour rétablir les équilibres fondamentaux de notre pays, cette démagogie avait pour but d’essayer de donner un peu plus à ceux qui avaient le moins. C’était en tout cas le fil conducteur affiché par nos gouvernants de l’époque. Aujourd’hui, en revanche, tout est fait pour que ceux qui ont le moins, qu’il s’agisse des chômeurs, des retraités, des handicapées, des malades…aient encore moins. Toutes les décisions qui sont prises vont dans le même sens : toujours moins pour ceux-là, et toujours plus pour les riches amis du président.
Le pire est que toutes ces décisions, prises à la va-vite et à l’emporte-pièce, ne règleront en aucun cas le problème de nos finances publiques. La preuve, on taille dans les budgets et chacun sait que nos déficits vont perdurer, au moins jusqu’en 2012 nous dit-on, et donc notre endettement va continuer à s’accroître, ce qui veut dire que le poids de la dette sera plus lourd. Point n’est besoin de faire une grande démonstration. Cela n’empêche pas le président de la République de faire des tas de promesses à …échéance 2020. Comme personne ne s’en souviendra à cette époque, cela ne coûte rien d’annoncer des milliards de dépenses comme Nicolas Sarkozy l’a fait hier dans le cadre de la réorganisation de l’armée.
Personne ne sait où nous trouverons tous ces milliards d’euros pour moderniser notre armée, mais ce dont on est sûr c’est que celle-ci va subir une sévère cure d’amaigrissement. Pourquoi pas après tout, mais dans ce cas reconnaissons une fois pour toutes que nous ne sommes plus une grande puissance, contrairement à ce qu’a dit Nicolas Sarkozy. Et dans ce cas aussi, mettons toute notre énergie à faire cette Europe de la défense sans laquelle nous resterons dépendants des Etats-Unis, dont on peut se demander par ailleurs s’ils pourront continuer à faire les efforts nécessaires pour assurer la sécurité du monde occidental.
Nous n’allons pas rentrer dans les détails de ce plan, sinon pour en souligner les contradictions dans la droite ligne de ce qu’a toujours fait Nicolas Sarkozy, qu’il s’agisse du ministre ou du président de la République. On affirme, on promet, mais on commence à agir en cassant ce qui existe. Loin de moi l’idée de dire que l’aménagement du territoire doit se faire par l’intermédiaire de l’armée. Mais avant de rayer d’un trait de plume casernes ou bases, comme on l’a fait pour la carte judiciaire, peut-être pourrait-on envisager des solutions (industrielles ou autres) pour assurer la transition dans ces villes, pour ne pas dire parfois dans ces villages, qui ne vivent que par, pour et avec l’armée.
Evidemment, pour cela il aurait fallu étudier le problème pendant quelques mois, voire quelques années, mais l’aménagement du territoire ne peut se faire qu’avec les populations concernées et non contre elles. Le pire est que ce qui a été fait pour la carte judiciaire, ce qui est fait pour l’armée, le sera aussi pour nombre de services publics. Pour quel résultat ? Pour assurer son rang à la France, comme l’a dit hier Nicolas Sarkozy. Mais le rang de la France passe-t-il nécessairement par la casse de ses services publics ?
En réalité, chacun sait que notre pays est confronté à un problème insoluble, à savoir des dépenses excessives pour avoir un budget en équilibre, comme nous le demande Bruxelles. Alors on choisit la facilité comme hélas tous nos gouvernants l’ont fait depuis le début des années 80. C’est tellement plus commode de radier des chômeurs ou de fermer des écoles ou des tribunaux que de faire une réforme fiscale plus juste. « Ensemble tout est possible » disait Nicolas Sarkozy, mais ce slogan racoleur s’adressait à une infime minorité de la population, même si nombre de Français ont cru le contraire.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Un retour de 40 ans en arrière !
Ces derniers jours on entend beaucoup parler de mercato avec des départs annoncés, des transferts, des renouvellement de contrat etc., mais contrairement à ce que l’on pourrait penser il ne s’agit pas de football ou de rugby. En effet, c’est de télévision dont il s’agit et ce n’est pas aussi neutre qu’il n y paraît, car derrière tous ces mouvements se trouve le pouvoir…et plus particulièrement Nicolas Sarkozy lui-même. Cela signifie que nous revenons, tout simplement, 35 ou 40 ans en arrière.
Le président de la République, si prompt à dénoncer les insuffisances (à ses yeux) de ses prédécesseurs, devrait au moins méditer sur l’action de quelques uns d’entre eux qui se sont montrés infiniment plus progressistes que lui sur le plan de l’information audiovisuelle. Parmi ceux-ci je voudrais citer Valéry Giscard d’Estaing et Français Mitterrand, dont beaucoup affirment qu’ils ont contribué à libérer la radio et la télévision de la tutelle du pouvoir. D’ailleurs existe-t-il aujourd’hui une émission aussi impertinente que l’était le Petit Rapporteur de feu Jacques Martin ou que le Bebête Show de Collaro ? Sûrement pas, à part peut-être les Guignols et encore, avec le handicap pour cette émission de passer à une heure où l’écoute se porte d’abord sur les journaux télévisés.
Cela dit, le plus important n’est pas là. Il est dans le fait que c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui réorganise le paysage audiovisuel à sa façon. Il décide comme un grand, qu’il n’est pas, de saborder le service public en lui supprimant les ressources de la publicité sans compensation financière, et ensuite il fait débarquer le présentateur du journal de 20 h sur TF1 (qui appartient à l’ami Bouygues) pour installer à sa place quelqu’un qui lui convient encore davantage (Madame Ferrari). Pourtant, si l'on se rappelle la dernière campagne présidentielle, le moins que l’on puisse dire est que Patrick Poivre d’Arvor n'aura pas ménagé ses efforts pour que le candidat Sarkozy soit élu au détriment de ses principaux concurrents. Apparemment ce n’était pas suffisant d’autant que, même très timidement, il pouvait arriver çà et là que PPDA puisse se montrer un tout petit peu critique.
De plus, pour bien montrer que le président de la République est chez lui à TF1, il fait nommer à la place du directeur de l’information Robert Namias, lui aussi semble-t-il assez proche du pouvoir, un ami encore plus proche, Jean-Claude Dassier. J’ai aussi entendu ce matin que Jean-Pierre Elkabbach allait quitter la direction d’Europe 1, dont le propriétaire est « le frère » de Nicolas Sarkozy (Arnaud Lagardère), pour être remplacé par Alexandre Bompard qui s’occupait auparavant de sport sur Canal+, mais qui surtout est un sarkozyste notoire aux dires de celui qui donnait l’information. On croit rêver, et ce d’autant plus que personne n’ose dénoncer avec vigueur ces pratiques d’un autre âge.
Certes il y a bien quelques commentaires plus ou moins indignés en provenance des partis d’opposition, mais il s’agit de protestations de pure forme. Bref, tout le monde accepte le système, comme si on se disait que finalement le jour où on retrouvera le pouvoir nous pourrons faire la même chose sans que cela nous soit reproché. Et bien, encore une fois, je réponds NON. La presse doit être pluraliste, y compris la presse audiovisuelle. Il n’y a aucune raison que nous subissions une information au formol, où les seules annonces distillées par le pouvoir doivent l’être à son bénéfice exclusif.
Nous pourrions continuer encore longtemps sur ce thème, mais ce serait enfoncer des portes ouvertes. Et puis après tout, puisque tout le monde semble se satisfaire de ce traitement pourquoi s’indigner ? Quand on voit un Olivier Besancenot passer en grande pompe chez Drucker qui représente le type même de cette télévision à la fois aseptisée et infantilisée, il ne faut pas s’étonner si beaucoup considèrent qu’après tout nous n’avons que ce que nous méritons. Toutefois, cela ne nous empêche pas d’espérer qu’après avoir élu Nicolas Sarkozy, notre peuple si fier à certains moments de son histoire, retrouve les accents qui ont fait sa réputation.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
A quoi joue la classe politique française ?
Hier la France a eu droit dans ses journaux télévisés à une démonstration grandiose de ce que peut être la démagogie d’un président de la République, qui ne sait plus que trouver pour faire oublier les comptes et les mécomptes de sa politique. C’est tout juste dans ces journaux télévisés si, à coté de Roland-Garros et de l’Euro 2008 (panem et circenses), l’on a évoqué les diverses manifestations qui ont lieu un peu partout en France, ou les récriminations de ceux qui voient s’en aller des pans entiers de nos services publics au nom d’une rigueur qui ne dit pas son nom, alors que l’on a multiplié il y a quelques mois les cadeaux fiscaux pour ceux qui ont déjà « le maximum vital ».
Non, ce qui comptait avant tout, c’était le déplacement en grande pompe de Nicolas Sarkozy, président de la République, avec l’ensemble des représentants de la classe politique française au Liban. Pourquoi faire ? Là est toute la question. Certes le Liban, petit pays de 3,7 millions d’habitants a un lien historique fort avec la France. Celui-ci date de presque 150 ans, puisque Napoléon III a obtenu en 1861 la création de la province autonome du Mont-Liban au Nord du pays. Ce lien sera prolongé ensuite à partir de 1920, le Liban ayant été placé par la SDN sous mandat français et ce, jusqu’à son indépendance en 1943, ce qui explique que la moitié des Libanais soient encore francophones de nos jours. Par ailleurs le Liban vient de vivre pendant 8 ans sous tutelle syrienne, après avoir vécu 13 ans de guerre civile qui ont transformé ce pays en champs de ruines alors qu’avant 1975, il était considéré comme l’Eldorado du Moyen-Orient.
Autant de bonnes raisons pour que la France veuille aider à la recomposition politique et économique du Liban, et sur ce plan je ne peux qu’applaudir des deux mains. Mais il n’était sans doute pas nécessaire de mettre en scène cette réunion à Beyrouth, à la fois surréaliste et inédite, regroupant à la fois les autorités libanaises et la plus grande partie de la classe politique française, le tout à la demande d’un président de la République dont le sens du spectacle l’égale à l’impéritie. Là, j’avoue que je ne comprends pas. Je comprends d’autant moins que, comme tout le monde, j’ai remarqué la gêne pour ne pas dire plus des femmes et hommes politiques participant à ce déplacement.
Quand j’entends Madame Buffet demander à ce « qu’il n’y ait aucune récupération politicienne parce que ce serait porter un mauvais coup au Liban » je m’interroge. Quand j’entends le leader de mon mouvement, François Bayrou, dire « qu’il n’est pas tombé de la dernière pluie », je suis inquiet. Et quand j’entends François Hollande s’indigner par avance des retombées de ce coup médiatique au profit de Nicolas Sarkozy, je suis outré. Non, Madame et Messieurs, vous n’aviez rien à faire à Beyrouth avec Nicolas Sarkozy, sauf à cautionner ce que vous dénonciez. Et si vous le dénonciez, c’est parce que vous aviez les mêmes sentiments que moi, à savoir que tout ceci était une opération de communication orchestrée par l’Elysée. Vous avez été piégés, il n’y a pas d’autre mot, mais on dirait que cela vous a fait plaisir.
D’ailleurs a-t-on vu les autres présidents de la République agir de même par le passé ? A ma connaissance jamais. Cela se fait-il à l’étranger ? Pas que je sache. Donc je pense qu’il eut été plus honnête vis-à-vis de nos concitoyens de rester en France, et d’organiser une manifestation pacifique aux abords de l’Ambassade du Liban à Paris avec des responsables politiques de tous bords accompagnés de leurs militants. Il y aurait eu sans doute beaucoup de monde, et les Libanais auraient pu constater de visu que la France pensait à eux. Je crois que la classe politique française serait sortie grandie d’une telle démarche, en lieu et place d’une mascarade comme celle qui a eu lieu à Beyrouth.
Tout cela m’amène à dire que les militants que nous sommes, tous les militants et pas seulement ceux du MoDem, devons faire comprendre à nos responsables que la politique de la France mérite mieux que les représentations théâtrales qu’elle offre à ses habitants et à l’étranger. Aujourd’hui, nous devons tous nous mobiliser contre les aspects négatifs de la politique mise en place depuis un an. Nous avons tous les jours la preuve de la mauvaise foi de ceux qui nous gouvernent, que ce soit sur le plan politique à travers la réforme des institutions, sur le plan social avec des réformes qui vont toujours dans le sens d’un abaissement des prestations accordées à ceux qui travaillent... ou qui ne travaillent pas, sur le plan économique où tout est fait pour donner encore plus à ceux qui ont déjà énormément. Bref, réveillons-nous et faisons en sorte que ceux qui nous entourent se réveillent aussi, sous peine de voir notre pays s’enfoncer durablement dans une crise dont personne (ou presque) ne sortira indemne.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Avec Nicolas Sarkozy certaines promesses meurent aussi vite qu’elles naissent, mais pas toutes
Nicolas Sarkozy avait promis la rupture s’il était élu, et force est de constater que cette promesse est tenue, même si ce n’est pas le cas de celles destinées à améliorer la vie de ses concitoyens, à l’exception des plus riches d’entre eux. On le voit constamment à travers toutes les décisions qui sont prises depuis son accession à la présidence de la République. Cela a commencé l’été dernier avec le paquet fiscal qui, quoi que puisse en dire le gouvernement, favorise essentiellement les plus gros contribuables, puis cela se poursuit avec la fin de la publicité pour les chaînes publiques, mais aussi la restructuration du secteur nucléaire, sans oublier la fin programmée des 35 heures afin de pouvoir appliquer en partie son désormais célèbre slogan « travailler plus, pour gagner plus ». On aura compris que pour lui, cela signifie exclusivement « travailler plus », pour le plus grand plaisir du MEDEF.
Cela fait beaucoup de dossiers en peu de temps, et c’est pour cela que je dis et redis que les gens ne doivent pas se laisser abuser par le mot réforme, employé à tout bout de champ par nos gouvernants. Toutes les réformes engagées par le gouvernement vont dans le même sens, à savoir un désengagement de l’Etat au profit de la puissance privée, à qui on multiplie les cadeaux…alors que la quasi-totalité de la population de notre pays est en train de s’appauvrir à une vitesse sans précédent. On pourrait presque croire que le but avoué, et disons-le assumé, est d’élargir « la fracture sociale ». On va finir par nous faire regretter Jacques Chirac !
Essayons de prendre un à un les dossiers dont j’ai parlé au début de mon propos, en passant très vite sur la loi TEPA en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat que j’ai déjà longuement évoquée sur ce site, et qui contient notamment l’abaissement du bouclier fiscal de 60 à 50% (environ 235.000 personnes seraient concernées). Rappelons quand même à ce sujet que l’Assemblée, au moment du vote (en juillet dernier), a rejeté un amendement visant à exclure la CSG et la CRDS de ce bouclier fiscal. On ne peut pas mieux faire pour protéger les heureux bénéficiaires du dispositif qui par parenthèse, du moins pour ceux qui ont les plus hauts revenus, restent domiciliés en Suisse, en Belgique ou dans quelques contrées accueillantes au niveau fiscal.
En ce qui concerne la fin programmée de la publicité sur la télévision publique, la question semble de plus en plus réglée…au bénéfice exclusif des chaînes privées (TF1, M6, Direct 8 etc.) qui appartiennent notamment pour TF1 et Direct 8 à des amis très proches de Nicolas Sarkozy (Martin Bouygues et Vincent Bolloré). Déjà, d’ici la fin de l’année, les chaînes privées vont bénéficier d’une seconde coupure publicitaire pendant les films et les fictions longues. Ensuite, pour ce qui concerne les recettes destinées à remplacer la publicité sur le service public, c’est le flou le plus total puisqu’on ne veut pas augmenter la redevance. On devine la suite, à savoir la privatisation de France 2, mais qui sera l'heureux bénéficiaire parmi les amis du président ?
A ce propos, on remarquera la duplicité de Nicolas Sarkozy et son gouvernement. On s’interdit, nous dit-on, d’augmenter la redevance pour ne pas aggraver le taux de prélèvements obligatoires. C’est beau comme l’antique, mais en ne donnant pas à la télévision publique les moyens de fonctionner correctement, on avantage d’une part les chaînes privées et d’autre part on oblige d’une certaine manière les téléspectateurs à s’abonner à des chaînes payantes, privées elles aussi, pour voir des programmes qui auparavant étaient retransmis par le service public.
Certes, il y aurait beaucoup à dire sur la qualité des programmes des chaînes publiques et sur l’objectivité dont elles devraient faire preuve, mais à tout prendre je préfère le système actuel à celui qui nous est promis. En parlant de cela, je voudrais en profiter pour souligner la qualité du service public italien avec les diverses chaînes liées à la RAI. Qu’il s’agisse de l’information politique, du sport, des divertissements, des documentaires, nous avons des émissions beaucoup plus intéressantes que celles offertes par nos chaînes publiques, sans parler des coupures publicitaires intempestives et démesurément longues chez France Télévision, alors que la RAI se contente de spots beaucoup plus courts donc davantage supportables.
Plus grave encore est la restructuration du secteur nucléaire dans notre pays. AREVA, le constructeur de centrales nucléaires dont l’Etat est encore l’actionnaire principal, est en effet convoité par Martin Bouygues (encore et toujours lui) dont le groupe détient déjà 30% du capital. Il est aisé de comprendre l’intérêt du groupe Bouygues pour AREVA, compte tenu des perspectives offertes à l’énergie nucléaire avec un baril de pétrole à un prix aussi élevé.
Martin Bouygues n’est pas seul sur ce coup puisqu’il a le soutient de Patrick Kron, PDG d’Alstom, qui a permis le redressement de cette affaire au bord de la faillite en 2004…après qu’elle eut été renflouée par l’Etat au moment où Nicolas Sarkozy était ministre des Finances. Là aussi on imagine la suite, AREVA et Alstom fusionnent et le tour est joué. L’Etat par l’intermédiaire de Nicolas Sarkozy aura aidé au sauvetage d’Alstom pour mieux l’offrir à l’industrie privée. Cependant, pour le moment rien ne serait encore décidé par Nicolas Sarkozy, seul décideur, ce qui est encore une de ces multiples exceptions françaises dont apparemment personne ne se soucie.
Enfin, reste le dossier des 35 heures. Là aussi Nicolas Sarkozy a beaucoup menti à la fois aux syndicats et aux Français. J’ai toujours dit pour ma part que si les 35H sont un fléau économique, comme le gouvernement le prétend, il faut les supprimer. Cela aurait le mérite de la clarté. Au lieu de cela, nos gouvernants ont affirmé la main sur le cœur qu’on ne toucherait pas à la durée légale du travail, mais pendant ce temps on multiplie les dérogations sur les heures supplémentaires, ce qui est une manière de poser des banderilles sur le dispositif avant de lui porter l’estocade avec le projet de loi présenté à l’Assemblée en juillet.
Dans ce projet de loi, en effet, il est prévu que les contingents autorisés d’heures supplémentaires seront fixés au sein même des entreprises, ce qui vide de son contenu la loi sur les 35 heures et ce qui explique les hauts cris des syndicats. Cela dit, il faut bien admettre que ces derniers ont été bien naïfs dans leurs discussions avec le chef de l’Etat et son ministre du Travail, allant sur ce dossier de reculade en reculade. Aujourd’hui l’affaire est bouclée, et ce n’est pas le baroud d’honneur qu’ils vont essayer de livrer avec l’appel à la grève du 17 juin qui changera quoique ce soit. Les Français c’est une certitude vont travailler plus, du moins ceux qui auront un emploi, mais ils ne gagneront pas plus. Mais ne fallait-il pas être candide pour croire aux balivernes de Nicolas Sarkozy ?
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Les inégalités se creusent de plus en plus, mais qui s'en préoccupe réellement?
La France est sans nul doute confrontée aujourd’hui à des difficultés comme elle n’en a pas eu depuis bien longtemps. Et pourtant ceux qui la gouvernent et ceux qui devraient s’opposer font comme si de rien n’était ou presque. Je dis presque parce qu’il y a quand même les gesticulations présidentielles, destinées à occuper le terrain et à montrer que l’on se soucie quelque peu de la vie des gens. Cela étant, je suis convaincu que les principaux leaders politiques de l’UMP ou du PS ne se rendent pas compte de la gravité de la situation. A ce propos, j’aimerais aussi que l’on entende un peu plus François Bayrou et le MoDem sur les sujets qui préoccupent réellement les Français. Mais pour entendre François Bayrou faut-il qu’on lui donne la parole, même si je pense que parfois il faut savoir forcer les barrages.
Ici même, il y a quelques jours, je disais tout le mal que je pouvais de ces interminables discussions sur la réforme des institutions, au moment où des pans entiers de notre économie souffrent énormément de la hausse du prix du gazole, et plus généralement des matières premières importées. Au moment aussi où les Français sont de plus en plus affectés par les conséquences de ces hausses. Au moment enfin où l’on entend que des gens n’arrivent plus à se nourrir, alors que les dirigeants de sociétés du CAC 40 se goinfrent de stocks options à des niveaux tout à fait indécents.
Indécents parce que les revenus de ces messieurs-dames (3, 5, 10, 15 millions d’euros) ont bénéficié de progressions qui dépassent parfois de 50% ceux de l’année passée, alors qu’ils ne cessent de prêcher la rigueur salariale dans leurs entreprises, et qu’ils profitent honteusement de la situation sur le marché de l’emploi, notamment vis-à-vis des jeunes, pour embaucher des gens diplômés ou bons techniciens à des niveaux proches du SMIC. C’est cela la réalité de la vie aujourd’hui dans notre pays, et non pas la réforme des institutions ou les débats au Parti Socialiste sur le vocable libéral qui agitent tellement les postulants au poste de Premier secrétaire.
Mais que faut-il faire pour faire comprendre tout cela à nos politiciens ? Tout d’abord ne pas voter pour eux aux élections, et faire confiance à des gens qui sont vraiment décidés à gouverner autrement. L’ennui, c’est qu’il n’y a pas d’élections avant un an, et un an c’est long quand on est en souffrance. De plus, si l’on veut que les gens fassent confiance à d’autres candidats que ceux issus des partis qui gouvernent le pays depuis plus de 25 ans, il faut faire des propositions, les promouvoir, et donc ne pas se disperser dans de vaines querelles de statuts ou de règlement intérieurs. Je dis cela pour mon parti car je sais, malheureusement, que cela passionne fortement quelques uns de nos militants. Il faut donc du concret, et montrer aux Français que seuls leurs problèmes ont de l’intérêt pour nous, car ce sont aussi les nôtres.
Tout le monde dans notre pays n’est pas dirigeant d’une grande entreprise, ni footballeur, ni chanteur à succès, ni acteur tête d’affiche de cinéma. Tout le monde n’a pas hérité de quelques dizaines ou centaines de millions d’euros, placés en Suisse ou au Lichtenstein, pour pouvoir vivre de ses placements. Non le commun des mortels dans notre pays a une vie qui se dégrade de plus en plus, du technicien de surface au cadre, de l’ouvrier à l’ingénieur, de l’appariteur au professeur, de l'étudiant au retraité. Toute cette population, de loin la plus nombreuse, est confrontée à des difficultés croissantes ce qui à terme va avoir des conséquences très négatives pour notre économie, et notamment faire baisser le niveau de consommation, principal moteur de notre croissance, phénomène déjà en cours.
Cela fait apparaître encore plus dérisoire les diverses solutions proposées par Nicolas Sarkozy à travers « la loi de modernisation de l’économie ». Si l’on s’imagine qu’on va régler le problème de la hausse des prix des produits alimentaires en favorisant les ouvertures de magasins de moins de 1000 m², ou en assurant la liberté pour les distributeurs de négocier leurs tarifs avec les fournisseurs, on se fourvoie totalement. D’ailleurs le seul fait que ce dernier point soit une revendication récurrente de la grande distribution devrait amener à s’interroger sur le bien-fondé de cette mesure, même si en apparence elle apparaît aller dans le bon sens…à condition de respecter certaines règles, et notamment ne pas étrangler les fournisseurs, plus particulièrement les plus petits. Il est toujours permis de rêver !
Il n’est pas non plus nécessaire d’évoquer longuement les propositions du président de la République quant au plafonnement du prélèvement de la TVA sur le prix du pétrole dans l'Union Européenne. C’est ce que l’on appelle un effet d’annonce, un de plus, à propos duquel la Commission Européenne a fait part immédiatement de son scepticisme. Cela dit, l’essentiel était de laisser accroire que l’on s’occupe du problème. Dans le même ordre d’idées, nous n’avons pas de précisions sur la mise en place « du fonds destiné à aider les Français qui en ont le plus besoin », alimenté par les recettes supplémentaires dues à la TVA sur les produits pétroliers, sauf que l’on sait que ce sera … à partir d’un certain niveau. A ce propos, interrogé à l’Assemblée Nationale sur le sujet, on n’a pas senti le Premier ministre très à l’aise sur la question, comme s’il n’était pas au courant de ce qu’avait dit le matin même Nicolas Sarkozy sur RTL. Mais au fait l’était-il réellement ? Décidément notre pays est bien mal gouverné !
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Quelques réflexions à propos des égos démesurés
« Les égos démesurés me plongent dans l’ennui ». De qui est cette sentence ? De Carla Bruni, épouse Sarkozy. C’est un de mes lecteurs qui m’a rapporté cette phrase extraite d’une interview que la dame avait faite pour le magazine Psychologies, il y a de cela quelques années. Si je cite cette phrase, c’est parce que cette dame vit aujourd’hui avec quelqu’un qui passe pour avoir justement un égo surdimensionné. Mais au fait, Nicolas Sarkozy est-il dans ce cas ? A titre personnel j’en doute, car il n’a pas l’étoffe pour se situer parmi ces gens-là.
Je m’explique : tous les grands hommes ont cette caractéristique qui, hélas, les conduit parfois à des extrémités qui en font des dictateurs. On peut être rassuré sur ce plan, Nicolas Sarkozy n’est pas, et ne sera jamais un dictateur. Lui il joue plutôt dans le genre chef de bande, comme on en trouve dans les cours de récréation. Il fait partie de ceux qui veulent faire rire par des blagues un peu lourdes, mais qui plaisent à certains qui ne le sont pas moins. Il aime aussi jouer les héros, et pour ma part je l’aurais bien vu se dénoncer à la place d’un autre élève ayant fait une grosse bêtise en classe, entraînant une punition collective.
Tout cela évidemment est le propre d’élèves qui sont loin d’être des premiers de la classe, mais les copines et les copains préfèrent souvent ce genre de trublion à ceux qui sont experts en version latine. Nicolas Sarkozy, j’en suis persuadé, à dû être comme cela dans les lycées chics qu’il a fréquentés étant jeune. Nous avons tous connu dans notre vie scolaire ou professionnelle ce genre d’individus, des hableurs, qui savent s’attirer la sympathie du plus grand nombre mais qui, en revanche, sont dans l’incapacité d’avoir prise sur les évènements.
Est-ce que je me trompe dans ce portrait du président de la République ? Assurément pas. Et c’est pour cela qu’il ne ressemble à aucun autre président de la République, aussi loin que l’on remonte dans le temps. Toutes ses actions au quotidien témoignent de son désir de se démarquer de ceux qui l’ont précédé dans la place. Mais contrairement à ce que beaucoup de gens s’imaginent, cette attitude signifie qu’au fond de lui-même il ne se sent pas à sa place, et qu'il a des hâbits trop grands pour lui. Cette place il la voulait comme un trophée, mais maintenant il ne sait pas quoi en faire.
Il suffit de voir et d’analyser son action pour en être convaincu. Quand Nicolas Sarkozy est-il le plus à son aise ? Quand il est sur le terrain, et mieux même quand il est sur la défensive face à des gens qui lui sont hostiles. Là il donne sa pleine mesure, au mauvais sens du terme, comme il l’a démontré à maintes reprises, en banlieue quand il a parlé du Karcher, avec les pêcheurs quand il a demandé à l’un d’entre eux de venir s’expliquer avec lui, ou au Salon de l’Agriculture quand il traite de « pauvre con » un imbécile qui l’invective rudement. Tous ces gestes, toutes ces postures, sont plus celle d’un bateleur d’estrade que d’un président de la République. Aurait-on imaginé un de Gaulle ou un Mitterrand avoir de telles réactions ? Impensable, car pour eux il y avait d’abord la dignité de la fonction.
Dans le même ordre d’idées, il est inimaginable qu’un un autre chef d’Etat, en France ou à l’étranger, puisse dire en pleine conférence de presse avec des journalistes du monde entier des phrases du style, «avec Carla c’est du sérieux ». Rien que cela démontre que son égo est tout sauf démesuré, car l’égo des grands hommes leur interdit cette rhétorique. L’égo de Nicolas Sarkozy, c’est celui d’un potache exubérant. Peut-être d’ailleurs est-cela qui a plu à Carla Bruni. En tout cas, qu’il ait plu à cette dame n’est pas notre affaire, mais qu’il ait plu aux Français est beaucoup plus gênant car nous avons encore quatre ans à supporter ses pompes et ses œuvres. Et quatre ans c’est long, très long pour un pays comme le notre qui a du mal à avoir conscience de la gravité de la situation dans laquelle il se trouve, à moins qu’il ne refuse de la voir en face, ce qui revient au même.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Et si l'on faisait enfin confiance aux gens sérieux...
Les Français, je l’ai souvent souligné ici-même, ne passent pas pour être très rationnels dans leurs jugements politiques. Si je dis cela, c’est parce que je viens de découvrir qu’une enquête du CSA parue dans le Parisien indiquait qu’Alain Juppé était considéré, après François Bayrou, comme le Premier ministre idéal. Incroyable mais vrai me suis-je dit, au point de relire deux ou trois fois l’information pour être sûr de ne pas m’être trompé. Certains vont toutefois me faire remarquer que ce n’est qu’un sondage, mais c’est quand même rafraichissant de lire de telles informations.
Peut-être après tout que les Français se rendent compte à quel point ils se sont fourvoyés, en envoyant à l’Elysée un président qui ne le sera jamais, et en se faisant une bonne opinion d’un premier ministre qui ne l’est pas non plus, les deux formant un couple tout à fait improbable. De plus, ils savent depuis longtemps que ce ne sont pas les socialistes qui peuvent représenter une alternative crédible le moment venu. Alors ils se tournent vers des hommes qui représentent une certaine compétence, et surtout qui ne vivent pas de faux-semblants.
Alain Juppé, comme il le dit lui-même, n’est pas bling-bling mais il représente aux yeux des Français déboussolés un gage de sérieux. Quand à François Bayrou c’est encore autre chose, car l’image que les Français ont de lui est celle du rassemblement des compétences pour gouverner autrement. On est loin avec ces deux hommes de conviction, des extravagances du président de la République, de l’image de grand méchant mou que donne le Premier ministre Fillon, de l’impression de dilettantisme de Jean-Louis Borloo, ou des perpétuels grands écarts idéologiques des responsables de gauche.
A ce propos, on ajoutera pour ces derniers une bonne dose démagogie, qui n’est pas sans rappeler celle dont a toujours fait preuve Nicolas Sarkozy, et que les dirigeants socialistes étaient les premiers à lui reprocher. Quand j’ai entendu vendredi que Ségolène Royal avait demandé le déblocage de 500.000 euros pour venir en aide aux pêcheurs, je suis presque tombé à la renverse. Je ne nie pas qu’il faille venir en aide à cette profession sinistrée, mais qu’une région débloque une telle somme rien que pour satisfaire l’ego et les ambitions de la présidente est tout simplement ahurissant, d’autant que cette somme, pour importante qu’elle soit sur le budget d’une région, ne représente qu’une goutte d’eau par rapport aux problèmes qui affectent la pêche française.
Quant à l’autre principal postulant au poste de Premier secrétaire du Parti Socialiste, je veux parler de Bertrand Delanoe, voilà qu’il est devenu à la fois socialiste et… libéral, plus que Sarkozy même aux dires de certains de ses amis. Il fallait oser, et le maire de Paris l’a fait. Evidemment, ces déclarations n’ont fait qu’ajouter à la confusion dans un parti qui ressemble de plus en plus à une colonie de vacances sans moniteurs. Et encore on n’a rien vu, paraît-il, car du fin fond de l’Amérique, Dominique Strauss-Khan qui pourtant avait juré ses grands dieux qu’il terminerait son mandat au FMI, déclare maintenant qu’il se verrait bien le candidat socialiste en 2012. Décidément je n’arriverai jamais à comprendre comment on peut faire confiance à de pareils zigotos !
Alors les gens se posent des questions à propos des responsables politiques, et sont à la recherche de personnages qui inspirent confiance, même si l'on peut regretter encore une fois qu’il eut mieux valu qu’ils y pensassent avant. Si François Bayrou avait été élu président de la République, peut-être qu’Alain Juppé aurait été son premier ministre, peut-être aussi que Jean Peyrelevade aurait été ministre des Finances etc. En tout cas, il est vraisemblable que le gouvernement serait composé avec davantage de gens sérieux, même si hélas il y aurait eu force députés du Nouveau Centre qui…n’auraient pas quitté François Bayrou pour Nicolas Sarkozy, si ce dernier avait été éliminé du second tour. Il faudra s’en rappeler le moment venu, mais c’est un autre débat.
Cela dit, pour revenir à ce sondage, il va bien falloir qu’un jour ou l’autre les Français se mettent en accord avec eux-mêmes. N’oublions pas que si Alain Juppé a remporté haut la main l’élection municipale de Bordeaux, il avait été battu quelques mois auparavant lors des élections législatives dans une circonscription traditionnellement acquise à la droite. Quant à François Bayrou, malgré toutes les vertus qui lui sont prêtées, les Palois lui ont préféré comme maire une candidate du Parti Socialiste, dont la qualité première est précisément d’être une bonne militante socialiste. Comme je le dis souvent, cela fait partie des mystères du suffrage universel.
Espérons quand même que dans quatre ans au plus tard les électeurs manifesteront dans les urnes, et non à travers des enquêtes d’opinion, leur désir de voir redonner à la politique ses lettres de noblesse. Ce serait la meilleure nouvelle pour notre démocratie qui subit avec difficulté les assauts de la démagogie sous toutes ses formes. Et ce serait aussi le signe que les électeurs sont prêts à faire le nécessaire pour que la France s’engage enfin sur la voie du progrès, dans une économie de liberté où chacun jouerait le rôle qui doit être le sien, qu’il s’agisse de l’Etat ou des citoyens. Mais au fond n’est-ce pas plus facile d’écouter des faiseurs de miracles qui ne pensent qu’à complaire à l’électorat et à garder leurs privilèges?
Michel Escatafal