Sur l'Afghanistan...
Pendant que notre président de la République s’active sur tous les fronts, notamment en Irlande où il va essayer de réparer une de ses multiples bourdes diplomatiques, mais aussi à propos de la réforme des institutions qui va donner aux Français une nouvelle occasion de voir jusqu’où peut aller la duplicité de leurs élus, il y a dans le monde des évènements autrement plus importants dans lesquels nous sommes impliqués. Je veux parler bien évidemment de ce qui se passe en Afghanistan qui a fait la une de nombreux titres, surtout à l’étranger, en raison de la visite de Barack Obama dans le pays.
Avant d’aborder ce sujet, revenons toutefois un instant sur la réforme des institutions qui sera entérinée ce jour en fin de soirée, car n’en doutons pas le vote sera positif. Entre des gens comme Jack Lang ou les Radicaux dits de gauche qui n’aspirent qu’à récupérer un maroquin, et les parlementaires UMP à qui l’on peut tout demander, tellement ils ont peur de perdre les faveurs du pouvoirs et des investitures qui vont avec, gageons qu’il manquera quelques voix pour infliger au président de la République un sévère camouflet. En tout cas, si on ne le savait pas jusque-là, les Français sont édifiés quant au courage politique du Premier ministre. Quelque soit le résultat du vote, il ne démissionnera pas. Courageux, pais pas téméraire notre Premier ministre !
En ce qui concerne l’Afghanistan, la situation n’évolue pas dans le bon sens et tout le monde a l’impression que l’on nous cache la vérité, comme en témoignent les fortes paroles du candidat démocrate à la Maison Blanche qui estime qu’il faut renforcer les troupes « maintenant ». Cela confirme ce que nous lisons çà et là sur un conflit qui a commencé fin 2001, et qui n’en finit pas de susciter des interrogations. On a beau nous dire que les talibans ont été défaits militairement en quelques semaines, il n’en reste pas moins que ceux-ci se sentent de plus en plus forts et de plus en plus sûrs d’eux. Cela signifie une nouvelle fois ce que j’ai toujours dit, à savoir qu’on ne peut pas gagner une guerre quand on a tout un pays contre soi.
L’histoire est là pour démontrer qu’il est impossible d’asservir tout un peuple quels que soient les moyens employés. On va remporter quelques batailles, mais in fine l’envahisseur finit par partir. Annibal, considéré comme le plus grand capitaine de l’Antiquité écrasa les Romains au Lac Trasimène en -217, puis à Cannes en Apulie en- 216, mais il ne put prendre Rome et finit par être vaincu à Zama en -202. Plus près de nous, c’est bel et bien en Espagne que l’Empire de Napoléon commença à s’effondrer à partir de 1808, les Espagnols faisant ce que d’autres n’avaient pas fait, à savoir résister à celui qui voulait leur imposer ses volontés. Plus près de nous, les Américains ont découvert au Vietnam et en Irak, l’impossibilité de lutter contre un peuple qui refuse l’asservissement à une nation qui veut lui imposer son système économique et politique. Il est curieux que Georges Bush et ses « va-t-en-guerre » n’y aient pas pensé.
En Afghanistan, tous les observateurs avisés savent bien que cette guerre est sans issue, et que les Américains et leurs alliés, dont la France, ne contrôlent réellement que les pourtours de Kaboul. Après 7 ans de guerre cela fait peu, surtout avec un corps expéditionnaire qui approche les 70 000 hommes. De plus, pour couronner le tout, les bavures se multiplient avec des épisodes meurtriers qui frappent les populations civiles (64 civils tués par deux frappes aériennes mal ciblées dans le Nord-Est en début de mois), ce qui ne contribue pas à rendre populaire l’action des alliés. La semaine dernière encore, dans la province de Farah, des policiers d’une part et des soldats afghans et des forces de l’OTAN d’autre part, se sont pris réciproquement pour des talibans. On imagine hélas le décor, mais cela illustre aussi le défaut de coordination évident entre des troupes appartenant à 37 pays.
Et pendant ce temps, les talibans se permettent de lancer des insurrections meurtrières contre lesquelles apparemment la coalition ne peut pas faire grand-chose, sauf tuer un certain nombre de personnes prises pour des terroristes. A ce propos, on observera que notre ministre de la Défense, l’ineffable et nullissime Hervé Morin, en visite lui aussi ce week-end en Afghanistan (sans faire aucune ombre à Barack Obama !) a affirmé que « l’essentiel des forces rebelles provient des pays voisins, notamment du Pakistan ». Dans ces conditions on comprendra que le conflit soit loin d’être terminé, et qu’il serait mieux que la France ne participe plus à cette guerre dont les médias canadiens ont affirmé, dès 2006, que « c’était une intervention de type colonial ».
Il en est même qui disent que les militaires sont engagés dans une opération « visant à terroriser une population hostile à la présence d’une force d’occupation étrangère dans leur pays pour occuper une position géostratégique importante ». Sans aller aussi loin, le 26 avril 2007, Nicolas Sarkozy n’avait-il pas dit sur France 2 « qu’il était certainement utile qu’on les envoie (les troupes) dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit ne me semble pas décisive ». Encore une fois Nicolas Sarkozy a menti aux Français… .
Michel Escatafal
Un nouveau fiasco diplomatique retentissant...
Depuis quelques jours, et malheureusement c’est ce que je craignais, on voit Nicolas Sarkozy sur tous les fronts à la fois européens et français. Il est partout et, j’oserais dire, nulle part à la fois. Hier par exemple, il a fait un discours de trois heures au Parlement Européen, dans le plus pur style de ses campagnes électorales, ce qui a beaucoup plu à nombre de députés européens, mais a-t-il fait avancer pour cela la cause européenne ? Certainement pas, car au-delà du catalogue énoncé sur ce qu’il fera dans les six mois à venir personne n’est dupe, sachant très bien qu’il ne s’agit que d’un catalogue, et nous Français sommes payés pour savoir ce que cela vaut.
En tout cas, avec la question d’assister ou non à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin, nous avons l’exemple même de ce qu’il ne fallait surtout pas faire et de ce qu’aucun des prédécesseurs de Nicolas Sarkozy n’aurait fait. En fait si notre président de la République donne l’image d’un homme actif et déterminé, il n’est réellement ni l’un ni l’autre. Comme toujours avec lui on est dans l’illusion, dans le virtuel, et toujours à contre temps. Au moment où nombre de chefs d’Etat ou de gouvernement s’indignaient de la répression au Tibet (en mars dernier), Nicolas Sarkozy était muet…parce qu’il y avait au même moment des discussions entre la Chine et des entreprises françaises sur des contrats de vente d’avions, de TGV ou de matériel nucléaire.
Notre président de la République, se croyant plus malin que les autres, s’imaginait qu’en ne réagissant pas à ces atteintes aux droits de l’homme sur le territoire chinois, il emporterait plus facilement la mise sur ces contrats. Funeste erreur, indiquant bien que Nicolas Sarkozy est un pur amateur en termes de diplomatie, car non seulement les Chinois n’en ont pas voulu aux dirigeants allemands, britanniques ou espagnols de leurs prises de position sévères sur les évènements au Tibet, mais en plus ils ont fait de la France leur bouc-émissaire quand Nicolas Sarkozy a agité la menace d’un boycottage de la cérémonie d’ouverture, si le gouvernement de Pékin ne revenait pas à de meilleurs sentiments vis-à-vis du Tibet.
Résultat final de toute cette agitation à la fois stérile et pusillanime, les autorités chinoises sont très en colère vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, et en plus sa venue à Pékin pour l’ouverture des Jeux Olympiques n’était pas du tout souhaitée comme je l’indiquais sur ce site il y a quelques jours. Pire même, nous avons eu droit aux menaces des dirigeants chinois (représailles économiques) si Nicolas Sarkozy s’avise de recevoir le dalaï-lama. C’est le fiasco politique le plus total et, sans doute, le plus retentissant depuis des décennies. Quelle humiliation pour notre diplomatie !
Bien entendu, Nicolas Sarkozy a joué (un peu) les fiers à bras en disant que personne ne pouvait l’empêcher de recevoir un Prix Nobel de la paix. Il n’empêche, cela faisait bien longtemps que la France n’avait subi l’humiliation de voir une puissance étrangère s’immiscer dans ses affaires intérieures. Et dire qu’il y a moins de cinq ans, elle avait suffisamment d’influence dans le monde pour empêcher les Etats-Unis d’obtenir un vote favorable à l’ONU pour déclencher la guerre en Irak ! Plus généralement, comme le soulignent de nombreux observateurs, tous les présidents de la 5è République jusqu’en 2007, ont permis que notre pays soit respecté dans le monde. La rupture dont nous a tellement parlé Nicolas Sarkozy est là, et elle est cruelle pour lui, ce qui n’a aucune importance, mais surtout pour la France, ce qui est beaucoup plus grave.
Voilà où nous en sommes après 15 mois de présidence Sarkozy. Nous savions que ce dernier n’avait pas les capacités pour être président de la République, mais nous imaginions qu’il s’efforcerait d’être dans la cadre de sa politique étrangère sur une ligne voisine de celle de ses prédécesseurs, dont tout le monde en France, dans l’Union Européenne et dans le monde, soulignait la cohérence dans le droit fil de la ligne imposée il y a une cinquantaine d’années par le général de Gaulle.
Hélas, nous avons élu un président qui confond l’UMP, son parti, avec les grands de ce monde. Il s’imagine que quelques coups de menton, quelques haussements d’épaules, quelques tapes amicales, suffisent à bâtir une politique étrangère digne de ce nom. Comment s’étonner dans ces conditions que nous ne soyons pas pris au sérieux. Décidément, les Français n’ont pas fini de payer l’erreur historique qu’ils ont faite en élisant un personnage aussi factice à la tête du pays. En fait les seules personnes à qui Nicolas Sarkozy puisse faire peur dans le monde sont les habitants de son propre pays, avec ses lois sur l’immigration, sur le droit du travail, sur l’aménagement du territoire, et plus généralement sur sa politique économique et sociale. Quant aux dirigeants chinois, russes, vénézuéliens…il y a longtemps qu’ils savent à qui ils ont à faire avec Nicolas Sarkozy.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Tous plus amateurs les uns que les autres...
Décidément la diplomatie française ne va pas fort en ce moment. Oh certes, je ne vais pas polémiquer sur ce qu’a dit Ségolène Royal au Québec à propos de la libération d’Ingrid Betancourt et des autres otages, même si effectivement cette libération est totalement colombienne et ne doit rien à l’action de Nicolas Sarkozy. Non, je vais plutôt parler une nouvelle fois de l’amateurisme français en matière de diplomatie. On peut faire des erreurs, cela arrive à tout le monde, mais quand on les fait dans le cadre d’un discours officiel c’est beaucoup plus grave.
C’est ce qui s’est passé avec François Fillon cette semaine dans le cadre du 400è anniversaire de la fondation de Québec par l’explorateur français Samuel Champlain. Le Premier ministre français a commencé par rappeler aux Québécois qu’il y a « quarante ans une voix historique l’a tiré de son hivernement ». Les deux références n’ont guère plu aux Québécois présents à ce discours, parce que le fameux « Vive le Québec libre ! » du général de Gaulle reste assez douloureux pour nombre de Canadiens, y compris Québécois, et d’autre part pour les Canadiens le mot hivernement rappelle à ceux-ci que le Québec n’a pas toujours connu la prospérité qui est la sienne en ce moment.
Ensuite pour faire bonne mesure, le Premier ministre a ajouté : « Il n’y a qu’une France, et c’est elle qui depuis quatre siècles est présente en Amérique ». Voilà le type même de déclaration à caractère colonialiste qui généralement déplaît fortement à ceux qui les reçoivent. Elle déplaît d’autant plus que le Québec n’est plus français depuis la fin de la Guerre de Sept Ans en 1763, ce que François Fillon semblait ignorer, et qu’il devint en 1867 l’une des quatre premières provinces de la Confédération Canadienne. Et aujourd’hui encore, malgré plusieurs référendums liés à la souveraineté (1980, 1995), le Québec reste une province canadienne à part entière même si elle a gardé son caractère francophone. Cela François Fillon aurait dû y penser, car pour une fois qu’il pouvait s’exprimer à la place de Nicolas Sarkozy, il s’est comporté avec la même approximation de l’histoire que lui.
A propos de Nicolas Sarkozy, le monde retient son souffle si l’on en croit ses laudateurs, en France, pour savoir si oui ou non il sera présent à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin. Il doit donner sa réponse définitive, nous dit-on, la semaine prochaine à l’occasion du sommet du G8, mais personne ne doute que ce sera OUI. Cela étant, en lisant la presse étrangère je viens de découvrir que le président français ne sera pas le bienvenu à Pékin, contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire les médias français. En effet, s’il faut en croire un sondage d’opinion sur internet, relayé par la presse officielle chinoise, 80% des chinois sont hostiles à la venue du président français. Comme quoi, il n’était pas nécessaire de faire du zèle au moment du passage chaotique de la flamme olympique à Paris, ni d’envoyer Messieurs Poncelet ou Raffarin en mission de réconciliation.
En fait le président français, comme je l’ai écrit ici même plusieurs fois à propos de ce sujet, est victime de son inconséquence et pour tout dire de son manque de professionnalisme en politique étrangère… comme ailleurs. Après avoir feint de nombreux atermoiements, il avait fini par se résoudre à aller à Pékin le 8 août, à la condition que le dialogue soit restauré entre le pouvoir central chinois et le Dalaï Lama. Formellement, cela a été le cas et a paru suffisant à nombre de chefs d’Etat ou de gouvernement, par exemple le Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, d’où l’incompréhension et la fureur des dirigeants chinois devant les hésitations officielles de Nicolas Sarkozy.
Loin de moi l’idée de ne pas soutenir une démarche allant vers la recherche d’une solution durable à la question du Tibet, mais Nicolas Sarkozy n’est guère crédible aux yeux du monde sur la question des droits de l’homme, notamment depuis l’épisode de la venue de Mouammar Kadhafi à Paris. Par ailleurs, en tant que président du Conseil de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy ne peut pas ne pas tenir compte du fait que les 27 n’ont pas voulu adopter une position commune sur la présence ou non des Européens à Pékin le 8 août. Dans ce contexte, il était simple pour lui de dire qu’il se rendra à Pékin malgré les réserves qu’il pouvait formuler à titre personnel. C’est ce qu’auraient fait tous ses prédécesseurs. Résultat, c’est encore une fois en position de faiblesse, que la France et l’Union Européenne seront représentées par Nicolas Sarkozy à Pékin le 8 août même si, n’en doutons pas, les dirigeants chinois, comme les autres, sauront faire la différence entre la France et l’UE.
Que dire de plus ? Hélas rien, parce que nous sommes en démocratie et que Nicolas Sarkozy et sa majorité sont élus pour cinq longues années. Il reste à s’armer de patience, à préparer l’avenir aussi car les dégâts pour notre pays et ce, à tous les niveaux, vont être considérables. La France va sortir de ce quinquennat exsangue financièrement, mais aussi socialement et politiquement et, face à une situation aussi cauchemardesque, on a l’impression que les partis politiques français se sentent impuissants à mettre en place à la fois leur organisation et leurs idées. L’ennui c’est que l’histoire n’attend pas, et les citoyens ont besoin de savoir ce que les opposants à Nicolas Sarkozy proposent.
Apparemment, le Parti Socialiste n’est pas dans cette logique, engoncé qu’il est dans ses querelles de personnes, au point d’avoir abandonné la gauche et l’extrême-gauche à l’hyper médiatique Olivier Besancenot. Ensuite, il reste le Mouvement Démocrate de François Bayrou avec un leader incontestable, mais un parti qui n’en finit pas de se mettre en place. J’espère en tant que militant que tout cela sera réglé à l’automne, et qu’à partir de ce moment on pourra de nouveau penser aux choses sérieuses, à savoir dessiner le type de société que nous voulons, affiner notre projet économique et social, et tracer les lignes pour gouverner le pays autrement. Ces sujets sont autrement plus sérieux que les questions de personnes ou de règlement intérieur.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Un nouveau camouflet pour notre président de la République !
En tout cas si Nicolas Sarkozy pensait manipuler le colonel Kadhafi, il s’est bien trompé. Il est vrai que depuis le temps qu’il est au pouvoir, le dirigeant libyen a rencontré beaucoup d’interlocuteurs et ce n’est pas un novice comme le président français qui ira lui en remontrer. Et cela vaut à notre président de la République un nouveau camouflet sur la scène internationale, un de plus, à propos de sa fameuse union méditerranéenne qui, à force, va confiner au ridicule.
Mouammar Kadhafi a été en effet très clair vis-à-vis du projet qui tient tellement à cœur Nicolas Sarkozy. Sur ce même site, il y a quelques mois, j’écrivais en ironisant que notre président se prenait pour Octave Auguste, à moins que ce ne soit Trajan. Et bien il va finir comme Romulus-Augustule qui, rappelons-le, fut pour les historiens le dernier empereur romain (476). Cela étant, même si l’Empire romain n’était plus, son idéal d’unité et de grandeur n’est pas mort, et se transmettra jusqu’à nous. Certains diront que cet idéal se retrouvera dans le projet européen initié par Robert Schumann et Jean Monet, qui aboutira quelques années plus tard à la création de ce qui deviendra l’Union Européenne.
A ce propos, pour en revenir à Mouammar Kadhafi, on voit à travers ses déclarations qu’il suit de près les débats européens puisqu’il a dit : « L’Union Européenne veille sur son unité et refuse sa division et l’initiative de notre cher ami Sarkozy a été rejetée fermement par l’Europe. La ligue arabe n’accepte pas également de disperser ses rangs et de détruire son unité ». Même s’il est permis de douter de la sincérité des propos de Kadhafi sur l’unité du monde arabe, qu’il est bien le seul à trouver uni, force est de constater qu’il a bien résumé la situation à propos du projet mort-né d’union méditerranéenne.
Sur ce plan également on ne peut que noter le manque de diplomatie et de discernement de notre minuscule Césarion qui avait crû, à tort, que l’on pouvait se comporter avec les dirigeants étrangers comme avec les dirigeants de l’UMP. Le problème pour Nicolas Sarkozy est que Mouammar Kadhafi, mais aussi Abdelazziz Bouteflika, pour ne citer qu’eux, ne veulent pas d’une coopération avec un seul groupe de pays, ce qui signifie que si coopération il doit y avoir celle-ci se fera uniquement avec la Ligue arabe ou l’Union Africaine.
Cela a le mérite de la clarté, même si ce n’est pas gentil pour notre président de la République qui a pourtant reçu le dirigeant libyen en grande pompe à Paris, au point d’ailleurs d’y avoir laissé une bonne part de sa cote de popularité. Mais finalement il y a quand même une morale à tout cela, et la prochaine fois que Nicolas Sarkozy voudra tirer la couverture à lui sur le plan international au nez et à la barbe de ses collègues européens, il lui faudra mieux choisir son interlocuteur.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Ouf, la campagne présidentielle américaine peut commencer!
Pendant que chez nous en France on cite parmi les informations importantes, une interview de Carla Sarkozy dans le Parisien où elle explique comment elle a rencontré Nicolas Sarkozy, mais aussi les bisbilles pour ne pas dire les enfantillages entre le président de la République et le Premier ministre, aux Etats-Unis Barack Obama vient d’annoncer sa victoire dans les primaires démocrates. Oh certes les Etats-Unis c’est loin pour nombre de Français, c’est du moins ce que pensent certains médias, certes aussi nous savons bien que ce n’est pas le nouveau président américain qui va régler nos problèmes de pouvoir d’achat, mais compte tenu du poids des Etats-Unis dans l’économie et la diplomatie mondiales, l’élection américaine est un évènement majeur sur notre planète.
Il va l’être d’autant plus que cette fois les Etats-Unis vont avoir un candidat de couleur, ce qui est en soi une véritable révolution dans un pays qui, il y a 50 ans à peine, assassinait Martin Luther King le représentant de la minorité noire. Cela démontre que, malgré leurs travers, les Américains ont beaucoup évolué depuis cette époque très récente, et sur ce plan ils sont en train de donner une leçon au monde entier, surtout si le candidat Obama devient le président Obama. Evidemment, comme je l’ai déjà dit plusieurs fois sur ce site, il faut employer le conditionnel car même si les années Bush ont été catastrophiques pour les Etats-Unis à tous points de vue, même si le sénateur Mac Cain ressemble comme un frère à Georges Bush quoique certains puissent en dire, il faut attendre les résultats de l’élection d’autant que cette interminable campagne des primaires démocrates laissera à coup sûr des traces.
Interminable et même très dure essentiellement par la faute d’Hillary Clinton qui aura, finalement, commis beaucoup d’erreurs dans cette course à l’investiture, alors que son adversaire aura su éviter toutes les chausse-trappes qui lui ont été tendues au cours des six derniers mois. Et il y en a eu beaucoup, y compris en provenance parfois de son propre camp. De plus, même s’il lui est arrivé de commettre des erreurs, celles-ci ont été minimes alors que sa concurrente a accumulé les gaffes. Parmi celles-ci, on citera l’évocation de son voyage en Bosnie en 1996 où elle décrivait une arrivée à l’aéroport de Tuzla « sous le feu des snipers », alors que c’était l’endroit le plus calme du pays. Même Nicolas Sarkozy n’a pas osé aller aussi loin pendant sa campagne présidentielle !
On ajoutera aussi cette phrase étonnante de la part de quelqu’un qui se vante à la fois d’avoir les nerfs solides et une solide expérience de la vie politique : « Le soutien en faveur d’Obama décroît parmi les travailleurs américains, des Américains qui travaillent dur, les Américains blancs ». On peut toujours mettre cette répartie sur le compte de la déception de voir l’électorat suivre inexorablement une voie différente de celle qu’elle espérait, mais pareils mots dans la bouche de quelqu’un qui se veut une combattante du droit des minorités ne peuvent que contribuer à semer le doute dans les esprits, même si elle a été bien perçue dans certains milieux qui pour voter théoriquement démocrate n’en sont pas moins très conservateurs.
En tout cas, la campagne pour l’élection présidentielle va pouvoir enfin commencer. Cela fait déjà plusieurs mois que le sénateur Mac Cain fait la sienne, avec des thèmes connus et archiconnus depuis la première campagne de Georges Bush, et où figurent toujours en bonne place les accents guerriers qui sont la marque de fabrique des néoconservateurs américains. Est-ce que ce sera suffisant pour que les électeurs confient une nouvelle fois les rênes de l’Administration aux Républicains ?
Sans doute pas en espérant, comme je le pense, que les Américains choisiront leur président, non pas en fonction de la couleur de sa peau, mais en fonction de l’homme et de son programme lequel, notamment celui d'Obama, sera examiné avec une attention toute particulière y compris dans le reste du monde. Barack Obama semble avoir tous les atouts ou presque pour réussir parce qu’il incarne la nouveauté, parce qu’il dispose aussi d’un charisme exceptionnel qui permet à chaque communauté d’en faire son représentant, parce qu’enfin les Américains en ont sans doute assez d’essuyer des échecs qui rabaissent leur pays à un niveau inconnu depuis le début du 20è siècle.
Cela étant, il faut souhaiter pour le sénateur de l’Illinois que les supporters déçus d’Hillary Clinton ne se laissent pas aller à voter le 4 novembre, par dépit, pour le candidat républicain, dont les idées ne sont parfois pas très éloignées de celles de l’ex-candidate. C’est la raison pour laquelle nombreux sont les démocrates à souhaiter qu’elle brigue la candidature à la vice-présidence. Mais serait-ce un vrai plus pour Obama? En tout cas dans le camp de ce dernier on est sceptique et cela se comprend car, qu’elle le veuille ou non, Hillary Clinton ne représente nullement « ceux qui veulent faire de la politique autrement », comme nous disons au Mouvement Démocrate.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
De l'amateurisme en politique...
Certains d’entre vous m’ayant reproché gentiment de trop parler d’économie, nous allons aujourd’hui évoquer une nouvelle fois la politique internationale de la France. Disons tout de suite que celle-ci, il fallait s’en douter, est au diapason de tout le reste, avec un sentiment d’amateurisme qui ne fait que s’amplifier au fil des mois. Pendant sa campagne électorale présidentielle, Nicolas Sarkozy n’avait de cesse de parler de rupture avec ce qui se faisait précédemment, y compris sur la question des droits de l’homme. En fait de rupture, il y a eu surtout un alignement sur la politique des Etats-Unis, à l’instar de la Grande-Bretagne, mais cela ne nous vaut pas pour autant l’estime des autres nations, au contraire.
Je disais il y a peu que, malgré des déclarations beaucoup plus dures que les nôtres sur la question des droits de l’homme, l’Allemagne avait le respect des dirigeants chinois parce que les Allemands ne changeaient pas perpétuellement d’avis, au gré des négociations commerciales ou selon l’endroit où ils se trouvent, en Chine ou dans leur pays. Tout le contraire de la France avec des déclarations parfois fracassantes à Paris, et d’une extrême gentillesse en Chine. Et cela ne concerne pas seulement Nicolas Sarkozy, car Ségolène Royal y était allé aussi de son couplet lors de son voyage en Chine il y a un peu plus d’un an. Elle avait même vanté la justice chinoise !
En tout cas, les Français pourraient à force de duplicité et de louvoiements devenir persona non grata dans l’Empire du Milieu. La France en effet devient la cible principale de la fièvre antioccidentale qui sévit en Chine, ce qui est à la fois un comble et le signe que notre diplomatie à géométrie variable est carrément tournée en dérision. Après des appels au boycott des produits français, cette fois ce sont des manifestations qui ont lieu devant l’ambassade de France, le centre culturel français à Pékin et…les magasins Carrefour, malgré les efforts du groupe pour ne pas dire de mal de la Chine, où il compte 122 magasins. Compte tenu de la nature du régime politique chinois, il est impensable que ces manifestations ne soient pas organisées avec l’aval des autorités. Et ce n’est sans doute pas fini, avec le fait que le Dalaï Lama soit devenu citoyen d’honneur de la ville de Paris.
Cela étant pour ce qui concerne nos athlètes, ils n’ont a priori rien à craindre au niveau de l’accueil comme ont pu en témoigner nos deux représentantes de la natation synchronisée, en reconnaissance à Pékin. En effet, ces deux jeunes femmes ont constaté de visu qu’on n’en voulait pas aux futurs participants français aux Jeux Olympiques, mais uniquement à nos dirigeants politiques. C’est mieux ainsi, même si quelques contrats soi-disant signés ou sur le point de l’être pourraient en souffrir. C’est du moins ce que dit notre gouvernement, comme si les Chinois n’étaient pas des gens pragmatiques en affaires. La preuve avec l’Allemagne, ce qui signifie que si l’on a de bons produits à offrir à nos clients chinois, ils achèteront.
En attendant, notre président de la république champion de la rupture a envoyé des émissaires à Pékin, entre autres Jean-Pierre Raffarin, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, et Christian Poncelet, le président du Sénat. Ils doivent remettre au président chinois des lettres de Nicolas Sarkozy et…de Jacques Chirac destinées à rassurer « nos amis chinois » sur les vrais sentiments des gouvernants français. Au passage, l’ancien président de la République a dû savourer. Pour une fois, Nicolas Sarkozy ne trouve pas son prédécesseur trop ringard. Il est vrai que Jacques Chirac a toujours entretenu des liens amicaux avec les dirigeants chinois, et surtout il les assumait.
On peut imaginer que le président de la République abordera le sujet dans sa prochaine émission télé prévue jeudi, comme il en abordera d’autres. Il essaiera une nouvelle fois de convaincre les Français qu’il fera ce qu’il a dit qu’il ferait et, de nouveau, ces derniers ne le croiront pas parce qu’il leur a déjà trop menti, sur le pouvoir d’achat, sur la politique sociale, sur les impôts et les prélèvements obligatoires, sur les services publics, sur l’aide au logement, sur la politique familiale, mais aussi la politique étrangère et la défense en affirmant notamment qu’on n’avait pas vocation à rester en Afghanistan. Comment peut-on se renier à ce point ? Sur ce plan, Nicolas Sarkozy aura surpassé tous ses prédécesseurs de la 5è République. Espérons que le moment venu les Français lui rappelleront qu’on n’a pas le droit de se moquer d’eux à ce point.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Une politique inconstante et irrationnelle
Il est bien connu que Nicolas Sarkozy refuse toute filiation avec Jacques Chirac, un de ses anciens mentors. Pire même, il essaie par tous les moyens de s’en démarquer, le plus souvent d’ailleurs maladroitement. Et pourtant que de similitudes entre les deux hommes. Oh certes ils ne se ressemblent pas sur tout, notamment sur la taille, mais pour ce qui est des combinaisons politiciennes ils sont quasiment jumeaux. Enfin l’un comme l’autre ont été élus président de la République sur le mensonge, Jacques Chirac sur la fracture sociale qu’il n’a fait que contribuer à élargir, et Nicolas Sarkozy sur le thème du pouvoir d’achat qui ne fait que baisser pour les plus démunis, et qui augmente insolemment pour les plus riches. A la réflexion, il est aisé de s’apercevoir que c’est la même chose.
Les deux hommes ont aussi en commun, même si c’est rarement souligné, d’avoir perdu beaucoup d’élections. Chirac a dû s’y reprendre à trois fois pour arriver à l’Elysée, sans parler de la fameuse dissolution de 1997 qui s’était terminé par une arrivée miraculeuse de la gauche au pouvoir. On lui fera grâce du référendum sur la Constitution européenne où la plupart des partisans du OUI, entre autres Nicolas Sarkozy, ont été particulièrement nuls pendant cette campagne. De même nous ne lui imputerons pas les échecs, classiques et habituels, aux élections intermédiaires (municipales, cantonales, régionales et européennes).
Nicolas Sarkozy lui-même a subi plusieurs revers, dont le plus retentissant se situe lors des élections européennes de juin 1999, où la liste RPR-DL qu’il menait a obtenu 12,8% des voix, devancée par la liste RPFIE de Charles Pasqua et Philippe de Villiers (13%), et par liste du PS (22%). Personne n’a oublié non plus son échec personnel lors du référendum en Corse le 6 juillet 2003. En revanche on aura du mal à le créditer de ses succès électoraux à Neuilly, banlieue où la droite ne peut en aucune façon être battue, même en se déchirant comme elle l’a fait aux dernières élections municipales. En fait son seul vrai succès électoral, il l’a remporté le 6 mai dernier.
Cela dit, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac se rapprochent sur un autre point : l’un et l’autre ne tirent que des conséquences politiciennes de leurs échecs électoraux. Nicolas Sarkozy en fait l’entière démonstration avec le changement amorcé…dans la direction de son parti, l’UMP. Il n’est bien évidemment pas question pour lui de s’interroger sur la pertinence d’une action politique qui a déjà fait la preuve de son inefficacité. La preuve, les électeurs l’ont lourdement sanctionnée. Le plus urgent pour le président de la République, c’est de reprendre en main un parti qu’il s’était appliqué à désactiver sitôt élu.
Son obsession, en effet, comme l’a toujours fait Chirac est d’avoir la main mise totale sur son parti, ce qui explique les arrivées de Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet, au sein de la direction de l’UMP. Il est vrai que Nicolas Sarkozy est bien placé pour savoir qu’un rival peut prendre à tout moment la tête d’un parti, pour peu qu’il en ait l’ambition et la volonté. C’est d’ailleurs comme cela que, malgré l’habileté politicienne de Jacques Chirac, celui-ci s’est fait doubler par…Nicolas Sarkozy en 2004, en prenant la tête de l’UMP. Cela étant, beaucoup pensent comme moi que François Fillon, malgré sa popularité, n’a pas l’envergure pour réaliser ce type de pronunciamiento.
En revanche, en matière de politique étrangère, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ne se ressemblent pas vraiment. Certes pour moi, ni l’autre ni l’autre ne sont d’authentiques européens. Il suffit de se rappeler l’ « Appel de Cochin », où Jacques Chirac ne sachant comment s’y prendre pour contrarier l’action du gouvernement Barre en 1979, avait condamné « le parti de l’étranger et la politique de supranationalité », lors des premières élections du parlement européen au suffrage universel. Mais dans ses attaques incessantes contre la BCE, et dans la manière désinvolte qu’il a de se détourner de la législation européenne, Nicolas Sarkozy ne fait pas preuve de plus d’esprit européen que Jacques Chirac à cette époque.
Il est même aujourd’hui en décalage total sur ce plan, comme il l’est dans les relations extérieures. Jacques Chirac, une fois élu président de la République s’est efforcée de poursuivre l’action diplomatique de François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing, avec à la fois une coopération européenne très forte et une volonté d’indépendance nationale affirmée, dans la ligne de celle du général de Gaulle. Jacques Chirac l’a prouvé à maintes reprises, tant dans sa relation privilégiée avec l’Allemagne, qu’avec ses prises de position sur la guerre en Irak en 2003.
Aujourd’hui avec Nicolas Sarkozy qu’en est-il ? Et bien, on l’appelle « Sarko l’Américain » ou quand il rend visite à la Reine d’Angleterre « Sarko le Britannique ». Cette semaine, il en a fait des tonnes sur la relation franco-britannique au point de ne plus parler avec Gordon Brown de la vieille « entente cordiale » pour la remplacer par « l’entente formidable ». Au-delà des mots, cela veut dire que les Britanniques comptent sur Nicolas Sarkozy pour faire en sorte que ce nouveau concept amène la France et la Grande-Bretagne à une « relation forte avec notre partenaire américain » pour parler comme Gordon Brown. En clair, compte tenu des liens privilégiés entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, Nicolas Sarkozy va être « le caniche » de Georges Bush et de Gordon Brown à la fois. Et dire que son parti se veut d’essence gaulliste !
Et l’Europe alors ? C’est justement ce qui inquiète notre partenaire allemand. Jusqu’à présent les Allemands savaient que la France était leur partenaire privilégié et vice-versa. Depuis le 6 mai 2007, les relations entre Paris et Berlin ont été marquées par une instabilité chronique. Pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, « la politique du président Sarkozy apparaît inconstante et égocentrique », et ce n’est pas l’idée d’une union méditerranéenne sortie d’on ne sait où, vite diluée au demeurant par Angela Merkel, qui va redorer le blason de Nicolas Sarkozy en Allemagne. Bref, les Allemands craignent que cette « nouvelle fraternité franco-britannique » ne se fasse sur leur dos et au détriment de l’Europe.
Encore une fois, nous pouvons constater à quel point les Français se sont trompés en élisant un président démagogue et populiste à la tête de leur pays. La France est en train de perdre ce qui lui restait d’aura et de prestige dans le monde. Elle inquiète ses partenaires traditionnellement les plus proches en Europe et en Afrique, pour se rapprocher d’un axe anglo-américain qui la tient parfois pour quantité négligeable. Nicolas Sarkozy a pu s’en rendre compte encore une fois lors de sa visite en Grande-Bretagne, quand Gordon Brown lui a répliqué sèchement qu’il ne boycotterait pas la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin.
Et pourtant il avait annoncé lors de son discours au Parlement britannique (avant d’en informer officiellement les Français !) qu’il enverrait 1000 hommes de plus en Afghanistan, montrant par là sa volonté de reprendre toute sa place au sein de l’OTAN, ce qui ne pouvait que faire plaisir à ses hôtes qui n’en demandaient pas davantage. Il est vrai qu’en plus de leur désir de lutter contre les talibans, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont en commun des déficits de leurs finances publiques et de leur balance commerciale tout à fait considérables. C’est peut-être cela qui rapproche Georges Bush, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, mais il n’y a pas de quoi en être fier.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
Irak, Afghanistan, jusqu'Ã quand?
Sur ce site j’avais écrit il y a peu, que Georges W. Bush aura été le président qui a accumulé le plus d’échecs pendant les deux mandats qu’il a accomplis à la Maison Blanche. J’en profitais pour souligner au passage, qu’il était extrêmement étonnant qu’un président comme Georges Bush ait pu être réélu après un premier mandat calamiteux. Cela dit Nicolas Sarkozy a bien été élu l’an passé à la présidence de la République, en se faisant passer pour un homme neuf, alors qu’il avait été pendant quatre ans le numéro deux des précédents gouvernements. Pour autant il reste à espérer pour notre pays, que Nicolas Sarkozy n’accumulera pas avec la même constance que Georges Bush les échecs et les mauvaises décisions.
Je dis bien il reste à espérer, parce que les premiers mois de Nicolas Sarkozy à l’Elysée ont été dans la lignée des résultats de son ami américain, au point de subir un naufrage électoral aux élections municipales et cantonales dimanche dernier. En tout cas, il est heureux que la France ne soit pas une puissance militaire du niveau de celle des Etats-Unis ou de feu l’Union Soviétique parce que, dans cette hypothèse, il y aurait beaucoup à craindre de la part de notre président de la République. N’oublions quand même pas que, contre l’avis des militaires de haut rang et sans que le Parlement ait son mot à dire, il n’a de cesse d’envoyer des renforts français en Afghanistan et ce, au moment où plusieurs pays ayant des troupes là-bas veulent se désengager de ce conflit sans fin.
En fait, à part Nicolas Sarkozy et Georges Bush, tout le monde se pose la question du retrait des troupes guerroyant en Afghanistan et en Irak depuis respectivement 2001 et 2003. En effet, hier cela faisait cinq ans jour pour jour que les premiers missiles américains tombaient sur Bagdad, et le moins que l’on puisse dire est que le bilan de ce conflit est tout à fait désastreux. Au moins 80000 civils tués depuis le début du conflit, plus quelques dizaines de milliers de militaires dont 4000 Américains. A cela s’ajoute plus de 1500 milliards de dollars dépensés en pure perte, soit l’équivalent de la richesse nationale produite annuellement par un pays comme l’Italie.
Bref, une gabegie financière et plus encore humaine qui déshonore les Etats-Unis et ceux qui les soutiennent, même si nombreux sont ceux qui en Europe, en Australie et en Amérique s’insurgent contre cette guerre qui fait régner le chaos dans un pays plongé dans un désastre humanitaire sans précédent, au point de faire regretter aux Irakiens l’époque de Saddam Hussein. Quel beau résultat en effet, et quel triste constat pour un président des Etats-Unis qui achève son mandat dans la honte et l’opprobre du monde entier.
Et en disant cela je pèse mes mots, la meilleure preuve en étant le recul depuis quelques temps de l’usage de la langue anglaise. Il y a quelques années, la moindre interview de la part des correspondants étrangers dans les pays d’Extrême Orient ou encore dans les pays arabes, voire même sud-américains, se faisaient toujours en anglais. Aujourd’hui, cela se fait dans la langue du pays. Manifestement, Georges W. Bush aura largement contribué à l’affaiblissement durable de la nation dont il est le président, celle-ci ressemblant de plus en plus au « tigre de papier » dont parlait Mao Zedong dans les années 60 et 70.
L’Irak figure bien entendu au premier rang ou presque des préoccupations électorales des Américains. Je dis bien presque, parce que la crise qui frappe des pans entiers de l’économie des Etats-Unis prend de plus en plus d’importance dans l’esprit des Américains, qui sont chaque jour plus nombreux à subir les effets de cette crise. Et pendant ce temps leur pays dépense en Irak des milliards de dollars, qu’il est obligé d’emprunter au monde entier. Comme le dit un des auteurs d’une étude publiée sous l’autorité du Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz : « Aujourd’hui, le déficit de l’Amérique est tel qu’elle ne peut même plus sauver ses propres banques ».
A ce propos, les Américains commencent à réaliser que la guerre en Irak n’a pas que des conséquences néfastes sur le plan militaire ou sur les déficits de leur pays. Ils s’aperçoivent notamment que l’augmentation sans fin du prix du pétrole est aussi la résultante de ce conflit, et cela pèse lourdement sur le budget des ménages. C’est la raison pour laquelle, dans le débat électoral qui va occuper les Etats-Unis jusqu’en novembre, la question irakienne va accaparer les esprits presque autant que la question économique.
Mais que proposent les trois candidats qui animent, et vont animer, la campagne présidentielle américaine ? En fait, ils ont des propositions assez différentes qui, a priori, nous confortent dans l’idée qu’un démocrate devrait succéder à Georges Bush, compte tenu de l’impopularité de cette guerre. En effet le candidat républicain Mac Cain, vétéran du Vietnam, a déjà affirmé à plusieurs reprises qu’avec lui comme président les Etats-Unis ne se retireront pas d’Irak, allant jusqu’à rendre permanente l’occupation du pays, « cent ans s’il le faut ». Voilà qui a le mérite de la clarté et…qui fait plaisir aux plus excités des défenseurs de la « lutte contre le terrorisme ». On imagine qu’il fera de même en Afghanistan. Sur ce point il aura à coup sûr le soutien de notre président de la République, qui a dit le mois dernier quasiment la même chose en parlant «d’une guerre contre le terrorisme, contre le fanatisme, que nous ne pouvons pas et ne devons pas perdre ».
Les deux candidats démocrates sont eux pour le retrait, mais le calendrier n’est pas le même. Hillary Clinton prône un retrait qui commencerait 60 jours après sa prise de fonction, et qui se poursuivrait de manière progressive. Pendant combien de mois ou d’années ? Ce n’est pas précisé dans le programme. En revanche Barack Obama a été beaucoup plus précis : ce serait un retrait de toutes les troupes de combat dans les 16 mois. Cela voudrait dire qu’il n’y aura plus de combattants américains en Irak en juin 2010, ce qui inquiète quand même les observateurs, ces derniers n’imaginant pas que le pays puisse du jour au lendemain retrouver son calme et son assise, vu l’état de décomposition de la société irakienne après tant d’années de guerre.
On le voit, les scénarios qui sont envisagés par les trois candidats comportent de multiples incertitudes, et ce n’est pas une campagne électorale qui va les lever. Même l’hypothèse la plus simpliste, celle de Mac Cain, reste très aléatoire car il est impensable que les Etats-Unis puissent prolonger indéfiniment une aussi coûteuse occupation. Alors il faut souhaiter que le pire n’arrive pas, et que le désengagement américain se fasse en bon ordre quelle que soit la solution envisagée. Ces paroles sont celles de la sagesse, et vont à l’encontre des affirmations de Georges Bush qui croit encore, ou fait semblant de croire à la victoire des Etats-Unis, alors que de l’avis de tous les observateurs militaires l’armée américaine est à bout de souffle, comme elle l’est aussi en Afghanistan. Et puis dans les deux cas, de quelle victoire pourrait-il s’agir ?
Espérons là-aussi, sans trop y croire, que notre président de la République n’ira pas trop loin dans ses idées guerrières. A ce propos Nicolas Sarkozy, qui veut faire des réformes d’ordre institutionnel, serait bien inspiré d’abandonner le principe « du domaine réservé » d’un autre âge. Après tout, la politique étrangère ne saurait être interdite aux représentants du peuple. Alors pourquoi ne pas faire ce que François Bayrou avait proposé pendant la dernière campagne présidentielle, à savoir que chaque année un discours sur l’état du monde soit prononcé par le président de la République, et que cela donne lieu à un débat, et le cas échéant, au vote d’une résolution exprimant les orientations du Parlement. Voilà une réforme peu coûteuse qui serait une réelle avancée démocratique.
Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)
La Russie ne passera pas dans l'après-Poutine
Il y a un an comme aujourd’hui, nous abordions en France la dernière ligne droite de l’élection présidentielle. Ceux qui comme moi faisaient campagne pour François Bayrou avaient le coeur plein d’espoir parce qu’ils voyaient le leader centriste, comme on disait à l’époque, monter dans les sondages. Et de fait nous y avons cru jusqu’au bout, parce que nous nous disions qu’on ne pouvait pas accorder le label du changement à un homme comme Nicolas Sarkozy, au pouvoir avec ses amis depuis 2002. Nous connaissons tous le résultat, et si changement il y a eu dans notre pays, c’est celui dont les Français ne voulaient pas à savoir une dégradation de leur niveau de vie, des cadeaux fiscaux aux plus riches, des options en politique étrangère qui nous ramenaient 50 ans en arrière, et une manière de gouverner où se mêlent le toc, la frime et l’irresponsabilité. Bref, il s’est passé exactement ce que nous écrivions il y a un an, et cela ne nous réjouit pas pour autant.
Demain, il y a une autre élection présidentielle qui compte dans un pays, la Russie, à la fois proche du nôtre par l’histoire, mais aussi très éloigné dans sa culture démocratique. Certes en France notre président « bling, bling » manifeste parfois le goût qu’il aurait pour le pouvoir personnel, mais il sait bien que dans notre pays la ligne rouge ne peut pas être franchie impunément, sous peine de voir le peuple dans la rue. Cela Nicolas Sarkozy ne l’ignore pas, et il le sait d’autant mieux qu’en France on brûle vite ce que l’on a adoré. En revanche en Russie, cela ne gêne pas grand-monde de voir un président ayant tous les pouvoirs, le garder pour longtemps. Il est vrai que la tradition russe est très différente de la tradition française. N’oublions pas que les Romanov ont régné sur le pays de 1613 à 1917 et s’il y a eu aussi une révolution en 1917, celle-ci n’a pas apporté plus de démocratie qu’auparavant, au contraire même.
Donc, le 2 mars 2008, la Russie aura un nouveau président élu pour quatre ans. La seule nouveauté est que cette fois le Czar va changer de trône. En effet, le président en exercice Vladimir Poutine ne peut pas se représenter une troisième fois, parce que la constitution de la Russie l’interdit. Ne voulant pas changer la Constitution à son profit, il a tout simplement décidé de désigner son successeur à la tête de l’Etat, à savoir Dimitri Medvedev l’actuel vice-Premier ministre. Cela signifie que les Russes non seulement connaissent leur futur président, crédité d’environ 70% dans tous les sondages, mais ils connaissent aussi leur prochain Premier Ministre, qui sera Vladimir Poutine. Lequel, si tout se passe comme prévu, redeviendra président en 2012, se représentera en 2016 et sera donc élu jusqu’en 2020. Cela doit faire rêver Nicolas Sarkozy !
Quand on interroge les Russes pour savoir auquel des candidats ils vont accorder leurs suffrages, presque tous répondent : « Poutine, bien sûr ! ». Pour eux, Medvedev c’est le second nom de Poutine (ils apparaissent ensemble sur les affiches électorales), et le vrai responsable du pouvoir en Russie restera Vladimir Poutine. Celui-ci d’ailleurs ne fait pas mystère de ses intentions, puisqu’il a déjà confirmé à maintes reprises son intention d’assumer « l’autorité exécutive suprême » une fois devenu Premier ministre. Vladimir Poutine aura beaucoup plus de pouvoirs que François Fillon, ou plutôt Dimitri Medvedev aura quasiment les mêmes pouvoirs que François Fillon. Toutefois, pour rester dans la comparaison avec la France, la différence entre Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine réside dans le fait que s’il apparaît très hypothétique (heureusement) pour Nicolas Sarkozy d’être réélu en 2012, en revanche la réélection de Vladimir Poutine à cette même date est quasi certaine, sauf si…
Qu’est-ce que cela signifie ce sauf si… ? Tout simplement qu’il faudra nécessairement que le Czar, Poutine, se livre dans tous les cas de figure à quelques acrobaties constitutionnelles pour exercer pleinement le pouvoir. Tout d’abord, dans l’état actuel des choses, le Premier ministre ne s’occupe réellement que des dossiers mineurs, mais ne peut en aucun cas exercer la réalité du pouvoir. Donc pour que le Premier ministre puisse exercer ce pouvoir selon les termes de la constitution, il faudrait modifier la constitution, mais dans quatre ans il faudra faire le chemin inverse ce qui ne ferait pas très sérieux, notamment aux yeux de l’étranger. Mais qui s’en soucie en Russie ?
Cela étant, la constitution existe et Medvedev aura théoriquement les moyens légaux pour contrer Poutine dans ses aspirations. Après tout en 1999, qui connaissait Poutine quand il fut nommé Premier ministre par Boris Eltsine ? Quasiment personne et cela ne l’a pas empêché, en moins d’un an, de devenir le maître absolu et incontesté du Kremlin sachant jouer à la fois sur les sentiments nationalistes des Russes, sur la proximité avec la hiérarchie orthodoxe, et les aspirations des nouveaux hiérarques. De plus, comme le disent de nombreux exégètes de la vie politique russe, le peuple aime les dirigeants forts et lointains. Or Poutine est fort, c’est indiscutable, et il aussi très lointain pour ne pas dire mystérieux aux yeux du peuple russe. Le Czar cache soigneusement sa vie privée et personne, ou presque, ne connaît son épouse. Bref, c’est vraiment sur ce plan l’anti Sarkozy !
Alors, la question se pose de nouveau : le nouveau président qui devra toute sa carrière à Poutine, aura-t-il l’envie avant d’avoir la force de devenir calife à la place du calife ? Et si oui, pourra-t-il mettre à l’écart un homme qui tient pour le moment tout l’appareil du pouvoir, qui a le soutien des puissances d’argent et des médias dirigés par des hommes à lui ? A priori, cela paraît impensable et le pronostic général est que, constitution ou pas, Vladimir Poutine continuera d’exercer la réalité du pouvoir et de l’incarner à l’extérieur, pour de longues années encore. Nous en connaissons au moins un qui aimerait être dans la même situation !
Michel Escatafal
Vivement le 4 novembre 2008 !
Alors qu’en France on s’apprête à voter pour des élections locales importantes les 9 et 16 mars prochains, aux Etats-Unis la bataille des primaires continue dans chaque camp, même si ses résultats commencent à être connus, voire même définitifs pour le camp républicain. Ils sont en effet un peu plus incertains pour ce qui concerne les démocrates, mais beaucoup d’observateurs pensent que l’avantage pris par Barack Obama est suffisant pour lui valoir l’investiture de son parti. Ce serait évidemment un premier succès important dans la mesure où il y a moins de trois mois, personne n’aurait parié un dollar sur Barack Obama.
Avec sa formidable machine de guerre, avec son nom aussi, Hillary Clinton apparaissait comme l’antidote parfaite contre le candidat républicain, quel qu’il fût. L’ex First-Lady semblait inarrêtable et son triomphe annoncé. Aujourd’hui, fin février, face à une Amérique en dépression, jamais le candidat de l’Illinois n’a semblé incarner avec une telle force le renouveau et l’espoir, dont il a fait ses thèmes de campagne. Pour beaucoup il n’est déjà plus un homme politique, il n’est plus ce jeune candidat dont personne ne sait trop ce qui se cache derrière l’enthousiasme qu’il provoque à chacune de ses apparitions, il est déjà devenu le président des Etats-Unis.
Il l’est d’autant plus que personne n’ose imaginer que cette Amérique orgueilleuse, fière de sa jeune histoire, puisse de nouveau se livrer quatre ans supplémentaires à un conservateur comme John Mc Cain, même si sur certains points ses idées apparaissent en retrait de celles de Georges Bush, par exemple sur la torture. Il n’empêche ce vieux politicien, ce vétéran du Vietnam ne peut pas usurper l’image du changement comme a su si bien le faire Nicolas Sarkozy en France. Donc a priori il n’a aucune chance, et il va même au devant d’une terrible défaite, un peu comme celle qu’a subie la gauche en France en 1993, après une décennie de pouvoir socialiste.
Et pourtant ce n’est pas gagné d’avance car, paradoxalement, Barack Obama n’est pas en train de faire le plus difficile comme tout le monde le prétendait il y a quelques semaines encore. Tout d’abord je le répète, le candidat républicain est déjà désigné, ce qui veut dire que son camp ne se déchirera plus, à supposer qu’il l’ait déjà fait. En revanche, même si l’avantage d’Obama commence à être conséquent, les dès ne sont pas complètement joués chez les Démocrates, et il est vraisemblable que Madame Clinton ne se rendra pas sans combattre jusqu’au bout. Après tout qui aurait misé un franc sur Jacques Chirac, début 1995, face à un Edouard Balladur qui surfait sur des sondages très élevés. On connaît le résultat.
Certains comparent même la situation d’Obama avec celle de Ségolène Royal lors des primaires socialistes pour l’élection à l’Elysée à l’automne 2006. Elle avait surpassé Laurent Fabius qui faisait dans le populisme de gauche, et qui avait appelé à voter NON au référendum sur la Constitution européenne, et surtout ce vieux matou de Dominique Strauss-Kahn qui, comme Fabius n’a jamais été de gauche, mais passait pour le seul capable de battre Nicolas Sarkozy. Cela dit, je ne ferais pas l’injure à Obama de le comparer à Ségolène Royal, ne serait-ce que sur le plan du charisme, le sénateur de l’Illinois étant capable en quelques phrases de faire vaciller les fans les plus résolus de ses adversaires, ce qui était loin d’être le cas de la malheureuse candidate du P.S.
Pour autant, la situation est quand même un peu comparable avec celle de la France à la fin de l’année 2006. Si Barack Obama est désigné comme candidat démocrate, il va se retrouver face à un candidat républicain qui va lui aussi se battre farouchement. Il va disposer pour cela de moyens considérables et chacun sait qu’aux Etats-Unis, plus qu’ailleurs sans doute, cela compte même si sur ce plan Obama n’est pas à plaindre. Mais plus encore, comme en France, entre le désir affiché de changement et réaliser ce changement en votant pour un candidat venu de nulle part, il y a un pas que nombre d’Américains ne voudront pas franchir.
D’abord comme toujours aux Etats-Unis, la différence entre les programmes économiques est minime, même si on peut imaginer que les Démocrates s’efforceront dans un premier temps de sortir de la spirale infernale des doubles déficits. En revanche ce que j’appellerais les voix flottantes, c’est-à-dire celles des électeurs intéressés par le discours d’un candidat, mais pas insensibles à celui d’un autre, ces voix là se portent plus facilement sur les candidats conservateurs. On le voit en France, le seul discours réellement audible de Nicolas Sarkozy aux yeux de beaucoup de Français, est celui sur la sécurité et la répression, alors que cela fait quatre ans qu’il tient le même discours sans résultat tangible.
Ensuite, les Etats-Unis sont ils prêts à élire un président de couleur, où plutôt comme le disent certains, ont-ils un réel désir de tourner la page, face à eux-mêmes et face au monde, pour aller jusque là, 40 ans après la mort de Martin Luther King ? A mon humble avis, là est toute la question. Pour ma part, j’espère de tout cœur que les Américains ne s’arrêteront pas à ces considérations, et amèneront dans leur pays ce changement de politique, notamment au niveau international, dont le monde a tellement besoin. Les dégâts de la politique étrangère de Georges Bush et des néo conservateurs ont été suffisants, non seulement aux Etats-Unis mais aussi dans le reste du monde, pour que l’on opère le plus rapidement possible un revirement salutaire.
Enfin, il va y avoir pour Obama à gérer jusqu’en novembre une nouvelle campagne où, soyons-en sûrs, les coups bas vont pleuvoir, et où il va falloir qu’il explicite davantage ses propositions, ce qu’il n’a pas fait jusqu’à présent. Il ne peut pas se contenter de faire ce qu’a fait Nicolas Sarkozy l’an passé, c’est-à-dire être élu uniquement sur deux ou trois idées simplistes et quelques slogans, bref sur un écran de fumée. Sur ce plan la désignation de son colistier sera très importante, et certains de rêver à un ticket Obama-Gore dont il faut reconnaître qu’il aurait belle allure. Attendons un peu.
Cependant, et c’est ce qui rend optimiste ses supporteurs, Barack Obama dispose d’un atout qui certainement fera la différence, à savoir son opposition à la guerre en Irak et, plus généralement, à la politique extérieure de l’administration Bush. Il résume cela très bien en disant : « Quand vous m’aurez choisi comme nominé, mon rival ne pourra pas dire que j’ai soutenu la guerre en Irak, ou que j’ai donné à Georges Bush le bénéfice du doute sur l’Iran, ou que j’ai hésité sur quelque chose d’aussi fondamental que l’utilisation de la torture par l’Amérique, parce que ce n’est jamais OK de torturer ». S’il n’a pas encore été précis sur ses orientations sur le plan intérieur, force est de reconnaître que sur le plan planétaire, les idées sont là et bien là.
Pour toutes ces raisons je pense et, vous l’aviez deviné, j’espère que Barack Obama sera le prochain président des Etats-Unis. Outre que le personnage apparaît plus sympathique que son adversaire conservateur, notamment aux yeux du monde, outre le vent de fraîcheur qu’il apporterait à une Amérique en mal de repères, ce serait aussi un merveilleux exemple que ce pays donnerait à l’humanité en termes de préjugés. Quel merveilleux symbole que voir un afro-américain diriger la seule super puissance dans le monde ! Vivement le 4 novembre 2008 !
Michel Escatafal