MichelEscatafal

Il faut garder l'espoir...

Par escatafal in sport - 27 jui, 2008

En ce moment se déroule le tournoi de Wimbledon, et je voudrais en profiter pour dire que j’apprécie de voir en clair quelques parties avec Canal+ Sport. Cela fait du bien d’autant qu’on y voit des Français, mais pas seulement puisqu’avant-hier soir c’était Roger Federer lui-même qui était sur le court. Cela signifie que l’on peut sans problème faire plaisir aux téléspectateurs en dehors de Roland-Garros et de la Coupe Davis…si la France est encore en course. N’est-ce pas France Télévision ?

 Après cette énième mise au point, essayons de voir quels sont les espoirs français dans le plus prestigieux des tournois du Grand Chelem. En fait, ils se résument à Richard Gasquet, tellement le joueur est doué et capable de battre n’importe qui…s’il est en confiance. Pour autant peut-il battre à la fois Federer et Nadal, parce qu’une victoire dans le tournoi britannique en passera  par là. Difficile a priori, mais sait-on jamais ? En tout cas si cela devait se réaliser, je pense que la France tiendrait enfin son numéro 1 mondial, ce qui ne lui est jamais arrivé chez les hommes.

Il faut en effet séparer dans notre pays les hommes et les femmes, car ces dernières ont obtenu depuis les débuts de l’ére Open (1968) des résultats que les hommes n’ont jamais eus. En y incluant Françoise Durr qui a gagné Roland-Garros en 1967, les Françaises ont quand même obtenu 5 titres dans des tournois du Grand-Chelem grâce à Mary Pierce (France et Australie) et Amélie Mauresmo (Australie et Grande-Bretagne). En comparaison les statistiques chez les hommes sont faméliques. Depuis 1968, un seul titre : Noah en 1983 à Roland-Garros. En remontant jusqu’en 1946, outre Noah, une victoire cette année-là avec Marcel Bernard à Roland-Garros et une autre à Wimbledon avec Yvon Petra…et c’est tout. C’est maigre en comparaison de pays comme les Etats-Unis, l’Australie, la Suède, l’Allemagne, l’Espagne ou la Suisse.

Ces pays il est vrai ont eu la chance d’avoir pendant des années un numéro un mondial qui, évidemment, a tiré les autres joueurs de niveau international vers le haut. En enlevant les Etats-Unis et l’Australie, qui ne comptent plus leurs très grands champions (Sedgmann, Hoad, Rosewall, Cooper, Laver, Emerson, Newcombe pour l’Australie, et Seixas, Trabert, Olmedo, Smith, Connors, Mac Enroe, Sampras, Agassi pour les Etats-Unis), on observe que l’ère Borg en Suède a été suivie de l’ère Wilander puis Edberg. Derrière Becker en Allemagne, il y a eu Stich. Quant à l’Espagne, elle avait déjà dans les années 60 un numéro 1 mondial chez les amateurs, Manuel Santana qui a gagné 2 fois Roland-Garros,  plus Wimbledon et Forest-Hills (Internationaux des Etats-Unis avant Flushing Meadow). Ensuite il y eut notamment Orantes, Gimeno, Bruguera, Ferrero et Nadal. La France hélas n’a jamais eu chez les hommes un numéro 1.

Pourtant Henri  Leconte, pour ne citer que lui, aurait dû être celui-là, mais faute sans doute d’une motivation inversement proportionnelle à ses extraordinaires dons naturels,  il n’a pas réalisé la carrière à laquelle il pouvait aspirer. Certains ont dit que Si Leconte avait été américain ou australien, il aurait pu faire une carrière à la Mac Enroe, gaucher comme lui. On ne le saura jamais, mais personne n’a oublié qu’il a toujours réalisé ses plus grands exploits contre des joueurs qui ont dominé leur époque. N’oublions pas qu’il a été longtemps la bête noire de Lendl (8 victoires dans les tournois du Grand-Chelem) et qu’il a écrasé Sampras lui-même en finale de la Coupe Davis en 1991, alors qu’il relevait d’une opération pour hernie discale.

Alors il nous reste à espérer qu’un jour,  un joueur  français confirmera sur le plan international ses performances en junior. Les Français accumulent les vainqueurs de grands tournois… en juniors, mais ceux-ci calent toujours ou presque une fois arrivés chez les grands. Question de culture ? Peut-être, mais cette malédiction qui frappe les espoirs français finira bien par s’arrêter un jour, comme cela a été le cas chez les filles. Alors plus que jamais il faut croire en Gasquet, le plus doué de tous et de très loin, car j’en ai assez d’entendre parler de ce  Roland-Garros 1983, même si le jour de la finale j’étais très heureux. En plus, on n’a vraiment pas eu de chance, car le seul Français qui ait participé à deux finales de tournois du Grand-Chelem depuis l’époque des Mousquetaires dans les années 20, Cédric Pioline en 1993 à Flushing-Meadow et en 1997 à Wimbledon, est tombé chaque fois sur un des  plus grands joueurs du siècle (Sampras).

Michel Escatafal  (michel.escatafal@orange.fr)


Les 24 heures du Mans : souvenirs, souvenirs...

Par escatafal in sport - 15 jui, 2008

Les 24 heures du Mans sont aux dires de nombreux observateurs la plus grande course automobile du monde. D’abord parce qu’elle dure 24 heures, et ensuite parce qu’elle a une histoire pratiquement ininterrompue depuis 1923, les seules parenthèses se situant entre 1940 et 1948, sans oublier celle de 1936, l’épreuve étant annulée en raison des grèves dans l’industrie automobile. Enfin son palmarès est tout à fait somptueux, puisqu’on découvre parmi les marques victorieuses tous les grands noms qui ont fait la gloire du sport automobile. De mémoire je citerais Alfa-Romeo, Bugatti, Talbot, Ferrari, Jaguar, Mercedes, Aston-Martin, Ford, Porsche, Renault, BMW, Audi et même Mac Laren.

En effet, si je cite des marques de voiture c’est parce que les 24H du Mans sont d’abord une course de marques, chacune d’entre elles ensuite essayant de réunir les meilleurs atouts pour gagner. Parmi ceux-ci figuraient pendant longtemps les pilotes de Formule 1, en fait jusque vers la fin des années 60. Ainsi, on a vu dans les années 50 Ferrari, mais aussi Mercedes pour ne citer qu’elles, ne pas hésiter à engager leurs meilleurs pilotes  au Mans. On eut même en 1955, une course sur laquelle je reviendrai, un tandem Fangio-Moss sur Mercedes qui réunissait tout simplement les deux meilleurs pilotes du moment.

 Depuis cette époque, si des pilotes de F1 figurent au palmarès c’est une fois leur carrière terminée dans la discipline reine.  Cela étant, il y a quand même parmi les vainqueurs des noms figurant parmi les plus fameux du sport automobile, notamment Tazio Nuvolari et Jean-Pierre Wimille dans les années 30, Gonzales mais aussi Trintignant et Mike Hawthorn qui fut champion du monde de F1 dans les années 50, Lorenzo Bandini,  Pedro Rodriguez, mais aussi Phil Hill et Jochen Rindt qui furent  champions du monde dans les années 60, sans oublier plus tard Didier Pironi, Jochen Mass et Michele Alboreto.

A ceux-là s’ajoutent deux noms dont il faut parler un peu plus longuement, parce qu’ils ont contribué à faire à la fois  l’histoire des 24h du Mans et  l’histoire du sport automobile. Jacky Ickx parce qu’il a été sans doute le pilote le plus éclectique qui ait jamais existé,  puisqu’il a remporté 8 victoires en grand prix F1, mais aussi de très nombreuses courses d’endurance dont 6 fois les 24h du Mans, sans oublier même si c’est anecdotique une victoire dans le Paris-Dakar. Le deuxième nom que je voudrais citer est encore plus prestigieux,  puisqu’il est le seul à ce jour à avoir réalisé le triplé « champion du monde de F1 (2 fois), 500 miles d’Indianapolis et 24H du Mans ». Je dis bien à ce jour,  car si Jacques Villeneuve gagne aujourd’hui, il aura réalisé le même exploit.

Ce que je voudrais souligner aussi à propos des 24 h du Mans, c’est la vitesse atteinte par les bolides qui évoluent et qui évoluaient sur le circuit de la Sarthe. En 1951 déjà, la Jaguar victorieuse avait dépassé les 150 kmh de moyenne sur 24 heures. Dix ans plus tard en 1961, la moyenne était de 186,5 Kmh  et en 1971 elle dépassait les 222 Kmh, chiffre qui n’a plus jamais été dépassé en raison des modifications apportées au circuit. Cela signifie qu’il y a plus de 50 ans, on dépassait très largement les 250 Kmh dans la ligne droite des Hunaudières. Le moins que l’on puisse dire est que les pilotes étaient à la fois courageux et téméraires, car les conditions de sécurité étaient très loin d’être ce qu’elles sont aujourd’hui dans les bolides, mais aussi sur la piste…et dans les tribunes.

A ce propos, je voudrais évoquer un souvenir personnel. C’était en 1955, et mes parents passionnés de sport auto voulaient aller assister aux 24h du Mans. Bien entendu, j’aurais été du voyage et je piaffais d’impatience en attendant ce jour, d’autant que la lutte s’annonçait  somptueuse entre Jaguar et Mercedes. Jaguar avait récupéré pour l’occasion le pilote britannique Mike Hawthorn qui un peu plus tard (en 1958) sera champion du monde F1 sur Ferrari. Mercedes avait aligné 3 voitures dont une aux mains de Fangio et Moss, comme je l’ai déjà dit auparavant. Bref tout était prêt pour pouvoir assister à un sommet du sport automobile. Hélas si j’ose dire, au dernier moment nous avons été obligés d’annuler le voyage au Mans. Quelle déception, mais cela nous a peut-être sauvé la vie.

En effet, cette année là, une mauvaise manœuvre de Mike Hawthorn allait provoquer une catastrophe sans pareille sur les circuits. Le pilote britannique ayant mal calculé la position de son stand fut obligé de donner un coup de frein qui surprit celui  qui le suivait (Macklin sur Austin). Celui-ci  à son tour freina sèchement,  et en dérapant se mit dans l’axe de la Mercedes de Levegh qui, arrivant à 250 kmh, ne put l’éviter.  La Mercedes en heurtant la plage arrière de l’Austin décolla et alla s’encastrer sur un terre-plein de protection, où elle explosa telle une bombe provoquant la mort de 85 spectateurs et une centaine de blessés.

Peut-être aurions-nous été ailleurs sur le circuit, mais connaissant mon père je parie qu’il aurait pris des places parmi les meilleures,  donc peut-être près des stands. A noter que ce jour-là, ce fut un miracle si le grand Juan-Manuel Fangio resta en vie, car sans un geste de Levegh qui lui fit signe qu’il se déplaçait sur la gauche, il n'aurait jamais eu l'idée de dépasser Macklin sur la droite où, miraculeusement,  il ne fit qu’effleurer la Jaguar d’Hawthorn qui rentrait enfin à son stand. Quelques minutes plus tard, venant de réaliser l’ampleur de la catastrophe, Fangio s’arrêtait en ayant l’impression d’être ressuscité. En signe de deuil, Mercedes quelques heures après la catastrophe ordonna l’abandon des deux voitures encore en course.

 On ne reverra plus Mercedes sur les circuits pendant des années. C’était la dure réalité du sport automobile à l’époque. Heureusement aujourd’hui  la sécurité est omniprésente sur les circuits comme dans les voitures,  et pareille catastrophe ne pourrait pas se reproduire. Tant mieux, ce sport est tellement beau qu’il ne méritait pas de voir ses plus valeureux représentants risquer leur vie à chaque course. En outre, de nos jours, il offre  à ses aficionados le plaisir d’assister en toute sécurité à ces joutes ô combien spectaculaires.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)


Quelques statistiques à propos du Championnat d’Europe des Nations…

Par escatafal in sport - 7 jui, 2008

Compte tenu de tout ce qui est dit ou écrit sur le Championnat d’Europe des Nations qui va se dérouler à partir d’aujourd’hui en Suisse et en Autriche, je vais vous faire part de quelques  calculs statistiques auxquels je me suis livré, relatifs aux 16 équipes qui se sont qualifiées pour la phase finale de l’Euro 2008.

Tout d’abord j’observe que,  contrairement à la Coupe du Monde, le nombre de pays vainqueurs du Championnat d’Europe des Nations est beaucoup plus important. En effet, sur 12 éditions depuis 1960, il y a eu 9 pays différents qui ont remporté la compétition, ce qui est beaucoup plus que pour la Coupe du Monde,  où seulement 7 pays l’ont emporté en 18 éditions.

A ce propos, parmi les 16 nations participantes à la phase finale, seules 3 ont remporté à la fois la Coupe du Monde et le Championnat d’Europe des Nations. Il s’agit de l’Allemagne, de loin la plus titrée avec 3 CM et 3 CEN, suivie de l’Italie avec 4 CM mais un seul CEN, et de la France qui a gagné une CM et 2 CEN, les 3 trophées ayant été remportés entre 1984 et 2000.

Ensuite  il y a cinq pays, la Russie (ex-URSS) en 1960, l’Espagne en 1964, la République Tchèque (issue de l’ancienne Tchécoslovaquie) en 1976, les Pays-Bas en 1988 et la Grèce en 2004 qui ont remporté chacun une fois le CEN. Cela signifie que les 8 autres pays qualifiés n’ont rien gagné à ce jour.

Autre statistique intéressante, le nombre de joueurs sélectionnés pour ce CEN et opérant à l’étranger. Là, on découvre que c’est dans les pays qui remportent le plus de trophées au niveau des clubs que le nombre de joueurs opérant à l’étranger est le plus faible,  à l’exception toutefois de la Russie, même si cette année elle a gagné la Coupe de l’UEFA.

En tout cas, dans la sélection russe, un seul joueur joue en dehors de la Russie (Allemagne). Ensuite viennent l’Allemagne et l’Italie avec 4 joueurs seulement appartenant à un club étranger, puis l’Espagne avec 5 joueurs. Après,  on trouve la Turquie (7), la Grèce (9), l’Autriche (10), la Roumanie et le Portugal (12) et la France (13). La Pologne et les Pays-Bas avec 14 joueurs, la Suède et la Suisse avec 16, la République Tchèque (20) et la Croatie (21) complètent ce classement.

Si l’Angleterre s’était qualifiée,  et avait été présente à cette phase finale du Championnat d’Europe, elle apporterait pleinement confirmation de ce que nous venons d’écrire. Les joueurs anglais gagnent beaucoup de compétitions européennes avec leurs clubs, du moins  ceux qui jouent, mais ne s’expatrient pas.

Ces statistiques  démontrent aussi qu’il existe réellement des places fortes dans le football mondial, en Europe comme en Amérique du Sud avec le Brésil, l’Argentine et quelques années auparavant l’Uruguay (9 CM à eux trois). Elles apportent la preuve également que la puissance des clubs (Angleterre et Espagne notamment) est souvent inversement proportionnelle au  palmarès des équipes nationales.

En fait il n’y a que deux pays qui peuvent se flatter de jouer sur les deux tableaux, l’Allemagne et l’Italie. La France, hélas, se situe à un niveau inférieur avec certes un beau palmarès pour son équipe nationale, mais celui-ci est famélique en ce qui concerne les clubs avec une seule victoire en C1 et une autre en C2 (ex Coupe des Coupes), le tout en 52 ans de compétitions européennes. Cela étant, j’espère que nous fêterons le dimanche 29 juin notre 4è victoire dans une grande compétition internationale, dix ans après la victoire en Coupe du Monde.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)

 


Les meilleurs ambassadeurs de l'Ethiopie et du Libéria

Par escatafal in sport - 30 mai, 2008

Même si je ne suis pas un fanatique de ce type de reconversion pour un sportif de très haut niveau, les projets de Haïle Gebreselassie de vouloir faire une carrière politique ont quelque chose de sympathique, dans un pays qui figure parmi les plus pauvres du monde, l’Ethiopie se situant en effet  au 226è rang sur 230 en ce qui concerne le PNB par habitant. Cela étant, depuis la fin de la guerre avec l’Erythrée (1998-2000), le pays s’est engagé sur la voie du progrès au point d’avoir vu son PNB global doubler entre 2003 et 2006, et ce malgré une sècheresse meurtrière en 2006, aggravée en outre par une invasion de criquets  dans l’Est du pays en avril 2007.

Dans ce contexte que Gebreselassie, double champion olympique et quadruple champion du monde des 5.000 et 10.000 m, s’engage en politique est peut-être ce qui pouvait arriver de mieux à son pays, d’autant qu’il est à la tête d’un ensemble d’activités (immobilier, écoles, salles de sport, cinéma) qui emploient 450 personnes. Cela démontre en tout cas qu’il a su parfaitement gérer l’argent qu’il a gagné sur les pistes du monde entier, mais aussi qu’il est bon citoyen puisqu’il n’a pas hésité à investir dans son pays, ce qui était pour le moins courageux il y a encore 4 ou 5 ans. De plus, l’ébauche de son programme ministériel ou présidentiel est très sympathique, en même temps que volontariste : « L’éducation, c’est la clé » affirme-t-il, et il ajoute : « Je voudrais que l’éducation soit accessible à tous. Si les gens étaient éduqués nous n’aurions pas tous ces problèmes ».

Avec de telles paroles on ne peut que lui souhaiter une pleine réussite dans sa future carrière, qu’il souhaite riche et active puisqu’il veut devenir « ministre, voire Premier ministre ou président », même si en Ethiopie le poste de président est purement honorifique. En tout cas s’il arrive à ses fins, il fera mieux que Georges Weah, l’ancien joueur de football du Paris SG et du Milan AC, qui n’a pas réussi à se faire élire président du Libéria en 2005, malgré un score très honorable (40,5% des voix). Il est vrai qu’il a été battu, lui le novice en politique, par une économiste reconnue ayant eu des postes à responsabilité, notamment à la Banque Mondiale. Mais la nouvelle présidente élue lui a proposé le poste de ministre de la Jeunesse et des Sports.

C’est le type de poste que l’on offre généralement aux anciens sportifs français qui deviennent ministre, à la notable exception de  Jacques Chaban-Delmas, ancien international de rugby, qui est devenu Premier ministre de Georges Pompidou entre 1969 et 1972. Parmi les plus connus, nous citerons Alain Calmat (champion du monde de patinage en 1965), Roger Bambuck (recordman du monde du 100m en 1968), Guy Drut (champion olympique du 110 m haies en 1976), Jean-François Lamour (champion olympique d’escrime en 1984 et 1988), sans oublier l’actuel secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte qui était jusqu’en octobre dernier le sélectionneur du Quinze de France.

Ont-ils réussi dans leurs fonctions ? Ni mieux, ni plus mal que les politiciens professionnels qu’ils sont devenus par la suite. Ils ont tous avalé les mêmes couleuvres sur le budget consacré aux sports, qui représente toujours largement moins de 1% du budget total et ce,  même si Nicolas Sarkozy quand il était candidat à la présidence de la République avait promis de porter ce chiffre à 3%. Aucun n’a réussi également à obtenir les crédits pour doter la capitale d’un vélodrome couvert entièrement voué au cyclisme, comme il y en a un peu partout en Europe, et pas davantage un stade nautique digne de ce nom. En fait, ils servent de paravent à une certaine misère qui affecte le développement du sport et de ses infrastructures,  le sport français étant considéré comme le royaume du bricolage dans nombre de disciplines.

Mais pour en revenir à Haïle Gebreselassie et Georges Weah, espérons quand même pour l’Ethiopie comme pour le Libéria, guère mieux loti sur le plan économique (228è sur 230 pour le PNB par habitant), que ces grands champions les aideront à faire reculer  la grande pauvreté qui y sévit  depuis tant d’années. En tout cas, leur nom est suffisamment connu dans le monde pour que la communauté internationale s’intéresse de plus près à leur pays, dont ils sont les meilleurs ambassadeurs.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)


A propos de campionissimi...

Par escatafal in sport - 28 mai, 2008

Aujourd’hui je ne vais pas faire comme tout le monde, et parler de la liste de Domenech pour le Championnat d’Europe des Nations. De toutes façons, dans notre pays on ne parle que de cela, et ce d’autant plus qu’il pleut à Roland-Garros et que nous n’avons pas de Française ou de Français capable de gagner le Tournoi. Alors je vais continuer à parler du Tour d’Italie qui est vraiment très intéressant cette année. D’abord parce que tous les meilleurs sont là, et ensuite parce que l’organisateur a eu la chance avec lui, notamment dans le désormais fameux contre-la-montre en côte de Plan de Corones avec ses 5 km de route non bitumée.

Il a eu de la chance parce qu’il n’a pas plu, alors qu’il ne se passe pratiquement pas un seul jour sans que la pluie ne fasse son apparition depuis le départ à Palerme. Cela nous a permis d’assister à un spectacle magnifique avec des coureurs qui ont mis environ 40 minutes pour faire 12,9 km. Cela nous ramenait quelques temps en arrière, à l’époque héroïque du cyclisme où les coureurs étaient habitués à s’affronter en montagne sur des routes en terre. Et pour couronner le tout, cette année le Giro devrait se jouer entre les deux nouveaux cracks du vélo, Contador et Ricco, ceux qui vont s’affronter dans les années à venir dans les grandes épreuves, et plus particulièrement dans les grands tours.

Alberto Contador qui a le maillot rose possède de l’avance  à tous points de vue sur son jeune rival. Il a déjà un palmarès conséquent avec, entre autres victoires, un Tour de France, Paris-Nice et le Tour du Pays Basque. Rien que ces trois épreuves suffisent très largement à meubler un palmarès.  Ricco de  son coté n’a pas encore gagné de grandes courses, mais cela s’explique aussi par le fait qu’il n’a pas 25 ans et que, jusqu’à présent, il n’est guère sorti de son pays. Cela étant le jeune homme a du tempérament et il a une énorme confiance en lui. Sera-ce suffisant pour gagner le Giro cette année ? Difficile à dire même si la tendance penche plutôt pour le jeune espagnol qui, d’ailleurs, craint davantage le vétéran Gilberto Simoni, double vainqueur de l’épreuve et troisième pour le moment au classement général. Résultat dimanche.

En attendant,  ces joutes sur le Tour d’Italie  rappellent ou évoquent pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du cyclisme sur route quelques grands moments de ce sport merveilleux. Prenons le Tour d’Italie de l’année 1953 avec l’affrontement au sommet de deux des plus grands coureurs de l’histoire, en tout cas les deux meilleurs au début des années 50. J’étais pour ma part très jeune, mais j’entendais mon père évoquer chaque jour du mois de mai* le duel entre Coppi et Koblet, entre le Campionissimo et le Pédaleur de Charme. L’un et l’autre étaient très doués, l’un et l’autre étaient très ambitieux, l’un et l’autre étaient déjà des coureurs qui avaient accompli beaucoup d’exploits sur la route et sur la piste.

L’affrontement fut énorme avec  une légère supériorité pour Koblet dans le contre-la-montre, exercice dans lequel le Suisse dans ses grands jours était imbattable, les deux hommes faisant quasiment jeu égal dans la montagne…jusqu’au dernier col le Stelvio, où Coppi réussira enfin à décrocher son grand rival pour lui prendre à la fin de l’étape un peu plus de 3 minutes. Suffisant pour gagner son cinquième Giro, et empêcher Koblet d’en gagner un second. Tout le monde avait souligné en Italie, en France ou en Belgique la qualité de cette lutte au sommet, et tout le monde était admiratif de la manière dont le Campionissimo avait su renverser une situation très compromise.

Curieusement, ce sera pour l’un comme pour l’autre un de leurs derniers exploits. Certes Coppi remportera cette même année le titre de Champion du Monde, mais ce sera quand même son chant du cygne. En effet, à part un Tour de Lombardie en 1954 il ne gagnera plus de grande épreuve, miné  notamment par des problèmes d’ordre privé, à une époque qui n’était pas celle d’aujourd’hui.  Koblet, bien que plus jeune de quelques années (6 ans) ne gagnera plus que le Tour de Suisse en 1955, victime à la fois d’une certaine malchance et, sans doute, d’un manque de motivation pour affronter trop longtemps les dures réalités d’une discipline aussi exigeante que le vélo. C’est dommage, mais ces deux super cracks continuent à alimenter la légende.

Contador et Ricco n’en sont pas là et n’en seront peut-être jamais là. Certains diront même qu’il n’est pas permis de faire une telle comparaison. Pourtant si le champion madrilène (25 ans) remporte le Tour d’Italie cette année, sans l’avoir réellement préparé, quelque chose me dit qu’il pourrait devenir lui aussi un très grand. D’ailleurs pour un étranger gagner le Giro est toujours d’une extrême difficulté. Aucun ne l’a remporté depuis 1996, et le premier à avoir réussi cet exploit en 1950 s’appelait…Hugo Koblet. Depuis cette date, ils sont à peine 15 à avoir réussi la même prouesse, et parmi eux on trouve Charly Gaul, Anquetil, Merckx, Hinault, Roche, Fignon et Indurain. Rien que du beau monde !

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)

*A l’époque les radios et les journaux français, y compris les quotidiens régionaux, rendaient compte des grandes épreuves du calendrier même si elles se déroulaient à l’étranger.


Des mercenaires? Pas vraiment

Par escatafal in sport - 22 mai, 2008

Est-ce que le rugby ne serait pas en train de prendre des dérives inquiétantes, notamment à travers les transferts de joueurs étrangers qui ne viennent que pour faire quelques piges avant de s’en retourner, fortune faite. En disant cela je sais que certains vont dire que j’exagère, car les sommes en jeu sont encore très nettement inférieures à celles du football, même si 300.000 ou 400.000 euros représentent une somme conséquente pour le plus grand nombre des supporters. Cela étant, le phénomène s’amplifie dans certains clubs même si la réussite est loin d’être à la hauteur des espérances.

Parmi ceux-ci  il y en a un qui fait très fort, le RC Toulon. Voilà un club qui a acheté la saison dernière,  Tana Umaga le centre emblématique de l’équipe de Nouvelle-Zélande. Il a du jouer au maximum une quinzaine de matches… pour paraît-il 350.000 euros. Ensuite il est devenu entraîneur et son président qui a apparemment les moyens,  a embauché d’authentiques vedettes de l’hémisphère Sud comme Merthens, Oliver, Gregan ou Mattfield, tous  joueurs il y a peu des équipes de Nouvelle-Zélande, d’Australie ou d’Afrique du Sud.

 Tout cela pour pouvoir monter en Top 14, ce qui va être fait mais en luttant jusqu’au bout. Et l’an prochain on annonce d’autres vedettes telles que le Néo-Zélandais Carter, le meilleur demi d’ouverture du monde, qui viendrait passer quelques mois à Toulon (décembre à mai ou juin) pour beaucoup plus que  ce qu’a touché Umaga. On croit rêver, surtout quand on sait que tous ces joueurs n’ont pas particulièrement brillé, et que deux ou trois d’entre eux vont quitter le club après moins d’une saison passée à Toulon. Toulon n’est pas le seul club à enregistrer ce genre de déception, voire  de fiasco. Perpignan et Clermont-Ferrand qui ont aussi fait signer des joueurs sud-africains  champions du monde, sont obligés de libérer ces joueurs pour  rejoindre leur équipe nationale en pleine phases finales du Top 14,  alors qu’au départ il ne semblait pas en être question. La leçon servira-t-elle pour  l’avenir ? Pas sûr, car les dirigeants du rugby, comme ceux du football, sont mégalos.

Mais au fait pourquoi embaucher autant d’étrangers  ce qui contrarie nos sélectionneurs qui, à certains postes,  n’ont plus de Français capables de bien figurer sur le plan international ? D’abord, nombre d’entre eux coûtent moins cher que les Français, sauf les vedettes. Ensuite les Argentins, les Italiens, voire les Roumains qui n’ont pas dans leur pays une vraie culture rugby sont très heureux de venir chez nous pour progresser et, accessoirement, en faire profiter leur équipe nationale. Il suffit de voir les résultats de l’Argentine à la dernière Coupe du Monde pour en être persuadé. Quant aux joueurs du Sud non internationaux ils s’acclimatent assez bien,  car c’est pour eux un bon moyen de gagner de l’argent grâce au rugby, ce qu’ils ne pourraient pas faire dans leur pays, y compris en Australie ou en Nouvelle-Zélande parce qu’ils ne sont pas sélectionnés en équipe nationale.

Cela est valable aussi pour les Fidjiens, les Tongiens ou les Samoans, très nombreux en Europe. Ceux-ci en effet, à part les meilleurs d’entre eux qui deviendront internationaux néo-zélandais ou australiens, n’intéressent guère les franchises du Super 12 (championnat du Sud). Du coup ils viennent en Europe où les championnats en France et en Angleterre rassemblent beaucoup plus d’équipes. Parfois même, ils peuvent porter le maillot de l’équipe nationale de leur pays d’accueil.

La différence entre les stars et les autres se situe à ce niveau. Ceux-là sont venus pour jouer au rugby, pour faire carrière et pour se comporter comme les joueurs du cru. Ils s’habituent et mesurent l’importance que peut avoir un titre de champion de France ou d’Angleterre. En France, remporter le bouclier de Brennus reste la récompense suprême, et les joueurs qui remportent ce titre sont des héros dans leurs villes. Les stars du Sud n’ont pas encore intégré cette notion, parce qu’au fond pour eux il n’est pas question de se projeter sur le long terme.  En fait, il n’y a guère que Kelleher, le demi de mêlée néo-zélandais du Stade Toulousain, qui soit à la fois une star et un modèle d’équipier. Il est l’exception qui confirme la règle.

Pour autant peut-on en vouloir à ces joueurs de s’engager en France et repartir quelques mois après ? Sûrement pas, d'abord parce qu'on leur demande de venir, et ensuite parce que finalement ce qui leur manque le plus c’est de porter le maillot de leur pays. Alors rien que pour cela nous ne les considèrerons pas comme des mercenaires. Ils sont venus, ils ont vu et sont repartis parce qu’ils ne sont pas chez eux. Cela étant, personne ne m’empêchera de préférer le comportement d’un Kelleher à celui d’un Montgomery, ni de souhaiter pour nos clubs français qu’ils se contentent de s’attacher les services de joueurs moins connus, mais infiniment plus motivés qu’ils soient français ou étrangers.

Michel Escatafal


Les supporters du foot sont vraiment très généreux

Par escatafal in sport - 20 mai, 2008

Si le football génère beaucoup d’argent, il coûte aussi de plus en plus cher aux supporters pour qui se rendre au stade est l’unique plaisir. Vu sous cet angle, il est certain qu’il vaut mieux aimer la poésie  que le football, ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas aimer les deux.  Soyons sérieux, si l’on exclut les débiles qui viennent au stade uniquement pour se défouler de manière stupide et violente, il faut peut-être se demander pourquoi des gens qui se comportent normalement dans leur vie de tous les jours, qui se lèvent tôt le matin pour aller travailler, se mettent  tout à coup à sauter par-dessus les grilles d’un stade, à envahir la pelouse, et  à casser tout ce qui passe à leur portée. On va me répondre  qu’ils sont déçus, et qu’en agissant ainsi ils vont peut-être se faire entendre. Mais de qui et à propos de quoi ? Telle est la question.

Quoiqu’ils fassent ils auront toujours tort, parce que  personne ne les soutiendra. On ne peut quand même pas soutenir quelqu’un qui casse des fauteuils dans un stade ou qui saccage des installations techniques, payés dans la quasi-totalité des cas par le contribuable. Et même si ce n’était pas le cas, casser est hautement condamnable. Donc, passé le moment de folie collective qui anime ces gens, la vie reprendra son cours dans le club comme avant ou presque. En fait dans le cas du R.C. Lens, puisque c’est à ce club que je pense suite aux incidents qui ont clôturé le match contre Bordeaux samedi dernier, la seule différence sera qu’au lieu de voir jouer Lyon, Bordeaux ou Marseille, on verra jouer Amiens, Sedan ou Guingamp. Mais au fait les supporters perdront-ils au change ?

Pas sûr, car d’après ce que j’ai compris les places seront moins chères, et rien que cela représente un sacré bonus sur une saison de football. Si ceux qui vont voir les 38 matches de Ligue 2 paient 50% de moins que pour la Ligue 1, et qu’en plus leur équipe gagne souvent, ils risquent fort de finir la saison satisfaits et n’auront aucune envie d‘envahir le stade. En plus, compte tenu de la différence de budget entre un club de Ligue 1 et de Ligue 2, avec un peu de chance il y a une possibilité de voir évoluer son équipe favorite avec quelques joueurs de la ville ou de la région, ce qui paraît impensable avec « la course aux armements » qu’engendre la Ligue 1.

Dans certains clubs, par exemple en Angleterre, il n’y a pas un seul joueur de nationalité anglaise sur le terrain, ce qui autorise certaines personnes à se demander comment on peut supporter le club d’une ville ou d’un quartier dans ces conditions. On peut d’autant plus se le demander que ces stars qui arrivent de partout, gagnent des sommes folles (plus d’une centaine de milliers  d’euros par semaine) ce qui impose au club d’exiger des tarifs exorbitants pour l’entrée au stade ou pour l’achat de maillots ou fanions de ce club. Et bien entendu, ceux qui vont au stade à tous les matches et qui dépensent un mois de salaire pour leur abonnement, qui achètent à leurs fils le maillot de Ronaldo, Gerrard ou Drogba, sont le plus souvent des gens qui ont du mal à boucler leurs fins de mois.

Alors en cas de défaite, la déception pour ne dire la rancoeur envahit ces supporters tellement ils se sentent partie prenante du sort de leur équipe, ce en quoi ils ont tort. Ils se mettent à pleurer comme des enfants parce qu’ils sont frustrés. Ils le sont d’autant plus qu’après avoir manifesté leur colère les joueurs les punissent,  en refusant  après une séance d’entraînement  de signer un autographe ou d’adresser le plus petit regard quand ils montent dans leur Porsche ou leur Mercédès. Quand aux dirigeants, la seule chose qui compte c’est gagner pour  rentabiliser leurs investissements. Tout le reste n’est que billevesée.

Sur le plan des compétitions par équipes nationales, c’est la même chose. Les maîtres d’œuvre s’appellent  FIFA (la fédération internationale) et UEFA (la fédération européenne) et celles-ci, déjà très riches, ne pensent qu’à l’être davantage. Le Championnat d’Europe des Nations, organisé cette année en Suisse et en Autriche,  génèrera 1,05 milliards d’euros de droits de télévision et marketing pour l’UEFA, contre 743 millions en 2004. Cela étant, on est loin des recettes engrangées pendant la Coupe du Monde  2006 en Allemagne,  qui avait rapporté 1,95 milliards d’euro à la FIFA.

Si les droits TV représentent une bonne partie des recettes (800millions d’euros pour le Championnat d’Europe 2008), les recettes marketing ne sont pas en reste, ce qui n’empêche pas le billet d’entrée au stade de valoir 70 euros en moyenne pour le match d’ouverture, 45 euros pour un matche de groupe, 60 euros pour un quart de finale, 80 euros pour les demi-finales  et 160 euros pour la finale, à supposer que l’on ait pu se procurer un billet.

Si l’on ajoute pour les supporters le transport et l’hébergement, le football est une passion qui coûte très cher, beaucoup trop cher et, je le répète, ceux qui paient leur entrée au stade sont généralement peu fortunés. Ils auront la consolation de se dire qu’ils participent largement aux succès commerciaux de leur sport préféré et …au paiement des primes de matches encaissées par ceux qu’ils critiquent à longueur d’année, les arbitres, qui vont toucher 10000 euros par match, soit une augmentation de 60% par rapport à 2004. Il faut bien vivre !

Michel Escatafal


Le sport est universel

Par escatafal in sport - 18 mai, 2008

Aujourd’hui nous n’allons pas parler de football comme tout le monde va le faire après la fin du championnat, et avant le Championnat d’Europe des Nations, parce qu’on  a déjà tout vu, tout entendu et tout lu sur le sujet…en France. En effet  il ne faut rien exagérer, car les Français restent des Français et tout ce qui ne vient pas de chez eux est sans importance. Même si je suis lecteur de l’Equipe, seul journal de sport dans notre pays (un signe !), je n’arrive pas à comprendre le pourquoi de cet ostracisme vis-à-vis de tout ce qui n’est pas français.

Pour ceux qui  comme moi  ont la chance de pouvoir suivre le sport à travers le monde, je suis tout simplement effaré par ce qui se passe en France. Prenons le cas du Tour d’Italie qui se déroule en ce moment : et bien pour la télévision française, notamment France Télévision, c’est une épreuve mineure. La preuve, le soir dans l’émission « Tout le Sport » on ne parle du Giro que pendant au mieux 15 secondes. Pourtant le plateau de cette année est infiniment supérieur à celui que nous aurons au Tour de France en juillet. Mais son traitement dans l’Equipe n’est guère meilleur. Est-ce parce qu’ASO (groupe l’Equipe) est propriétaire du Tour ? On est en droit de se poser la question.

En revanche les Italiens, et plus particulièrement la RAI (l’équivalent de France Télévision), retransmettent chaque jour l’étape du Tour de France pendant une heure ou deux,  soit presque autant que France Télévision et ce, même si les plus grands champions italiens ne sont pas là. C’est  la même chose dans la presse écrite (La Gazzetta dello Sport, Tuttosport…). Cette remarque est valable aussi pour le tennis, comme je l’ai déjà souligné ici-même, mais aussi pour l’athlétisme, l’escrime etc. En France, ces sports n’existent que si un représentant français a une chance de s’illustrer, ce qui évidemment n’arrive pas tous les jours. En fait il n’y a que le football qui ait un traitement de faveur, en grande partie d’ailleurs grâce (ou à cause) de Canal +.

En revanche les autres sports d’équipe subissent le traitement du cyclisme, de l’athlétisme, de la natation ou du tennis. On ne parle que de ce qui se passe en France. Par exemple, nous n’avons jamais droit  y compris en différé à un match de NBA et ce, même si un Français (Tony Parker) est une authentique star de la franchise qui détient le titre (San Antonio Spurs). Mais les matches de rugby de l’hémisphère Sud  qu’il s’agisse des compétitions de club (Super 12) ou entre équipes nationales (Tri-Nations) ne sont pas davantage retransmis, sauf par Canal +. Bien entendu, si l’on ne retransmet pas des matches de NBA ou des Tri –Nations, on imagine ce qui est réservé au hand-ball, au volley-ball ou au hockey  pour ne citer qu’eux, alors que ces sports sont retransmis régulièrement sur les chaînes italiennes ou espagnoles.

Mais au fond est-ce bien étonnant ? Cela fait plusieurs fois que je dénonce cet état de fait, et je suis loin d’être le seul. Les Français sont dans le sport comme ils sont en politique ou en économie. Ils sont ignares, ne connaissent pas l’histoire, et ne s’intéressent guère à ce qui se passe hors de leurs frontières. L’élection présidentielle en France est commentée abondamment partout dans le monde, y compris en Russie. Il y a un an, juste avant le premier tour, j’ai découvert les résultats d’un sondage sur une chaîne russe qui diffuse quelques heures par jour en anglais. Qui en France s’intéresse aux élections qui ont lieu à l’étranger ? Quasiment personne et c’est pareil pour le sport.

Voilà pourquoi la France reste un pays mineur sur le plan du sport international, même si au classement des médailles aux J.O. nous arrivons à faire illusion…grâce aux sports dont on ne parle jamais, sauf pendant deux ou trois jours tous les quatre ans. En revanche, dans les sports fortement médiatisés à travers le monde, nous accusons un retard considérable. Pas d’équipe de football aux J.O., pas d’équipe de basket, pas d’équipe de volley-ball, alors que tous les pays voisins y seront représentés. Quel est le seul des grands pays qui n’a pas gagné la Coupe du Monde de Rugby ? La France. Qui a gagné le championnat du monde de basket ? L’Espagne etc.

En fait, la France n’est pas une nation sportive au vrai sens du terme. Nous cédons à des modes, mais au fond de nous-mêmes nous nous contentons de jouer les donneurs de leçons. Nous l’avons vu à propos de la lutte anti-dopage, ce qui ne nous empêche pas d’avoir quelques couacs retentissants dans ce domaine (affaire Festina, nombreux cas de dopage dans le demi-fond en athlétisme…). De plus, contrairement à d’autres pays, nous ne nous donnons même pas les moyens d’être meilleurs.

 Est-il normal qu’un pays comme le nôtre, qui a une tradition importante dans le cyclisme sur piste, ne dispose pas d’une piste couverte digne de ce nom alors que les vélodromes fleurissent un peu partout dans des pays qui n’ont pas cette tradition ? Poser la question, c’est y répondre. Mais qu’on ne s’étonne pas après cela, de ne réussir dans le sport qu’au travers de quelques individualités. Cela étant, je me régale chaque jour en suivant l’étape du Giro sur la RAI, même si les Français présents là-bas ne jouent aucun rôle. La dernière semaine dans les Dolomites va être somptueuse avec les Italiens (Ricco, Di Luca) contre Contador ou Kloden.

Michel Escatafal   


Le tennis ça use énormément...

Par escatafal in sport - 15 mai, 2008

Justine Henin

 Le tennis est un sport extrêmement exigeant qui use très vite certains organismes. En disant cela je sais qu’on va me rétorquer que des joueurs comme Rosewall, Connors ou Agassi ont continué leur carrière bien au-delà de 30 ans, au même titre d’ailleurs que Martina Navratilova qui jouait encore le double mixte il y a peu dans les tournois du Grand Chelem à…presque 50 ans. Mais ce sont les exceptions  qui confirment  la règle,  et rien ne dit qu’à l’avenir on trouvera en finale de Roland-Garros ou Flushing Meadow des joueurs trentenaires.

De nos jours le tennis devient de plus en plus dur, ce qui signifie qu’il faut taper de plus en plus fort dans la balle et être de plus en plus résistant  pour gagner des matches. Même Roger Federer  n’échappe pas à la règle, et il est obligé de se surpasser physiquement pour arriver à contrer Nadal sur terre-battue et ailleurs. Du coup il pompe énormément d’énergie qui commence à lui faire défaut à 26 ans. En disant cela  je souhaite me tromper, mais ce n’est quand même pas un hasard si  Federer n’arrive plus à gagner en 2008. Il a de plus en plus de mal à battre Nadal, y compris sur herbe, et  ne parvient  plus à battre Djokovic, ces deux joueurs étant  à coup sûr les futurs patrons du circuit… s’ils surmontent  leurs  déjà très nombreux traumatismes, alors qu’ils ont respectivement 22 et 21 ans.

Justine Hénin pour sa part vient de prendre une sage décision, puisqu’elle a annoncé la fin définitive de sa carrière à 26 ans ce qui confirme ce que je disais auparavant, à savoir que ces demoiselles  comme ces messieurs,  ont de plus en plus de mal à supporter les cadences infernales du tennis. Avant elle, Martina Hingis s’était retirée des courts très jeune (à 22 ans), avant de tenter un improbable come back qui s’est très mal terminé. Espérons que Justine Hénin ne fasse pas cette erreur, elle qui a si bien su gérer sa carrière et tirer la quintessence de ses qualités.

En effet  aucune championne  parmi les plus grandes (7 victoires en tournois du Grand Chelem) n’a réussi à se construire un tel palmarès avec au départ tellement de handicaps. Quand on voyait jouer Justine Hénin on se disait que beaucoup pouvaient  la battre avec sa taille (1,67m) surtout quand on la comparait aux sœurs Williams, à Kim Clijsters, aux joueuses russes ou à Amélie Mauresmo et  Mary Pierce. Et pourtant, elle les battait plus souvent qu’elle ne perdait contre ces joueuses.

 Elle avait de très bons coups de raquette, mais personne dans dix ou vingt ans ne parlera  de son service, de son revers ou de son coup droit. Si je dis cela, c’est parce que personne n’a oublié le service ou la volée de Martina Navratilova, le coup de droit de Steffi Graf, comme chez les hommes les passings de Borg ou  Nadal, le service de Mac Enroe, la volée de Sampras, le revers de Rosewall  ou Connors, ou le coup droit de Lendl  ou Federer.

Justine Hénin paraissait simplement humaine,  et en plus elle donnait une impression de fragilité qu’elle n’avait pas, bien au contraire, et on l’imaginait volontiers gentille pour ne pas dire naïve,  alors que son attitude sur le court était parfois très ambigüe. Je pense notamment à son abandon  lors de la finale qu’elle a perdue contre Amélie Mauresmo en Australie en 2006. Mais cela, c’était aussi la résultante de sa détermination, elle qui n’était jamais battue jusqu’à la dernière balle,  et qui s’avérait  toujours plus redoutable au fur et à mesure que le match se prolongeait. Jamais ou presque dans ces cas-là elle n’avait une saute de concentration, et elle disposait en plus d’ un physique à toute épreuve qui lui permettait de jouer deux ou trois heures s’il le fallait.

L’ennui est que tout cela n’a qu’un temps, et quand la mécanique commence à casser il ne reste plus qu’à s’arrêter. On ne tire pas impunément sur son physique sans provoquer de dégâts collatéraux. Personne n’y échappe d’ailleurs, surtout chez les joueurs ou joueuses qui jouent beaucoup  sur leur physique. On ne compte plus les retours et les arrêts des sœurs Williams et de beaucoup d’autres, y compris Amélie Mauresmo et Mary Pierce. Mais les unes  et les autres qui disposaient de moyens physiques supérieurs à Justine Hénin n’ont pas, à l’exception de Serena Williams, le palmarès de Justine Hénin. Cela prouve que pour arriver au sommet comme elle y a réussi, il faut un ensemble de qualités que seuls les très grands champions possèdent.

Ainsi c’est une page de l’histoire du tennis qui se tourne avec l’arrêt de la carrière de Justine Hénin qui restera  avec Serena Williams la championne de la décennie 2000. Combien faudra-t-il de temps aux Belges pour retrouver un tandem comme celui qu’elle formait avec Kim Clijsters qui, elle aussi, vient de mettre un terme à sa carrière (8 titres du Grand Chelem à elles deux). Il est vrai qu’on peut se poser le même type de question en France,  car derrière Amélie Mauresmo et Mary Pierce (4 titres du Grand Chelem) où est la relève ? Alors formons des vœux  pour que nos deux championnes continuent quelque temps encore.

Michel Escatafal


Le Giro 2008 présente un plateau exceptionnel...

Par escatafal in sport - 9 mai, 2008

Le Giro 2008 présente à coup sûr cette année un plateau exceptionnel qui n’est pas sans rappeler ceux du passé, à l’époque où une victoire dans le Tour d’Italie valait largement une victoire dans le Tour de France. C’était le cas dans les années 40, 50, 60,70 et même 80 et 90. En revanche,  depuis la fin des années 90 jusqu’à l’an passé, beaucoup pensaient que le Tour avait définitivement relégué  le Giro dans l’ombre. Et bien cette année, ce ne sera pas le cas et l’on peut prévoir quelques batailles somptueuses dans les Dolomites ou dans les contre-la-montre,  à l’image de ce qui s’était passé dans quelques éditions demeurées célèbres à tout jamais.

On se rappellera les duels extraordinaires que se sont livrés Fausto Coppi et Gino Bartali en 1949, ou encore le même Fausto Coppi et Hugo Koblet en 1953, Nencini et Bobet en 1957, Charly Gaul et Anquetil en 1959, Merckx et Gimondi en 1970 et 73, Merckx et Fuente en 1972, Moser et Fignon en 1984, Hinault et  Moser en 1985, Indurain et Chiapucci en 1992, pour ne citer que ceux qui ont été les plus marquants. Il faut noter à ce propos que ces affrontements que nous venons d’évoquer concernaient les meilleurs coureurs de l’époque, ce que les Italiens appellent des fuoriclasse.

Si nous revenons en 2008, nous aurons demain  au départ du Giro les meilleurs spécialistes des  grandes courses à étapes, à l’exception de Damiano Cunego (vainqueur du Giro 2004), de Cadel Evans et de Carlos Sastre,  ces deux derniers  n’ayant toutefois  jamais remporté ni le Tour de France, ni le Tour d’Italie, ni le Tour d’Espagne, ni même le Tour de Suisse. En revanche l’organisateur du Giro 2008 peut s’enorgueillir d’avoir dans sa liste des engagés, les vainqueurs des 4 grands tours en 2007, mais aussi tous les vainqueurs du Giro depuis 2000 sauf Cunego et Basso qui est suspendu jusqu’en octobre.

A cette liste s’ajoutent aussi Kloden qui vient de remporter le Tour de Romandie et qui a terminé deux fois 2è du Tour de France, sans oublier Leipheimer qui a fini 3è l’an passé de ce même Tour de France. Par ailleurs, malgré l’absence de Petacchi, il y a quantité de très bons sprinters comme Mac Ewen, Bennati, O’Grady, Hondo, Cavendish ou Zabel, plus quelques grands rouleurs comme Zabriskie, Millar, Wiggins, sans oublier le vainqueur de Paris-Nice,  Rebellin,  ou des coureurs comme Bettini, le champion du monde, Jens Voigt, Rico le grand espoir italien ou le russe Efimkin. Bref, un plateau de rêve, alors que celui du Tour de France apparaît bien maigrelet en comparaison.

Comment en est-on arrivé là ? En fait, cela pendait au nez des organisateurs d’ASO , car pour ma part je n’ai jamais cru que la solidarité des organisateurs des grands tours irait jusqu’à se priver des meilleurs coureurs du peloton. De plus, quelle aubaine pour Angelo Zomegnan, le directeur du Giro, que de pouvoir  redonner à peu de frais tout son lustre à son épreuve. Il l’a fait d’autant plus volontiers,  qu’il n’était pas question non plus pour les organisateurs du Tour d’Espagne de se priver de Contador pour la prochaine édition de la Vuelta.

Dans cette affaire ASO, l’organisateur du Tour, se retrouve plus  isolé que jamais au grand plaisir de l’Union Cycliste Internationale,  qui s’est réjouie de voir tous  les meilleurs coureurs ou presque disputer le Giro et, surtout, infliger un camouflet à ASO. Il est à craindre pour cette dernière que ce ne soit pas le dernier, même si les arguments pour refuser l’engagement de quelques équipes ayant eu maille à partir avec le dopage peuvent se justifier sur le plan de l’éthique. Malgré tout, heureusement pour ASO qu’ils sont propriétaires de  grandes classiques comme Paris-Roubaix, Paris-Tours ou les Ardennaises!

Tout ceci nous permet de souhaiter une nouvelle fois que le monde du cyclisme retrouve son unité. Tout le monde doit travailler ensemble, les organisateurs, les fédérations, les sponsors et les coureurs afin de redonner au cyclisme toutes ses lettres de noblesse. N’oublions pas que c’est le seul sport offrant un spectacle gratuit à des millions de spectateurs sur les routes européennes, américaines, australiennes et aujourd’hui asiatiques et africaines.  Alors, avec un peu de bonne volonté venant de toutes les parties, l’énergie mise pour rendre le cyclisme à la fois propre et attractif sera couronnée  de succès. Il aura d’autant plus de mérite qu’il est le seul à faire autant d’effort en ce sens.

Michel Escatafal (michel.escatafal@orange.fr)